La nuit du 26 août 2009, six heures de pluies inhabituellement abondantes ont transformé en lac plusieurs zones de la capitale soudanaise. Si pour certains résidents de Khartoum ces pluies n’ont causé que de légers inconvénients, les habitants des bidonvilles de la périphérie, eux, ont tout perdu. Leurs logements ont été emportés par les eaux, avec tous les biens qu’ils contenaient.
L’État de Khartoum se compose de trois villes, Khartoum, Bahri et Omdurman, et compte plus de 8 millions d’habitants. Sur le plan administratif, il est divisé en sept districts, tous frappés par les inondations.
Selon une évaluation publiée le 1er septembre par le commissaire aux Affaires humanitaires soudanais, de nouvelles routes et des canaux d’évacuation des eaux de pluie récemment construits semblent avoir contribué à boucher les voies naturelles d’évacuation, aggravant ainsi les inondations.
Beaucoup d’écoles, de locaux du gouvernement et de zones d'habitation ont été inondés au point qu'il était impossible de se rendre à l’école ou au travail. De nombreuses écoles se sont transformées en îlots et leurs infrastructures ont été sévèrement endommagées. Le gouvernement a suspendu les cours, initialement pour deux jours, mais cette mesure a été prolongée d’une semaine vu l’ampleur de la catastrophe.
Selon le rapport du commissaire aux Affaires humanitaires, 27 personnes ont péri et des milliers de Soudanais se sont retrouvés sans abri, plus de 13 800 foyers ayant été complètement détruits et quelque 8 500 partiellement endommagés dans divers quartiers de Khartoum.
Le Croissant-Rouge soudanais et le CICR fournissent des secours
Subitement, des milliers de familles vulnérables n’ayant que de maigres ressources et de faibles revenus ont été exposées aux éléments sans rien pouvoir faire pour empêcher la montée des eaux, voire l’apparition de maladies. En outre, ces familles doivent affronter une pénurie de vivres et d’eau potable.
Le Croissant-Rouge soudanais coordonne ses activités avec les agences gouvernementales et les ONG locales et internationales concernées, ainsi qu’avec les communautés touchées, afin d’évaluer la situation dans les zones sinistrées et d’organiser l’acheminement de secours. Il se charge également de coordonner des activités adéquates pour répondre à des problèmes tels que l’accès aux soins de santé.
Le Croissant-Rouge soudanais a distribué aux familles sinistrées 3 000 colis contenant des secours urgents, notamment des bâches, des nattes, des vêtements, des ustensiles de cuisine, du savon, des couvertures et d’autres articles de première nécessité. Du 6 au 8 septembre, à l’aide de cinq camions du CICR, les volontaires du Croissant-Rouge ont distribué ces colis, fournis par le CICR, dans les districts les plus touchés de Khartoum.
« Le CICR est toujours prêt à intervenir en cas d’urgence », déclare Peter Schamberger, coordonnateur de l'institution chargé de la sécurité économique. « Le Croissant-Rouge soudanais, notre principal partenaire dans le pays, peut contribuer à la préparation, comme cela a été le cas ici. »
Selon Khalil al-Sammani, directeur du Croissant-Rouge soudanais, plus de 450 volontaires ont participé à l’évaluation de la situation ainsi qu'à la distribution de matériel pour la construction d’abris et d’autres articles de secours aux victimes des inondations. « Une seconde distribution est prévue », précise-t-il. « Des articles semblables seront fournis à 6 000 autres ménages. Au total, 45 000 personnes, soit 9 000 familles, auront reçu une assistance. »
La Fédération internationale débloque des fonds d’urgence
La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a alloué plus de 230 000 dollars US provenant de son Fonds d’urgence pour les secours lors de catastrophes afin de couvrir les coûts de l’évaluation de la situation et de la distribution des secours, ainsi que d’autres frais.
Le Croissant-Rouge soudanais devrait lancer un appel dès qu’une évaluation plus approfondie des besoins à court et à long terme aura été réalisée.
Des discussions sont en cours pour décider de la réponse à apporter aux besoins à plus long terme. Les réunions de coordination avec d’autres partenaires se poursuivent, car il s'agit de trouver des solutions notamment pour l’approvisionnement en eau potable, la chloration du système d'alimentation en eau, la mise en place de centres médicaux temporaires, la stérilisation des latrines endommagées et la remise en état du système d’évacuation des déchets, qui a été détruit.