En novembre dernier, Apollo Barasa, infirmier formateur du CICR au Sud-Soudan, se vit demander de remplacer temporairement l’un des membres de l’équipe chirurgicale mobile qui était absent. Il quitta son poste à l’hôpital universitaire de Juba et s’envola pour le Darfour. C’était la deuxième fois qu’il travaillait avec l’équipe mobile et cette semaine se révéla être l’une des plus chargées de l’année.
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L’équipe chirurgicale mobile au travail.
Après le début des combats au nord de Kutum, à la mi-novembre, des commandants demandèrent l’aide de l’équipe chirurgicale mobile pour traiter les blessés. Une fois les sauf-conduits obtenus de toutes les parties en guerre, un convoi de quatre véhicules se mit en route avec l’équipe pour rejoindre une zone sûre préalablement choisie derrière les lignes de front. « C’était au milieu de nulle part », se rappelle Apollo.
Les membres de l’équipe établirent leur base dans une école abandonnée, convertissant deux classes en un entrepôt pour leur équipement et en une salle d’opération. Après un nettoyage approfondi, ils suspendirent une moustiquaire pour former un dais au-dessus de la table d’opération afin de capter les particules de poussière tombant du toit. Enfin, ils étendirent un énorme drapeau avec l’emblème protecteur de la Croix-Rouge sur le sol, devant le bâtiment, et parquèrent les véhicules à proximité pour être mieux identifiés en cas d’attaque.
Les blessés ne tardèrent pas à arriver, transportés par pick-up et véhicules tout terrain. « Certains étaient dans un état pitoyable, se souvient Apollo, avec des fractures compliquées et des blessures par balles qui avaient beaucoup saigné et n’avaient pas été pansées ».
L’équipe commença à opérer le matin suivant à 7h30 et continua pendant 20 heures sans interruption. Il y avait tellement à faire que le chef du bureau du CICR à Kutum, qui accompagnait l’équipe, dut mettre la main à la pâte. Il porta des patients sur la table d‘opération, les en enleva, et rendit d’autres petits services. Les instruments chirurgicaux devaient à chaque fois être stérilisés dans un autoclave placé sur un feu ouvert. Lorsque tout fut enfin terminé, le lendemain à 3h30, l’équipe avait battu un record et réalisé 27 opérations.
Pour Apollo, le contraste avec son travail à l’hôpital universitaire n’aurait pas pu être plus grand. À son retour à Juba, il déclara : « Nous devions soigner des patients gravement atteints avec des ressources très limitées, mais nous voyions qu’ils réagissaient bien au traitement. Ce travail correspondait tout à fait à la mission du CICR. C’était un privilège que d’être présent ».
Lors de chaque déploiement de l’équipe chirurgicale mobile, l’un des plus grands défis est d’assurer les soins post-opératoires. Il faut changer les pansements, aider les patients à s’asseoir et à recouvrer leur mobilité au bon moment, et il faut être très attentif à l’hygiène. S’il n’y a pas de personnel médical sur place, il faut désigner une personne de la communauté qui sera chargée de s’occuper des patients jusqu’à ce que l’équipe puisse revenir pour voir si ceux-ci récupèrent bien. « Ils prennent tout cela à cœur et suivent strictement les instructions », déclare Apollo.
Le travail de l’équipe chirurgicale mobile n’est en rien comparable aux autres activités médicales que le CICR déploie au Soudan, et ceux qui font partie de l’équipe en parlent comme d’une expérience unique.