Grande campagne de vaccination du bétail au Darfour Nord
Au total, 23 collaborateurs du CICR et du ministère de la Santé animale et de la pêche se rendent chaque jour dans 12 villages de nomades de la région de Kutum et sur 25 autres sites proches de points d'eau autour de Dar Zaghawa, afin de vacciner chameaux, ovins, caprins et bovins. La campagne doit se poursuivre pendant ces trois prochains mois.
Le but est de vacciner, au Darfour Nord, 500 000 animaux qui font vivre quelque 60 000 personnes, et ce, avant la fin de l'année. Les nomades viendraient d'aussi loin que Kabkabiya pour faire vacciner leurs animaux. Le fait que beaucoup des lieux de vaccination se trouvent sur des routes de migration nomade facilite l'accès à ce service essentiel, dans une zone du Darfour où la population dépend de l'élevage pour préserver non seulement son revenu mais aussi son mode de vie traditionnel.
©CICR/M. Ungaro/sd-e-02366
Vaccination de chèvres près de Kutum (Darfour Nord). Le but est de vacciner 500 000 animaux – qui font vivre quelque 60 000 personnes – dans la région d'ici fin 2009.
Après un énorme travail de préparation et plusieurs ajournements dus à l’insécurité, le CICR a lancé fin septembre cette grande campagne de vaccination animale, en coordination avec le ministère de la Santé animale et de la pêche. L'initiative vise les camps de nomades dans la région de Kutum et les villages de la région de Dar Zaghawa, au Darfour Nord.
Le CICR a formé et équipé des membres du personnel de santé animale au niveau communautaire, en coopération avec le ministère de la Santé animale et de la pêche, en augmentant la disponibilité, dans ces régions, de médicaments vétérinaires de qualité et en fournissant des réfrigérateurs solaires pour améliorer les conditions de stockage des vaccins viraux. Chaque agent formé a reçu un lot de matériel comprenant l'équipement de base et les médicaments nécessaires pour mettre en place un petit dispensaire vétérinaire dans sa communauté.
En 2009, en étroite coopération avec le ministère de la Santé animale et de la pêche, le CICR a dispensé, dans tout le Darfour, des cours de remise à niveau au personnel communautaire de santé animale. De plus, 20 personnes bénéficieront d'une formation de base de trois semaines. Les agents communautaires de santé animale sont choisis par leur propre communauté sur la base de deux critères principaux : ils doivent être éleveurs ou fermiers éleveurs et vivre essentiellement de l'élevage, et ils doivent venir d'une région reculée.
Aide d'urgence à Korma, Darfour Nord
Vu les combats brefs mais intenses qui se sont déroulés fin septembre autour de Korma, au nord-ouest d'El Fasher, la capitale du Darfour Nord, les civils ont craint pour leur vie et se sont réfugiés temporairement chez des proches ou des amis vivant dans les villages voisins. Quand ils sont retournés chez eux à la fin des combats, ils ont découvert que la plupart de leurs réserves alimentaires et de leurs biens avaient été pillés.
« Malgré la peur et l'angoisse qui règnent encore à Korma, la situation humanitaire s'est vite améliorée », a indiqué Gregory Brissonneau, délégué du CICR. « Les gens ont réussi à reprendre pied grâce à la solidarité de leurs proches vivant dans des villages qui n'avaient pas été touchés par les combats. »
Le CICR a obtenu immédiatement l'accès à cette zone afin de pouvoir apporter de toute urgence des secours alimentaires pour près de 11 000 personnes réparties dans 28 villages de cette zone, ainsi que des ustensiles de cuisine, des bâches, des couvertures, des nattes, du savon et d'autres articles ménagers de première nécessité pour près de 2 000 personnes (325 familles) qui avaient perdu la plupart de leurs biens.
Améliorer l'irrigation durant la saison sèche dans les régions reculées du Darfour Ouest
Les dirigeants communautaires de Fase, ville reculée du Darfour Ouest, au nord-est de Zalinji, ont demandé au CICR de les aider à acheter des pompes d'irrigation pour la saison sèche, étant entendu que la communauté rembourserait la somme progressivement.
Le CICR a accepté de prêter l'argent et de fournir des semences pour relancer les cultures, des outils agricoles de base et d'autres articles, précisant que chaque pompe serait utilisée par 10 à 12 familles vulnérables, que la communauté reverserait annuellement 25 % de la somme dans un fonds renouvelable contrôlé par un comité établi pour le projet de pompes à irrigation et que cet argent serait ensuite utilisé pour acheter une pompe supplémentaire dont bénéficieraient 12 autres familles vulnérables de la communauté.
« Le résultat est à ce jour excellent », se félicite Jeroen Carrin, délégué du CICR à Zalinji, chargé de la sécurité économique. « À Fase, les habitants bénéficiaires du projet sont venus à la délégation du CICR en juin pour rendre les 25 % de la somme qui leur avait été prêtée. Ils y sont parvenus après une saison sèche seulement, ce qui est mieux que prévu. Cela prouve que le projet marche bien. »
Les résultats sont si satisfaisants qu'à Abata, le CICR aide quatre autres groupes de fermiers – composés chacun de 12 familles vulnérables – à acheter chacun une pompe à carburant pour un coût total de 4 000 dollars US.
Chaque groupe de fermiers recevra près de 3,25 hectares de terres fertiles appartenant à la communauté et situées le long de lits de rivières asséchées (wadis) pour cultiver oignons, tomates, gombos et pommes de terre. Ils recevront également des outils de base pour préparer et entretenir les terres comme il convient, et du matériel de clôture pour empêcher les animaux de venir paître. Tous les frais supplémentaires, liés à l'achat de carburant et à l'entretien, seront assumés par les fermiers eux-mêmes.
Aider les populations déplacées au Sud-Soudan
À la suite d’affrontements récurrents entre communautés au Sud-Soudan, notamment dans les régions reculées des États de Jonglei et du Nil supérieur, les collaborateurs du CICR se sont rendus dans les localités d'Akobo et de Pibor, dans l'État de Jonglei, et à Nasir, dans l'État du Nil supérieur, pour évaluer les besoins. Les violences auraient fait au moins 1 200 morts et contraint plus de 20 000 personnes au déplacement depuis le début de l'année.
Le CICR est intervenu pour apporter des secours à plus de 15 000 personnes à Akobo et Nasir, où les besoins étaient le plus criants.
À Akobo, le CICR a distribué à 18 000 personnes (325 familles) du maïs, du sorgho, des semences de légumes, des outils et du matériel de pêche donnés par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Un bateau du CICR transportant 22 tonnes de bâches, haches, vêtements, savon et autres articles ménagers de première nécessité est arrivée à Akobo la deuxième semaine de septembre. Les secours ont immédiatement été distribués pour aider quelque 9 000 personnes déplacées à Akobo et Denjok.
« Bon nombre de ces familles ont tout perdu durant les combats et n'ont pas pu retourner dans leur village », explique Bettina Scholdan, chef adjoint de la mission du CICR au Sud-Soudan, qui était responsable de la distribution. « Nous espérons que les secours distribués les aideront à reprendre une vie normale. Avec les semences de légumes à croissance rapide, la récolte aura lieu avant la fin de la saison des pluies et fournira les aliments qui font si cruellement défaut. »
Pour améliorer l'accès à l'eau potable, le personnel du CICR a réparé plusieurs robinets publics et a installé une pompe à moteur servant à approvisionner dix points d'eau autour d'Akobo.
Un autre bateau transportant des collaborateurs du CICR et une cargaison de semences, de matériel de pêche et autres articles est arrivée à Nasir. L'opération a pour objectif d'aider les familles déplacées qui ont perdu leurs biens durant les combats de juin dernier.
Pendant ce temps, à Bentiu, État de l'Unité, des volontaires de l'équipe d'intervention d'urgence du Croissant-Rouge soudanais, qui avaient été précédemment formés par le CICR, ont aidé les autorités locales à évacuer les personnes blessées ou décédées à la suite d'un affrontement dans la zone.
En coordination avec l'Organisation mondiale de la santé, la mission du CICR à Juba a fait suite à une demande du ministère de la Santé visant à fournir des liquides intraveineux dans le sud du pays. La mission a envoyé 50 litres de solution saline et 50 kits de perfusion à l'hôpital de Bentiu.