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27-03-2008  Interview  
Chirurgie de guerre : faire face aux problèmes de sécurité et trouver des méthodes appropriées
Interview avec Marco Baldan, organisateur du 19e séminaire de chirurgie de guerre (du 28 au 30 mars 2008). Le docteur Baldan, chirurgien en chef au CICR, travaille pour l‘institution depuis neuf ans et a opéré d’urgence des blessés en Somalie, au Libéria, au Congo, au Soudan et au Kenya. Avant de travailler pour le CICR, il a travaillé en Irak, en Ouganda et au Cambodge.

Le CICR envoie des équipes chirurgicales sur le terrain depuis environ trois décennies, en quoi le travail est-il aujourd’hui différent ?

D’une part, nous bénéficions aujourd’hui de trente années d’expérience dans le domaine de la chirurgie de guerre, puisque nous avons traité plus de 100 000 blessés de guerre, ce qui nous a permis de normaliser la gestion des blessés par des protocoles et des directives. D’autre part, le facteur de la sécurité est aujourd'hui un défi majeur car il nous empêche d'accéder à des blessés dans certaines zones de conflit (par exemple en Irak et en Afghanistan).

©ICRC
Marco Baldan avec un collègue local à l'hôpital du district d'Uvira en République démocratique du Congo.

Où le CICR a-t-il été le plus actif l'année dernière?

Sur le plan médical, le CICR a été surtout actif en Israël et dans les territoires occupés et les territoires autonomes, au Soudan, en Afghanistan, en Somalie, en Irak, en République démocratique du Congo et au Tchad.


Quels sont, outre les menaces de sécurité, les défis auxquels le CICR doit faire face lorsqu’il se déploie sur le terrain ?

Nous devons nous assurer que nous répondons aux besoins spécifiques locaux, notamment par des secours médicaux, du matériel, une remise en état des infrastructures, du personnel médical et la gestion du système.

Lorsque l’infrastructure sanitaire est en mesure de dispenser des soins médicaux adéquats, il faut encore s’assurer que les patients y ont accès ! Il arrive que les patients n’y aient pas accès pour bon nombre de raisons : soins trop coûteux, accès peu sûr aux hôpitaux, hôpitaux trop éloignés.


Quels sont les critères suivis par le CICR avant d’envoyer un chirurgien ou toute une équipe ?

Il faut procéder à une évaluation pour confirmer les besoins (y-a-t-il des blessés de guerre, quel est leur nombre, etc), pour vérifier que le personnel médical expérimenté sur place est en nombre suffisant, pour obtenir une demande des autorités médicales locales ou bien leur acceptation de notre présence et une analyse de la situation de sécurité.


D’où vient le personnel chirurgical du CICR ? Est-il difficile de persuader les personnes venant de pays « sûrs » à partir pour des zones de guerre ? Sont-elles qualifiées pour accomplir de telles tâches ?

Aujourd’hui, notre personnel chirurgical vient du monde entier : Afrique, Républiques russes, Europe, Moyen-Orient, Asie, Australie, Amérique centrale et méridionale, Canada. Les règles strictes de sécurité mises en place par le CICR, l’idée d’une mission humanitaire pour échapper à la routine quotidienne et les défis posés par la traumatologie de guerre incitent les spécialistes à partir pour une mission chirurgicale. Il arrive que certains chirurgiens ne veuillent pas reprendre les fonctions qu’ils exerçaient auparavant et restent dans le monde humanitaire.

Par ailleurs, la tendance à une spécialisation excessive et le manque de formation spécifique dans le domaine de la chirurgie de guerre dans la plupart des pays font qu’il est de plus en plus difficile de trouver des spécialistes expérimentés. Je veux dire des personnes qui sont capables de traiter de toute la gamme de blessures provoquées par les armes de guerre, et qui savent utiliser les techniques et les technologies appropriées aux situations de guerre avec des ressources limitées.


Vous revenez de la bande de Gaza où vous avez organisé un séminaire à l’intention des chirurgiens locaux. Qu’avez-vous appris sur leurs expériences ?

Du fait de la situation, nos collègues palestiniens ont une grande expérience de la gestion des blessures de guerre. Leur approche de la gestion des blessés de guerre est aujourd’hui beaucoup plus difficile à cause des problèmes accrus auxquels ils sont confrontés pour maintenir le système en état de fonctionnement et à cause de l’absence de suivi possible, puisque bon nombre de patients sont orientés vers l'étranger quelques jours après leur opération.

Voir aussi le Communiqué de presse et le programme du seminaire (en anglais)

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27-03-2008