6-05-2005 Éclairage Soixante ans d’efforts ininterrompus à la recherche des victimes de la Seconde Guerre mondiale Il y a 60 ans, le 8 mai 1945, la Seconde Guerre mondiale prenait fin en Europe. Cependant, pour des milliers de familles du monde entier restées sans nouvelles d’êtres chers, les blessures occasionnées par ce conflit n’allaient pas se refermer. Un reportage de Marcin Monko, collaborateur de la délégation régionale du CICR à Budapest. © CICR
Dossiers d'enfants disparus pendant la Seconde Guerre mondiale.Sur 200'000 cas, seulement 20 pour cent des enfants ont pu être retrouvés et réunis avec leur famille.
George Gordon n’avait jamais imaginé revoir sa sœur Krystyna. À vrai dire, il la croyait morte depuis une soixantaine d’années. Dès l’automne 1944, George Gordon – de son vrai nom Jerzy Budzynski –, avait tenté de savoir ce qu’il était advenu de sa famille, mais en vain.
Pendant la guerre, il avait combattu dans la résistance armée clandestine polonaise, participant notamment au Soulèvement de Varsovie (août-septembre 1944). Au terme de 63 jours de combats acharnés, il était arrêté par la Gestapo et déporté au camp de concentration de Stutthof, avant d’être transféré à Buchenwald. Service international de recherches d'Arolsen
Le Service international de recherches (SIR), situé à Arolsen (Allemagne), dirigé et administré par le CICR, centralise tous les renseignements sur les déportés des camps de travail et des camps de concentration nazis. Plus d'information sur ses activités en faveur des anciens déportés, dont le volume est toujours très important plus de 50 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Puis il partit s’installer aux États-Unis. Dans son pays d’adoption, il entama une nouvelle vie. Il trouva du travail dans une usine d’emballage de viande de Seattle, où il gravit les échelons et finit par accéder à un poste de cadre, avant de prendre sa retraite. none
En 2004, le service de recherches de la Croix-Rouge polonaise a reçu 16 448 lettres en provenance de Pologne et du monde entier. La plupart émanent de personnes à la recherche de membres de leur famille portés disparus depuis la Seconde Guerre mondiale. Elles tentent ainsi de savoir ce qu’il est advenu de leurs proches ou, le cas échéant, d’obtenir des indications concernant leur lieu de sépulture. Certaines ont parfois besoin d’un acte de décès officiel ; d’autres souhaitent simplement recueillir des informations concernant l’histoire de leur famille pour les générations à venir.
Mme Rejf est entrée au service de la Croix-Rouge polonaise en 1957, à une époque où celle-ci était submergée de demandes de citoyens polonais revenus au pays en provenance de l’Est et de l’Ouest, après la guerre et la fin de l’ère stalinienne. Elle a toujours travaillé dans le domaine de la recherche de personnes, s’efforçant d’élucider le sort du plus grand nombre de disparus de guerre et d’obtenir des informations sur des prisonniers de guerre, des travailleurs forcés et des civils. Elle traite ainsi des milliers de demandes en faveur de personnes souhaitant être fixées une fois pour toutes. « De nos jours, les issues heureuses sont toujours plus rares, explique Mme Refj. Aujourd’hui, les personnes se contentent de savoir ce qu’il est advenu des leurs. » Ces dernières années, Mme Rejf a pris une part active aux travaux d’une commission germano-polonaise chargée d’opérations d’exhumation. Elle a en outre contribué à la création de cimetières militaires destinés à accueillir les dépouilles de soldats allemands morts au front en Pologne. La Croix-Rouge polonaise aide aussi des familles allemandes à retrouver la tombe de proches parents. Quant à George Gordon, il sera à tout jamais reconnaissant à la Société nationale polonaise. « Grâce à la Croix-Rouge, ma vie a changé », confie-t-il. Son histoire a en outre pour effet de raviver une fois encore l’espoir ténu que nourrissent des centaines de personnes de retrouver des proches disparus suite à un conflit terminé il y a 60 ans. |