Jean-Nicolas Marti
Quelle est la situation actuelle dans le gouvernorat de Saada ?
À mesure que le conflit se poursuit, nous sommes de plus en plus préoccupés par le sort de la population civile. Depuis la reprise des affrontements armés le 12 août, la situation humanitaire dans le gouvernorat de Saada et certaines parties du gouvernorat d'Amran s'est considérablement détériorée, forçant des dizaines de milliers d'habitants à fuir les zones de combat, certains pour la deuxième fois.
Quelles répercussions la détérioration des conditions de sécurité a-t-elle sur la fourniture de l'aide indispensable ?
Nos collaborateurs ont travaillé extrêmement dur dans des conditions très pénibles – ce qui est le cas également du personnel du Croissant-Rouge du Yémen. Les délégués du CICR à l'œuvre dans le gouvernorat de Saada ont souvent été confinés à la ville de Saada et n'ont eu qu'un accès très limité à la population touchée par les combats. Ils ont cependant réussi, en coopération avec le Croissant-Rouge du Yémen, à enregistrer jusqu'à présent plus de 30 000 déplacés internes – notamment ceux de trois camps établis dans l'agglomération de Saada et ses environs – et à leur apporter une aide essentielle.
Comment cela se passe-t-il pour vos collaborateurs à Saada ?
La détérioration des conditions de sécurité nous a obligés à déplacer temporairement nos collaborateurs étrangers, épuisés après des semaines dans la zone de conflit. Ils reviendront à Saada dès que possible. Entre-temps, si les conditions de sécurité nous le permettent, nous continuerons à fournir une aide vitale dans le gouvernorat grâce à notre personnel national, en coopération avec le Croissant-Rouge du Yémen.