L'appel est lancé à l'issue d'une conférence de deux jours organisée par le CICR à Montreux, Suisse, où des experts gouvernementaux et indépendants se sont réunis pour évaluer les risques d'une utilisation abusive des avancées dans ce domaine.
Le CICR craint que les progrès nombreux et rapides de la biotechnologie ne soient employés à des fins hostiles. Au cours de la réunion de Montreux, l'accent a été mis sur les menaces que pourraient engendrer les innovations scientifiques plutôt que sur les dangers existants. De telles possibilités suscitent l'inquiétude, alors que les États parties à la Convention de 1972 sur les armes biologiques rencontrent de graves difficultés pour parvenir à un accord dans le cadre de la Conférence d'examen de cette Convention, qui reprendra en novembre. Le CICR espère que la réunion de Montreux et l'appel qu'il a lancé encourageront les États à réaffirmer, mettre pleinement en œuvre et renforcer, à la lumière des progrès scientifiques rapides, les interdictions dont la guerre biologique est actuellement l'objet.
L'appel du CICR exhorte toutes les autorités politiques et militaires, les milieux scientifiques et médicaux, ainsi que les industries biotechnologique et pharmaceutique, à «œuvrer ensemble en vue de soumettre à des contrôles efficaces toute biotechnologie potentiellement dangereuse». L'appel plaide en faveur d'une réaffirmation à haut niveau des interdictions qui frappent actuellement l'empoisonnement et la propagation délibérée de maladies, en particulier le Protocole de Genève de 1925 et la Convention de 1972 sur les armes biologiques. L'appel engage en outre les autorités nationales à veiller à ce que ces interdictions soient connues des membres de leurs forces armées et respectées par eux, et à poursuivre ceux qui les enfreignent. Il est instamment demandé à la communauté scientifique et à l'industrie biotechnologique « d'adopter, dans leurs secteurs respectifs, des codes de conduite destinés à empêcher l'emploi abusif d'agents biologiques ».
L'appel a été officiellement présenté à la conférence par le président du CICR, Jakob Kellenberger.