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Comité international de la Croix-Rouge
28-11-2008  Éclairage  
Fonds spécial du CICR en faveur des handicapés: marcher la tête haute
Le Fonds spécial du CICR en faveur des handicapés fête 25 ans passés à aider les handicapés à pouvoir à nouveau marcher et travailler. Claire Doole décrit le travail effectué par le Fonds en Afrique pour améliorer l’accès à un traitement et à des soins de bonne qualité.

Joseph Fiokouna (dix ans) pensait que sa vie était finie lorsqu’il découvrit à son réveil que sa jambe gauche avait été amputée en dessous du genou. Il était monté sur un mur de son jardin pour attraper une mangue ; le mur s’était effondré et il s’était retrouvé prisonnier des décombres.

« Après l’amputation, je pleurais en pensant à tous les gens qui ont perdu une jambe et passent devant chez moi chaque matin sur des béquilles. Je ne pouvais pas arrêter de pleurer en y pensant ».

Joseph est issu d’une famille pauvre, qui vit avec d’autres familles dans un immeuble délabré à Lomé, la capitale du Togo. Sa mère gagne un maigre salaire en vendant des fripes et a toujours eu de l’ambition pour son fils aîné.

« J’ai toujours pensé que, de mes quatre enfants, Joseph était celui qui irait le plus loin » déclare Yama (36 ans). « À l’hôpital, j’étais tellement désespérée que j’ai demandé au docteur de couper ma jambe plutôt que celle de mon fils ».

Sa douleur a cependant fait place au soulagement lorsqu’elle a appris que le Centre national d’appareillage orthopédique de Lomé (CNAO) pouvait équiper Joseph gratuitement d’une jambe artificielle Le CNAO est l’un des 90 centres de réadaptation physique que le Fonds spécial en faveur des handicapés (FSH) du CICR soutient depuis plus de 25 ans dans 43 pays en développement.

Formation de techniciens selon des normes internationales

Le FSH vise à aider ces centres à améliorer la qualité du service qu’ils fournissent aux personnes qui ont perdu un membre ou qui ont du mal à marcher. Il leur fournit une aide technique et financière et offre une formation de niveau international aux orthoprothésistes en aidant les candidats à obtenir des bourses d’études dans les écoles régionales. Les techniciens reçoivent également une formation sur leur lieu de travail ou ont la chance de suivre des cours de remise à niveau de une à quatre semaines portant sur la confection et l’ajustement de membres artificiels, dans les centres régionaux du Fonds en Éthiopie, au Viet Nam et au Nicaragua.

Souroutawi Gberloeou, qui s’occupe de Joseph, est l’un des nombreux techniciens du CNAO de Lomé à avoir suivi des cours de remise à niveau au centre de formation du FSH à Addis-Abeba. Avec sa voix douce et son grand sourire, il « remet ses clients sur pied » depuis 20 ans. Bien que les membres qu’il ajuste à l’heure actuelle, fabriqués dans un matériau spécial mis au point par le CICR, soient beaucoup plus confortables que les anciennes prothèses en bois, il faut toujours beaucoup de temps à certains patients pour s’habituer à leur nouvelle jambe ou à leur nouveau bras.

D’après lui, fabriquer un membre requiert « un mélange d’art et de science », car chaque patient a un moignon différent et a donc besoin d’une prothèse faite sur mesure.

Le centre de formation d’Addis-Abeba ne fait pas que doter les techniciens de compétences techniques, il met également beaucoup l’accent sur les besoins du patient. François Blaise, l’un des formateurs chevronnés du centre, affirme qu’il essaye de transmettre les conseils qu’il a reçus à ses débuts : « mon premier chef m’a dit que, pour être sûr de faire un bon travail, il fallait toujours fabriquer une prothèse comme si c’était pour soi ».

Surmonter le handicap et la honte

« Un appareil orthopédique permet à une personne handicapée de recommencer à marcher et à travailler », déclare Max Deneu, qui dirige le FSH en Afrique. « Pour un investissement relativement modeste, des personnes handicapées peuvent retrouver confiance, dignité et mobilité et se réintégrer véritablement dans la société ».

Mais le financement des programmes pour les handicapés n’est pas une priorité pour de nombreux gouvernements d’Afrique, et nombre des centres de réadaptation avec lesquels le Fonds travaille ont des difficultés financières. Le SFD fournit une assistance financière et effectue également un travail de sensibilisation auprès des gouvernements afin qu’ils consacrent davantage de ressources aux services d’appareillage et aux autres services de réadaptation physique.

« Retrouver la mobilité n’est qu’une première étape, déclare M. Deneu, la conserver est un processus à long terme. Un enfant, par exemple, a besoin d’une nouvelle prothèse tous les six mois, alors qu’un adulte doit changer la sienne tous les trois ans. »

Joseph vient juste de se faire ajuster sa deuxième prothèse et, grâce à la qualité des soins qui lui sont dispensés au centre de réadaptation physique de Lomé, il mène une vie active et bien remplie. Il joue régulièrement au football avec ses amis, et il marque des buts et tape dans le ballon aussi fort que les autres. Mais, contrairement à la plupart des enfants de 10 ans, ses ambitions ne s’arrêtent pas au terrain de football: il veut être premier ministre.

« Une des premières mesures que je prendrai sera de faire en sorte que tous ceux qui ont perdu une jambe aient la possibilité d’en avoir une nouvelle”, affirme-t-il.

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Centre national d’appareillage orthopédique de Lomé (CNAO). Une jeune fille est équipée d'une nouvelle jambe.



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Un enfant à besoin d'une nouvelle prothèse tout les six mois.



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Addis Ababa, Ethiopie. Centre de réadaptation physique. Chaque prothèse est spécifiquement adaptée à un patient.


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Copyright © 2009  Comité international de la Croix-Rouge28-11-2008
Rubrique :  Activités > Assistance > Santé > Rééducation physique
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