![]() Document imprimé depuis le site web du CICR URL : http://www.icrc.org/web/fre/sitefre0.nsf/html/congo-kinshasa-update-040509 Comité international de la Croix-Rouge 4-05-2009 Le point sur les activités République démocratique du Congo : dégradation préoccupante de la situation humanitaire dans le Sud-Lubero Les exactions commises contre les civils dans cette région du Nord-Kivu sont nombreuses depuis février, contraignant des milliers de personnes à fuir. Le CICR distribue une aide d'urgence aux déplacés comme aux résidents des zones concernées, améliore leur accès à l'eau potable et cherche à réunir les familles séparées par le conflit. Le Sud-Lubero, situé à quelque 150 km au nord-ouest de la ville de Goma, est le théâtre d'opérations militaires conduites contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda. Les viols et meurtres de civils, ainsi que les pillages et destructions d'habitations, figurent parmi les principales exactions rapportées depuis le mois de février. Les populations contraintes de fuir face aux violences
Plus de 15 000 civils ont fui les villages de Miriki, Kasiki et Luhanga pour chercher refuge quelques dizaines de kilomètres plus loin, dans le village de Luofu ou dans les villes de Kayna et Kanyabayonga. Faute de structure appropriée pour les héberger, ces déplacés ont trouvé un abri chez des résidents ou dans des paroisses. Souvent dépourvus de l'essentiel, ils survivent dans des conditions très précaires. Pendant ce mois d'avril, des dizaines d'habitations ont été pillées par des porteurs d'armes dans les zones de Kayna, Kanyabayonga et Kirumba. Dans ces mêmes zones, des transports civils ont été fréquemment attaqués et dépouillés de leurs biens. Le Sud-Lubero abrite des dizaines de milliers de déplacés depuis l'aggravation, de septembre à novembre 2008, du conflit au Nord-Kivu. Nombreux sont ceux qui demeurent sans nouvelles de leurs enfants, dont ils ont été séparés lors de leur fuite. D'autres civils, profitant du retour à un calme relatif dans des localités comme Alimbongo et Kamandi, ont pu rentrer chez eux. Fragilisés par les pillages et les déplacements, ils rencontrent de grosses difficultés à reprendre une vie normale, d'autant plus que la situation sécuritaire demeure précaire dans toute cette région. La réponse du CICR
Assistance alimentaire et en biens de première nécessité
Assistance médicale et psychosociale aux victimes du conflit Au cours du mois d'avril, le CICR a :
Quelque 40 000 habitants et plus de 10 000 déplacés vont bientôt bénéficier d'un meilleur accès à l'eau potable, grâce à la réhabilitation, entamée fin avril, des tuyaux d'approvisionnement en eau reliant les villes de Kayna et Kirumba. Le CICR a également commencé la construction d'un système d'approvisionnement en eau pour les 2 500 habitants du village de Kanyabayonga, situé dans une zone particulièrement affectée par les récents déplacements de population. Rétablissement des liens familiaux En avril, les équipes du CICR et de la Croix-Rouge de la RDC ont mené des recherches familiales concernant 98 enfants séparés de leurs parents pendant la crise de septembre – novembre 2008. Grâce à la lecture quotidienne des noms des enfants sur les ondes des radios locales, dix d'entre eux ont déjà retrouvé leurs proches. A travers le vaste réseau de volontaires de la Croix-Rouge dans la zone, de nombreux Messages Croix-Rouge (nouvelles familiales) ont été échangés entre membres de familles séparées à cause du conflit. Protection de la population civile et promotion du droit international humanitaire (DIH) Depuis la dégradation de la situation humanitaire dans le Sud-Lubero, les délégués du CICR ont intensifié le recueil des cas d'abus perpétrés contre la population. Tout en préservant l'anonymat des victimes, les témoignages ont permis au CICR de mener des interventions bilatérales et confidentielles auprès des parties au conflit. Le CICR a maintenu des contacts bilatéraux avec les belligérants afin de leur rappeler leurs obligations découlant du DIH, en particulier celles relatives au respect et à la protection des populations civiles. Au cours du mois d'avril, quelque 110 porteurs d'armes et plus de 200 représentants de la société civile et des autorités locales ont participé à des séances de diffusion sur les règles essentielles du DIH. Informations complémentaires : Olga Miltcheva, CICR Goma, tél. : +243 81 036 68 12 Anna Schaaf, CICR Genève, tél. : +41 22 730 22 71 ou +41 79 217 32 17 |