République démocratique du Congo : le déplacement, un refuge contre la violence
Suite à la violente reprise des combats fin octobre 2008, quelque 250 000 civils du territoire de Rutshuru, dans le Nord-Kivu, ont dû quitter leur village natal au péril de leur vie. Aujourd’hui, certains rentrent chez eux.
Plus de 40 000 personnes ont rejoint les camps pour déplacés de Kibati, situés à environ 15 km de la ville de Goma. Leur arrivée dans des structures inadaptées pour accueillir un aussi grand nombre de personnes a causé beaucoup de problèmes, notamment en termes d'approvisionnement en eau, d’abris et de nourriture. En plus, du fait de la proximité de la ligne de front, ces déplacés vivaient dans l'insécurité, souvent encore victimes de violences commises par des porteurs d'armes.
De nombreux déplacés ont trouvé refuge chez les habitants des villes et des villages situés sur le bord ouest du lac Kivu, comme Saké, Kiroche, Bweremana (Nord-Kivu) et Minova (Sud-Kivu). L'arrivée massive de personnes sans moyens de subsistance a frappé de plein fouet l'économie locale des communautés d'accueil.
Plusieurs dizaines de milliers de déplacés se sont dirigés vers le nord, pour chercher refuge dans les zones proches de la frontière ougandaise. Parmi eux, 5 000 environ se sont temporairement réfugiés en Ouganda.
Dans la même période, la zone du Sud-Lubero a été le théâtre d'affrontements entre différents groupes armés. Par conséquent, la population a dû se déplacer à plusieurs reprises. Pendant ces mouvements, plusieurs civils ont été victimes de pillages.
La première urgence – Réponse du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge aux besoins des populations
Dès le mois de novembre, le CICR et la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo ont distribué de la nourriture à plus de 50 000 civils hébergés dans les camps ou dans la zone de Kibati, et à plus de 15 000 dans la zone de Nyamilima-Ishasha.
En outre, des rations de farine, maïs, haricots, huile et sel ont été distribuées à plus de 67 000 civils des zones de Saké et Bweremana et dans les collines autour de Minova. Cette assistance a permis d'assurer la subsistance des communautés d'accueil et des personnes déplacées pendant une période de trois mois, dans l’attente de la prochaine saison agricole.
Recommencer à subvenir à ses propres besoins
Quelques mois après le début de la crise, profitant d'une certaine accalmie dans la région de Rutshuru et du Sud-Lubero, les déplacés qui retournent dans leurs villages d'origine, ainsi que les communautés d'accueil, ont de grandes difficultés à retrouver leur niveau de vie d'avant. En plus de la nourriture qui leur est distribuée, ces populations reçoivent donc des semences et des outils, ce qui leur permet de relancer le cycle agricole et d’assurer leur propre subsistance. Le CICR et la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo mènent ces opérations de distribution en coordination avec le Programme alimentaire mondial.
Au mois de janvier, 7 415 habitants de la zone de Kibati et plus de 4 800 personnes de Kirotshe ont bénéficié de cette aide de relance.
Des opérations de distribution de semences et d’outils aratoires ont commencé début février ; quelque 15 000 habitants des zones d'Alimbongo et Bingi (Sud-Lubero) en bénéficient. Dans la même région, une opération d'assistance est en préparation ; plus de 45 000 civils touchés par le conflit à Kamandi et ses environs en sont les bénéficiaires.
À partir de la mi-février, plus de 45 000 habitants et personnes retournées sur le territoire de Rutshuru (Rugari, Kabaya et Rumangabo) bénéficieront eux aussi d'une aide analogue.
Dans les collines autour de Minova (Sud-Kivu), plus de 6 500 personnes recevront elles aussi une aide à partir de la mi-février.