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Comité international de la Croix-Rouge
30-03-2007  Interview  
Journée internationale des Nations Unies pour la sensibilisation aux mines et l’assistance à la lutte contre les mines, le 4 avril – perspective du CICR
Les Nations Unies déclarent que, même si le nombre de victimes a sensiblement diminué ces dix dernières années, quelque 15 000 personnes sont encore tuées ou blessées chaque année par des mines et d’autres débris de guerre non explosés. Interview de Ben Lark, chef du secteur de l’action antimines du CICR.

Ben Lark, chef du secteur de l’action antimines du CICR
Quels sont les objectifs de la Journée des Nations Unies contre les mines ?

Le but est de contribuer à maintenir une grande attention du public vis-à-vis de cette question. Cette sensibilisation est essentielle pour garantir un apport de fonds continu et résoudre les questions en suspens depuis la Convention d’Ottawa de 1997 – comme l’adhésion universelle à la Convention.

Par ailleurs, nous devons entretenir l’intérêt pour cette question dans les pays qui sont directement touchés.

Activités du CICR en matière de lutte contre les mines
  • évaluer l’impact de la pollution due aux mines et à d’autres armes (dans certains pays, la plupart des données sur les accidents sont rassemblées par les Sociétés nationales, avec le concours du CICR)
  • apporter des solutions provisoires qui aident la population à éviter les dangers – par exemple en créant des sources sûres d’eau potable ou en accordant des micro-crédits pour la mise en œuvre de projets générateurs de revenus
  • promouvoir le respect du droit international qui réglemente l’utilisation des armes
  • collaborer avec les communautés lors de situations urgence afin de réduire l’impact de la pollution due aux mines

  • Quelles sont les autres questions en suspens depuis Ottawa ?

    Tous ceux qui ont signé et ratifié la Convention avaient pour objectif d’éliminer les mines antipersonnel de leur territoire dans un délai de dix ans et pour certains, le délai prend fin en 2009. Mais les champs de mines ne sont pas correctement délimités et ils sont faciles à trouver ! Il peut arriver que les mines soient dispersées ou qu’elles ne soient pas répertoriées…

    En outre, certains champs de mines ne constituent pas vraiment une menace pour la population civile – par exemple, dans les zones de haute montagne peu peuplées – et l’on peut donc se demander si des ressources importantes doivent être consacrées à leur nettoyage.

    Le fait est que, alors que la Convention d’Ottawa traite spécifiquement des mines antipersonnel, la communauté de l’action antimines tente de s’attaquer à toute pollution due aux armes touchant des civils.

    Quels sont les autres dangers ?

    La plupart des zones de combat sont truffées de dangers liés aux engins explosifs – les bombes à sous-munitions, qui, si elles n’explosent pas, peuvent être très sensibles et destructrices ; les grenades ; les obus et les cartouches de munitions non explosées. Tous peuvent être très dangereux. Souvent, en raison de difficultés économiques, ils constituent une source précieuse de ferraille, mettant gravement en danger ceux qui les récupèrent.

    Le nettoyage en cours est-il suffisant ?

    ©ICRC/lb-e-00671
    Je pense que le nettoyage se déroule à un rythme raisonnable. Mais en fait, le nettoyage n’est pas un but en soi : il vise à faciliter d’autres activités qui permettent aux personnes de mener une vie sûre et plus normale, par exemple grâce à des terres agricoles sûres, un accès à l’eau, des infrastructures, des marchés, des transports, etc.

    Le défi auquel nous faisons face, au CICR, est la façon de mieux intégrer l’action antimines – c’est-à-dire, les activités qui visent à réduire l’impact de la pollution due aux armes sur la population civile – aux activités de terrain lorsqu’il y a lieu.

    Cette approche n’est pas entièrement nouvelle, mais elle n’a jamais été institutionnalisée. En Angola dans les années 1990, par exemple, certaines villes étaient entourées de mines, ce qui empêchait les habitants d’atteindre leurs champs. Le personnel de secours du CICR a aidé les personnes à établir de petits jardins potagers aux abords de la ville et le problème a incontestablement été atténué, à défaut d’être résolu.

    Après dix ans d’activités de lutte contre les mines, quelle est la direction prise par le CICR ?

    Actuellement, nous mettons au point une approche intégrée afin de réduire l’impact de la pollution due aux mines et de résoudre ce problème. À cette fin, nous travaillons en étroite collaboration afin de veiller à ce que tous les membres de notre personnel reconnaissent les caractéristiques des différents types de pollution, et en tiennent compte lorsque la situation l’exige.

    Nous avons adopté une approche large et flexible de la réduction de l’impact, et les activités de sensibilisation n’y jouent qu’un rôle mineur. Nous développons par ailleurs notre capacité à intervenir rapidement avec des équipes polyvalentes lors de situations d’urgence.

    Pour en savoir plus sur la Journée internationale des Nations Unies pour la sensibilisation aux mines et l’assistance à la lutte antimines (en anglais)


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    Copyright © 2009  Comité international de la Croix-Rouge30-03-2007
    Rubrique :  Activités > Action contre les mines
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