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Comité international de la Croix-Rouge
5-01-2009  Éclairage  
Géorgie : les victimes du conflit espèrent que 2009 sera une année plus souriante
En Europe centrale et orientale, à la veille du Noël orthodoxe, de nombreuses familles déplacées et isolées, touchées par le conflit armé entre la Russie et la Géorgie il y a cinq mois, ont toujours besoin d’assistance. Pour Nunu Doliashvili, 60 ans, comme pour d’autres personnes âgées, cette période de fêtes aurait sans doute été des plus mornes sans le concours très apprécié du CICR.

« Pendant les hostilités, des tanks ont labouré mes champs, détruisant toutes les récoltes », déplore Nunu, une habitante du village de Megvrekisi. « En tant que ménagère, je suis très reconnaissante pour les vivres que nous avons reçus ; en particulier la farine, grâce à laquelle je pourrai confectionner un gâteau de Noël pour mes petits-enfants ». Les chrétiens orthodoxes, comme Nunu, célébreront Noël le 7 janvier.

Dans le cadre de son programme de secours d’hiver, le CICR continue à distribuer des vivres et des articles d’hygiène à quelque 20 000 personnes parmi les habitants les plus vulnérables des villages touchés par le conflit, aujourd’hui encore privés de tout service et de toute assistance. La plupart de ces personnes ont été déplacées par les combats, mais sont depuis retournées chez elles, dans les villages situés le long de la frontière avec l’Ossétie du Sud, une région très durement frappée pendant la guerre.

La première série de distributions a commencé en novembre, alors que l’hiver s’installait : environ 11 000 personnes en ont bénéficié. Une deuxième série, qui touchera près de 20 000 bénéficiaires, se déroule actuellement. Durant le mois de janvier, en plus de vivres et d’articles ménagers, 1 800 familles recevront du bois de feu.

Espoir et chaleur

Jenia Mchedlidze a 85 ans. Elle vit à Zemo Nikozi, juste en dehors de Tskhinvali, dans la région de Shida Kartli. Elle a tout perdu dans le conflit : stocks de nourriture, ustensiles de ménage, etc.

« J’avais peur de devoir mendier, ce Noël, explique-t-elle. Ces vivres nous permettront de manger, et aussi de reprendre espoir… Avec cette farine de blé, je pourrai préparer le traditionnel pain au fromage, ou khachapuri. Comme ça, on aura vraiment l’impression que c’est Noël ».

Le 23 décembre, le CICR a également distribué des médicaments et des chauffages à huile au dispensaire médical de Tirdznisi. Ce jour-là, il faisait froid et il pleuvait. Les patients qui attendaient de voir un médecin ont été ravis de la chaleur procurée par les chauffages. Au dire du personnel médical, à cause des températures extrêmement basses et de l’absence de chauffage, il avait jusque-là fait trop froid dans le dispensaire pour pouvoir examiner des enfants.

« Nous utilisions des maisons privées pour vacciner les enfants, car il faisait froid à pierre fendre au dispensaire, ajoute l’un des soignants. Maintenant que nous avons des chauffages, les enfants peuvent être vaccinés ici. »

Un effort ininterrompu

Ces cinq derniers mois, des équipes de la Croix-Rouge de Géorgie accompagnées de collaborateurs du CICR – dont des spécialistes de l’assistance et de la protection, ainsi que du personnel de santé – ont travaillé sans relâche pour aider à remettre en état des habitations, rétablir l'approvisionnement en eau, rendre visite aux malades et réunir les membres de familles dispersées.

Depuis août dernier, le CICR et ses Sociétés nationales partenaires ont fourni une aide vitale aux personnes qui avaient besoin d’être secourues en Géorgie, de même qu’aux victimes du conflit réfugiées en Ossétie du Nord (Fédération de Russie).

Le CICR est toujours la seule organisation humanitaire internationale présente de manière permanente en Ossétie du Sud, où il emploie plus de 60 collaborateurs, expatriés et locaux confondus.

En outre, l’institution a offert aux victimes du conflit une épaule sur laquelle s’appuyer et l’occasion de s’épancher en livrant leurs expériences douloureuses. Pour certaines d’entre elles, le temps n'est pas encore parvenu à effacer les souvenirs du mois d'août.

Guérison émotionnelle

Nona a 66 ans et elle est originaire de Gogheti. Pendant les hostilités, elle et d’autres membres de sa famille ont été enlevés par des hommes armés qui les ont séquestrés pendant quelques jours avant de les libérer.

« Je ne peux pas expliquer ce que j’ai ressenti en voyant la peur dans les yeux de mon fils, au moment où on allait nous séparer, sans savoir ce qu’il adviendrait de toute ma famille », se rappelle Nona avec émotion.

« Pendant le mois qui a suivi notre libération, j’ai été forte et positive. J’étais très occupée à faire en sorte que tous les miens survivent, que tout le monde aille bien. Aujourd’hui, cependant, j’ai plus de mal à gérer mes émotions et mon anxiété. Je suis donc très contente de pouvoir parler et partager ce que j’ai vécu avec des personnes du CICR, et je leur en suis reconnaissante ».

Les personnes comme Nona vivront certainement encore des semaines, voire des mois, difficiles, avant que les plaies du conflit, qu'elles soient physiques ou émotionnelles, finissent de cicatriser.

Cependant, malgré les difficultés persistantes que rencontrent de nombreux habitants, chacun nourrit l’espoir que l’année 2009 sera plus paisible que celle qui vient de s’écouler, et que les choses iront de mieux en mieux.

©CICR/M. Galter
Bénéficiaires d’une distribution de vivres et d’articles d’hygiène par le CICR dans le village de Megvrekisi, près de la frontière avec l’Ossétie du Sud, 22 décembre 2008.



©CICR/M. Galter
Un volontaire lors d’une distribution de vivres et d’articles d’hygiène dans le village de Megvrekisi, 23 décembre 2008.



©CICR/M. Galter/ge-e-00399
Un camion du CICR achemine des vivres et des articles d’hygiène vers le village de Svaneti, près de la frontière avec l’Ossétie du Sud, 18 décembre 2008.


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Rubrique :  Dans le monde > Europe orientale et Asie centrale > Géorgie
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