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Comité international de la Croix-Rouge
29-12-2008  Éclairage  
Libéria : aider les femmes à devenir économiquement autonomes
Les 14 ans de guerre civile au Libéria ont déplacé des milliers de familles et perturbé l’économie pour des années. Le projet de sécurité économique du CICR relatif au manioc, dans le sud-est du Libéria, aide de nombreuses femmes libériennes à reprendre pied. Richard Kpah, du CICR, raconte.

©CICR/S. Cernojevich
Mme Weh avec une râpe à manioc traditionnelle.
« Je suis reconnaissante pour la différence que le CICR a faite dans ma vie et dans ma communauté », dit Ma Eliza Weh, une bénéficiaire du projet de sécurité économique du CICR relatif au manioc dans le sud-est du Libéria. Assise dans une chaise fabriquée dans la région et vêtue d’un costume traditionnel noir, elle continue : « Par où commencer pour exprimer ma gratitude ? »

« La crise a poussé à l’exil des milliers d’entre nous, certains dans le bush et certains dans les pays voisins, et détruit beaucoup de nos services essentiels », dit Mme Weh. « La vie est devenue très dure et je ne savais pas par où commencer pour surmonter mes frustrations. »

La guerre a ravagé de nombreux secteurs de la société

Les 14 ans de guerre civile au Libéria ont touché tous les secteurs de la société, déplaçant des milliers de familles, perturbant l’économie et détruisant les infrastructures. La délégation du CICR à Monrovia a été ouverte en 1990 pour aider les victimes du conflit. Avec la transition du conflit à la paix, et l’arrivée de nombreuses autres organisations au Libéria, le CICR réduit ses opérations, mais reste concentré sur l’aide aux victimes les plus vulnérables du conflit passé, y compris en aidant à rétablir les moyens de subsistance.

Le CICR a travaillé avec la communauté de Mme Weh à Genoyah pour l’aider à se relever après la fin du conflit. Il a installé des pompes manuelles pour assurer l’approvisionnement en eau potable, et des latrines. Mais, selon Mme Weh, la contribution la plus importante du CICR a été le projet relatif au manioc, car il a « produit un impact direct sur ma vie et celle de ma famille ».

Culture commerciale

Le manioc est l’une des principales cultures commerciales utilisées dans le village de Mme Weh pour générer des revenus. Bien que du riz soit également produit, il est destiné à la consommation. Mais les racines de manioc peuvent être vendues pour produire de la farine et du foufou afin d’accroître les revenus familiaux.

Mme Weh explique le processus consistant à râper le manioc pour en faire de la farine. Les râpes à main ne leur permettaient pas d’accroître leur production car elles causaient de nombreuses blessures et le travail était lent. « C’est pour cela que nous produisions moins de farine, et que donc nos revenus étaient très faibles. »

Un groupe de femmes, mené par Mme Weh, a soumis une proposition de projet que le CICR a accepté de soutenir. Le projet à Genoyah a fait passer la production moyenne de farine de manioc de 480 kg à 1220 kg par ménage et par année, notamment en fournissant un soutien agricole, des râpes à manioc mécaniques, qui permettent d’accroître la vitesse du processus, des abris pour les mouleurs, ainsi que des marmites et des cuillères utilisées pour sécher la farine.

Une production multipliée par cinq

« Depuis que le CICR nous a soutenu en nous fournissant une râpe à manioc automatique, explique Mme Weh, je ne me blesse plus aux doigts et mon corps est moins douloureux. Je peux aussi utiliser mon temps pour faire de nombreuses autres choses. Alors qu’avant il nous fallait un jour pour râper un sac de manioc, aujourd’hui nous pouvons le faire en une heure. »

En rétablissant les marchés et les cultures, et en soutenant d’autres méthodes de production – comme la râpe à manioc pour la communauté de Mme Weh – le CICR a contribué à améliorer les moyens de subsistance des fermiers, des groupes de femmes et des communautés agricoles dans tout le Libéria.
Mme Weh conclut : « Maintenant, je peux produire cinq fois plus de farine de manioc et obtenir plus d’argent pour nourrir ma famille et reprendre une vie normale… La différence qu’a faite le CICR dans ma vie ? Elle est cinq fois mieux ! »


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Copyright © 2009  Comité international de la Croix-Rouge29-12-2008
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