Les tirs de roquettes à partir de Gaza sur les villes du sud d’Israël éprouvent aussi fortement la population civile qui y vit. Il est impératif que les deux parties au conflit respectent pleinement les obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire afin de réduire au minimum le nombre de civils tués ou blessés.
Plus important encore, le droit international humanitaire prohibe les attaques directes contre des civils ainsi que les attaques sans discrimination. Les parties au conflit doivent en tout temps faire la distinction entre civils et combattants, ainsi qu’entre biens de caractère civil et objectifs militaires.
« Toute personne qui ne participe pas directement aux hostilités est protégée par le droit international humanitaire et ne doit pas être mise en danger », a déclaré le directeur des opérations du CICR, Pierre Krähenbühl. « Dans une situation de conflit, la seule distinction légitime est celle qui est faite entre les civils, qui sont protégés par le droit, et les combattants, qui peuvent être attaqués ».
En outre, le choix des moyens et méthodes de guerre n’est pas illimité dans la conduite des opérations militaires. Les parties doivent prendre toutes les précautions pratiquement possibles en vue d’éviter ou de réduire au minimum les pertes en vies humaines dans la population civile, les blessures aux personnes civiles et les dommages aux biens de caractère civil. Les objectifs militaires ne doivent pas être placés à l’intérieur ou à proximité des zones fortement peuplées.
« Le plein respect de ces règles est de la plus grande importance, en particulier dans la bande de Gaza qui est fortement peuplée », a déclaré M. Krähenbühl. « Nous sommes préoccupés par le nombre croissant de pertes civiles et le nombre croissant de bâtiments civils, dont des hôpitaux, endommagés lors des combats. Les principales installations civiles à Gaza, tels les hôpitaux, les systèmes d’approvisionnement en eau et les installations de traitement des eaux usées, se trouvaient déjà dans un état précaire en raison des bouclages et des restrictions d’importation imposés par Israël au cours des 18 derniers mois ».
Toujours en vertu du droit international humanitaire, les parties à un conflit doivent accorder une attention particulière aux types d’armes et de munitions qu’elles utilisent et à leurs effets possibles sur les civils et l’infrastructure civile. Le droit international humanitaire interdit aussi l’emploi d’armes qui, de par leur nature, frappent indistinctement des objectifs militaires et des civils. Des armes qui ne peuvent être dirigées sur des objectifs militaires sans mettre en danger la population civile, telles les roquettes, sont également prohibées. Il est probable que l’emploi d’armes à sous-munitions dans des zones fortement peuplées entraîne des violations du droit international humanitaire puisque ces armes ne peuvent être utilisées en distinguant avec précision les objectifs militaires, d’une part, et les civils et les biens de caractère civil protégés, d’autre part.
Chaque partie au conflit doit prendre sans tarder toutes les mesures possibles pour rechercher et évacuer les blessés et les malades. Le personnel sanitaire, les hôpitaux et les autres unités médicales doivent être respectés et protégés, tout comme les véhicules sanitaires, dont les ambulances, qui sont exclusivement affectés à des tâches d’assistance aux blessés et aux malades. Les attaques dirigées contre le personnel sanitaire ainsi que les attaques contre des installations exclusivement affectées à des fonctions sanitaires sont également proscrites.
Informations complémentaires :
Dorothea Krimitsas, CICR Genève, tél. : +41 22 730 25 90 ou +41 79 251 93 18
Anne-Sophie Bonefeld, CICR Jérusalem, tél. :+972 2 582 88 45 ou +972 52 601 91 50
Iyad Nasr, CICR Gaza, tél. : +972 59 960 30 15 (arabe)
Yael Segev-Eytan, CICR Tel Aviv, tél. : +972 3 524 52 86 ou +972 52 275 75 17 (hébreu)
Nadia Dibsy, CICR Jérusalem, tél. :+972 5917900 ou +972 52 601 91 48 (arabe)