« Si seulement je pouvais trouver quelqu’un qui me donne des nouvelles de ma famille ! », dit Kubako, un jeune garçon de 17 ans qui se trouve au centre du CICR pour enfants non accompagnés à Yambio avec ses deux petites sœurs. « Nous sommes bien ici, mais je suis toujours angoissé et me demande si mes parents et mes autres frères et sœurs sont en vie ».
Un lieu d’où appeler la maison…rien qu’un instant
En octobre 2008, le CICR a ouvert un centre à Yambio, Sud-Soudan, pour s’occuper des enfants qui ont fui leurs villages en République démocratique du Congo (RDC) à la suite des actes d’extrême violence perpétrés par l’Armée de résistance du seigneur. Aujourd’hui, les enfants qui ont fui la RDC pour le Soudan, sans être accompagnés par leurs parents ou des proches, n’ont plus besoin de se préoccuper ni de leur toit ni de la nourriture.
Bon nombre des enfants ont simplement suivi d’autres réfugiés congolais dans la ville de Yambio et les environs, où ils ont été immédiatement hébergés par des familles locales. « Un grand nombre d’enfants âgés à peine de cinq ans vivent avec des familles qui les ont trouvés sur le marché ou dans la ville. Le CICR les aide en fournissant des vivres aux familles d’accueil », dit le délégué du CICR, Daniel Corthesy. Toutefois, certains problèmes persistent. « Il arrive que des enfants soient contraints de faire des briques, d’aider dans les tâches ménagères ou de vendre des choses sur le marché en échange d’un repas ou d’un tout petit peu d’argent », ajoute-t-il.
Des volontaires de la branche locale du Croissant-Rouge soudanais à Yambio gèrent actuellement le centre. Ils servent aux enfants des repas chauds, leur dispensent les premiers secours et les enregistrent pour tenter de trouver leurs parents.
Dido Lafukpio Balie, un jeune volontaire de la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo, lui-même réfugié, a aidé les volontaires du Croissant-Rouge soudanais qui ont enregistré 70 enfants à ce jour. Plus de 40 d’entre eux, tous des garçons sauf trois, et âgés de 10 à 18 ans, vivent aujourd’hui dans le centre. Les plus petits vivent avec des familles d’accueil à Yambio.
Le CICR apporte son concours dans le centre mais cette mesure est temporaire. Entre-temps, il cherche d’autres solutions pour que les familles retirent les enfants du centre.
Les enfants ont besoin d’être avec leur famille
Les enfants séparés des membres adultes de leur famille, notamment par le conflit armé, risquent d’être traumatisés par tous ces événements, et encourent d’ordinaire un plus grand risque d’abus ou d’exploitation. Dans le cadre de son mandat, le CICR s’efforce de rechercher les parents ou des membres de la famille proche de ces enfants par ses services de recherches. Certains enfants étant encore trop petits pour donner des informations, les photographies sont quelquefois le seul moyen d’aider les parents ou les proches à identifier un enfant. La recherche des familles est menée en étroite collaboration avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge. Dans le cas de Yambio, il s’agit d’un effort conjoint du CICR, du Croissant-Rouge soudanais et de la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo.
Contact avec les proches
Les messages Croix-Rouge permettent aux membres des familles séparées par le conflit d’échanger des nouvelles et contribuent à atténuer les effets psychologiques de la séparation. S’il le faut, le CICR, avec le soutien du Croissant-Rouge soudanais et de la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo, utilisera le réseau de messages Croix-Rouge pour aider les enfants à rétablir le contact avec leur famille une fois qu’elles auront été retrouvées. Le CICR espère permettre au plus grand nombre possible de réfugiés congolais à Yambio de rétablir le contact avec leurs familles à la maison.
« Si nous arrivons à trouver les parents ou des membres de la famille proche des enfants, ils pourront au moins échanger des messages Croix-Rouge avec les enfants et apprendre qu’ils sont tous sains et saufs, » explique Anne Vallet, la coordonnatrice du CICR chargée des recherches au Soudan. « Notre objectif ultime consiste toutefois à réunir les enfants avec leurs familles dès que la situation de sécurité le permettra ».