![]() Document imprimé depuis le site web du CICR URL : http://www.icrc.org/web/fre/sitefre0.nsf/html/sudan-feature-281108 Comité international de la Croix-Rouge 4-12-2008 Éclairage Soudan : il est si merveilleux de pouvoir remarcher Le conflit armé qui a fait rage dans le Sud- Soudan jusqu’en 2005 a tué près de deux millions de personnes et en a mutilé des milliers d’autres. Mary Angau, âgée à peine de sept ans au moment où elle a perdu sa jambe, raconte son histoire à Anne Kilimo du CICR.
Un combat avec la mort Vivre avec une jambe
© CICR
Juba, Soudan. Mary appareillée avec une nouvelle prothèse qui remplace sa prothèse cassée.
« Ma mère était sûre que j’allais mourir. Elle avait perdu tout espoir », dit Mary. C’est à Lobone qu’on entendit parler des ponts aériens pour les personnes ayant des blessures similaires à l’hôpital Lopiding au Kenya voisin. Mary a été transporté par le prochain vol pour Lopiding, mais c’était trop tard pour sauver sa jambe ; n’ayant pu être soignée à temps, elle a dû être amputée. « Au début, je n’étais pas triste à l’idée de perdre ma jambe. J’avais tellement mal que c’était un soulagement », explique-t-elle. Ce n’est que plus tard que j’ai réalisé combien il me serait difficile de vivre sans. Je ne pouvais plus courir ni jouer avec mes amis ». Mais elle avait une consolation. Au moins, elle pourrait remarcher une fois appareillée avec une prothèse à l’hôpital. Elle s’était même inscrite dans une école dans le camp de réfugiés voisin de Kakuma où elle est partie vivre avec un parent éloigné après le traitement. Mary est retournée chez elle à Nimule après la signature de l’accord de paix global et la fin de la guerre en 2005. Elle vit maintenant avec son frère. Ses parents sont morts quand elle était au Kenya. « Même sans vraie jambe, je suis heureuse et je remercie Dieu de pouvoir marcher et de faire un tas de choses pour moi. Sans cette jambe, la vie serait dure », précise-t-elle. Pour elle, tout comme la plupart des personnes handicapées, le fait d’être appareillé est un problème de toute une vie. Mary ne se souvient pas du nombre exact de prothèses qu’elle a eues mais elle sait qu’elle en a eu beaucoup. « Quand j’étais petite, la prothèse était changée régulièrement car je grandissais. Elle se cassait quelquefois et je devais la faire réparer ou remplacer. C’est aussi la raison pour laquelle je suis ici aujourd’hui. La prothèse s’est de nouveau cassée ». Le CICR aide les personnes handicapées à remarcher Mary est l’une des nombreuses personnes handicapées qui vivent au Sud-Soudan. Depuis juillet 2006, le CICR soutient le centre orthopédique à Juba, géré par le centre d’assistance pour personnes handicapées du Nil, qui équipe en prothèses et orthèses les personnes devenues handicapées durant la guerre ou plus récemment à cause de mines, de balles et de morsures de serpent. À ce jour, 1 541 personnes y ont bénéficié des services, dont 362 nouveaux patients qui ont été appareillés avec des prothèses et orthèses. |