Daniel Duvillard, chef des opérations du CICR pour l'Afrique de l'Est
Presque 120 jours après l’enlèvement de Gauthier, la fin de cette épreuve est-elle en vue ?
Le 6 février, nous avons appris avec une joie et un soulagement immenses la libération d’un autre collègue, Laurent Maurice, qui a été relâché au Soudan 89 jours après avoir été enlevé dans l’est du Tchad. Aujourd’hui, nous espérons fermement que l’épreuve traversée par notre collègue Gauthier sera bientôt terminée. Ce vendredi 19 février sera son 120e jour de captivité. Chaque jour qui passe est un jour de trop pour lui, pour sa famille et pour nous tous au CICR.
Nous continuons à faire tout notre possible pour que Gauthier soit rapidement libéré, sain et sauf. Nous sommes en contact avec les ravisseurs et les autorités nationales et locales, et nous suivons de près l’évolution de la situation. Notre priorité est d’obtenir que notre collègue soit relâché sans plus attendre et sans condition. La responsabilité du traitement qui lui est réservé et de sa santé est entre les mains de ses ravisseurs.
Nous sommes pleinement conscients de la douloureuse épreuve que vivent les proches de Gauthier. Nous voulons qu’ils sachent que nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour obtenir sa prompte libération. Nous tentons de les réconforter, mais seule la libération de celui qui leur est cher pourra les soulager.
Quel était le but de la récente visite du président du CICR au Soudan ?
Le 9 février, Jakob Kellenberger, le président du CICR, a rencontré à Khartoum le président du Soudan, Omar Hassan Ahmed Al-Bachir, pour discuter avec lui des efforts déployés afin de parvenir à la libération rapide de Gauthier. M. Kellenberger a remercié le gouvernement soudanais d'avoir obtenu la libération d'un autre délégué du CICR, Laurent Maurice. Le président Al-Bachir, pour sa part, a confirmé à M. Kellenberger que son gouvernement est absolument résolu à faire tout ce qui est en son pouvoir pour la sécurité de M. Lefèvre, et pour obtenir sa libération sans délai.
Quel impact les enlèvements ont-ils sur vos activités au Soudan ?
Comme la sécurité est une préoccupation majeure, la situation est réévaluée en permanence. Nous prenons toutes les précautions possibles pour faire en sorte que notre personnel puisse travailler en toute sécurité. Bien que nous ayons dû restreindre nos déplacements et adapter notre présence sur le terrain au Darfour Ouest, nous nous efforçons de maintenir les services essentiels que nous sommes seuls à pouvoir fournir. En particulier, nous poursuivons nos activités dans le camp pour personnes déplacées de Gereida (Darfour Sud). Nous continuons aussi à soutenir des centres de soins de santé primaires et d’autres établissements dans ces régions, ainsi que les activités du Croissant-Rouge soudanais.
Dans certaines parties reculées du Darfour, où très peu d'autres organisations sont présentes, le CICR était engagé dans un ensemble d'activités telles qu'assurer l'approvisionnement en eau potable et aider les habitants à subvenir à leurs besoins grâce à des projets dans les domaines de l'agriculture et de l'élevage. Du fait que nous avons été obligés de réduire notre présence sur le terrain, nous ne sommes plus en mesure d'offrir les mêmes services. C'est une situation que nous regrettons profondément. Notre priorité absolue est d'obtenir la libération de notre collaborateur dans les meilleurs délais, afin de pouvoir de nouveau déployer toutes nos ressources pour le travail humanitaire qui doit être accompli.
Enfin, nous tenons à souligner que si nous avons réduit nos activités dans certaines régions, nous poursuivons notre travail comme par le passé dans le reste du Soudan.
Voir aussi : Laurent Maurice, collaborateur du CICR récemment libéré, parle de son expérience