M. le président,
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est profondément préoccupé par le sort tragique que connaissent les enfants lors de conflits armés et d’autres situations de violence. Le Comité international de la Croix-Rouge est reconnaissant d’avoir l’occasion d’aborder sous l’angle humanitaire la problématique des enfants touchés par un conflit armé.
Il y a bien trop de situations dans lesquelles des enfants continuent à être enrôlés dans des forces armées et des groupes armés, séparés de leur famille, tués ou mutilés, forcés de fuir de leur foyer, abusés sexuellement ou exploités d’une autre manière. C’est inacceptable.
Le CICR n’a épargné aucun effort par le passé et continuera à tout mettre en oeuvre à l’avenir pour améliorer le respect du droit international humanitaire et des normes fondamentales du droit des droits de l’homme.
L’année dernière a marqué un tournant important, car une attention accrue a été accordée aux enfants touchés par un conflit, ce qui reflète l’engagement croissant de la communauté internationale en faveur de la protection de ces enfants. Nous saluons tout particulièrement la nomination de la nouvelle Représentante spéciale du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Mme Radhika Coomaraswamy, la mise en oeuvre de la résolution 1612 du Conseil de Sécurité, et prochainement la révision des Principes du Cap.
De nos jours, on constate une volonté significative de la part des autorités concernées et des porteurs d’armes de traduire dans la réalité du terrain les normes internationales de protection des enfants. Cette tendance doit être nourrie, soutenue et encouragée.
Le sort des enfants touchés par la guerre, surtout des enfants qui sont associés aux forces armées et aux groupes armés, préoccupe tout particulièrement le CICR. C’est donc avec satisfaction que nous constatons que le programme des Nations Unies accorde une place importante à la question du recrutement des enfants dans les forces armées et les groupes armés.
Toutefois, nous aimerions souligner que le travail avec des enfants qui ont été associés aux forces armées exige un engagement de longue durée. La réadaptation et la réinsertion d’enfants ayant été associés à des groupes armés ou des forces armées ne se fait pas en quinze jours, et nous aimerions insister sur le fait que ceux qui s’engagent dans ce travail devraient le faire en collaborant étroitement avec les communautés locales et en démontrant qu’ils disposent d’une vision, d’une planification, d’un engagement et de moyens financiers à long terme.
M. le président,
J’aimerais également dire quelques mots au sujet des enfants séparés de leurs parents en raison d’un conflit armé. Le CICR s’occupe de ces enfants dès le début du conflit. Nous les identifions et les enregistrons. En collaborant étroitement avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous recherchons leurs parents, souvent par-delà les frontières, et lorsque c’est possible, nous réunissons la famille. Pour ce travail, nous nous efforçons de voir avec d’autres agences de protection des enfants et avec les autorités nationales en quoi nous sommes complémentaires, et nous mettons en place une étroite coopération.
Nous aimerions toutefois souligner que le travail avec des enfants séparés de leurs parents est aussi une tâche de longue haleine qui exige un engagement de longue durée. Rechercher les membres d’une famille peut prendre du temps. Les processus de réunification peuvent être plus longs encore. Nous devons aussi trouver d’autres solutions à long terme pour les enfants dont les parents ne peuvent pas être retrouvés.
Alors que l’empressement et l’intérêt du public sont généralement très marqués au début d’une nouvelle situation d’urgence, le CICR constate avec préoccupation que l’engagement est souvent limité lorsqu’il s’agit du financement à long terme et donc de la continuité et d’une présence durable sur le terrain.
J’aimerais terminer en réitérant notre appel visant à améliorer la vie des enfants touchés par un conflit armé, et vous inviter à vous engager à long terme en faveur des programmes qui leur sont destinés afin que ceux-ci reçoivent un soutien sur toute leur durée.
Merci M. le président.