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5-03-2008  Communiqué de presse 08/38 
Disparition de proches : reconnaître la situation désespérée des femmes
Pour des centaines de milliers de femmes, l’une des pires conséquences d’un conflit armé est l'attente interminable et insupportable de nouvelles au sujet de leurs proches disparus.

Comme les hommes constituent la grande majorité des personnes tuées ou disparues, c’est en général sur les femmes de la famille que retombe le fardeau de rechercher ce qu’il est advenu d’eux. À l’occasion de la Journée internationale de la femme (8 mars), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) souligne son engagement en faveur de ces femmes.

Ashwak, une Irakienne réfugiée en Jordanie, a perdu toute trace de son mari. « Nous avons cherché partout. Nous sommes allés dans toutes les prisons et à l’institut de médecine légale. Nous avons fait des recherches pendant plus de quatre mois, dit-elle. Nous avons cherché dans tous les endroits imaginables, mais nous avons toujours reçu la même réponse - qu'il n'était pas là. Pourtant, nous ne perdons pas espoir ».

Pour celles qui se retrouvent seules, comme Ashwak, ne pas connaître le sort d'un proche est émotionnellement dévastateur. Même si c’est très dur de pleurer la perte d'un être cher, il est encore beaucoup plus douloureux de ne pas pouvoir faire son deuil. De nombreuses femmes consacrent des années et toutes leurs économies à une recherche infructueuse. Pour celles qui essaient de retrouver la trace d’un enfant, d’un mari ou d’un père, le retour de la paix dans leur pays n’apporte pas forcément la paix de l’esprit, car l'abandon de leur quête leur semblerait être une trahison.

La personne qui a disparu est souvent le soutien de famille ou le seul propriétaire des biens. Les femmes qui manquent de compétences et de formation sont ainsi laissées sans ressources et sont souvent mal préparées à prendre sa place. En outre, le statut juridique mal défini de l’épouse ou des descendants d’un disparu peut avoir des répercussions sur les droits de propriété, la garde des enfants, l’héritage et la possibilité d'un remariage.

« Cette année, lors de la Journée internationale de la femme, nous voulons attirer l’attention sur le drame des femmes dont des proches masculins ont disparu », déclare Florence Tercier, qui est à la tête du programme du CICR en faveur des femmes victimes de la guerre. « Nous devons faire tout notre possible pour empêcher les disparitions et apporter aux femmes laissées seules le soutien dont elles ont besoin ».

Bien trop souvent, les parties à un conflit armé font peu d’efforts pour jeter la lumière sur le sort des personnes portées disparues. Le CICR, agissant au nom des victimes et de leurs familles, s’efforce de rappeler aux autorités compétentes le devoir qui leur incombe dans ce domaine. En coopérant avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, il enregistre les demandes de recherches déposées par les familles qui sont restées sans nouvelles de leurs proches lors d’un conflit armé et met tout en œuvre pour essayer de savoir où se trouvent ces personnes. Le CICR délivre des attestations aux femmes des disparus pour qu'elles puissent demander une assistance et une compensation. Il offre également une aide matérielle et des conseils psychosociaux aux épouses et aux filles qui en ont besoin, en fonction de leur situation.

Les femmes se révèlent pleines de ressources et de courage lorsqu’elles doivent se battre avec les difficultés entraînées par la disparition d’un proche. Elles fondent des associations, dont beaucoup reçoivent le soutien du CICR, et luttent pour obtenir des informations. Dans bon nombre de pays, les mères, femmes, grand-mères, sœurs et filles des disparus continuent à exercer des pressions sur les autorités bien après la fin du conflit. Par ex., les Mères de la place de Mai, en Argentine, ont organisé des manifestations pendant de nombreuses années pour exiger des réponses de la part du gouvernement au sujet du sort de leurs enfants disparus.



Informations complémentaires :
Anna Schaaf, CICR Genève, tél. : +41 22 730 2271 ou +41 79 217 3217


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