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31-08-2002    
« Unknown fate, untold grief » (les souffrances inouïes de l’incertitude) - Rapport spécial du CICR

Les activités du CICR en faveur des personnes portées disparues et de leurs familles lors des conflits en Croatie, en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo (République fédérale de Yougoslavie)

Le rapport « Unknown fate, untold grief » (les souffrances inouïes de l’incertitude) n’est disponible qu’en anglais.


Résumé

Dix années ont passé depuis le début des conflits en ex-Yougoslavie, mais on est toujours sans nouvelles de milliers de personnes qui ont disparu durant les hostilités en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. Le récent conflit au Kosovo a, lui aussi, ajouté son lot de victimes à la liste des personnes dont on a perdu la trace.

Plus de 31 500 personnes sont répertoriées par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) comme ayant disparu dans le cadre de ces conflits, mais ce chiffre n’est pas encore définitif. Au cours des deux dernières années, plus d’un millier de nouvelles demandes ont été adressées au CICR pour la seule Bosnie-Herzégovine. Pourtant, on n'a retrouvé la trace que d'une infime partie (8 202) des personnes disparues durant la dernière décennie.

Le CICR a joué un rôle actif dans la localisation des personnes disparues depuis 1991, suite aux conflits en ex-Yougoslavie. Protéger et assister les victimes de conflits armés font partie du mandat du CICR. L’approche de l'institution est fondée sur la nécessité d'élucider le sort des disparus et de répondre aux besoins de leurs proches qui vivent dans l’angoisse engendrée par cette incertitude.

S'il incombe aux autorités de faire la lumière sur le sort des disparus et d'aider les familles, le CICR s'efforce, pour sa part, de soutenir les autorités dans ce processus. Son rôle est de proposer ses services et son expertise afin de les amener à collaborer dans la recherche d'informations et de réponses.

Dans une première phase, le CICR tâche de retrouver la trace de la personne disparue en utilisant toutes les informations disponibles. Il transmet ensuite les renseignements obtenus aux autorités et sollicite une réponse de leur part.

Si cette démarche échoue, une seconde phase est engagée. L'attention se porte alors non plus sur la personne disparue, mais sur sa famille. Le CICR continue à rechercher des informations auprès des autorités afin de les transmettre aux familles. Il s'efforce également d’obtenir des informations par d'autres biais, en travaillant pour cela en collaboration étroite avec d’autres organisations. Par exemple, le CICR soutient activement le processus d’exhumation et d’identification des dépouilles mortelles en fournissant un appui logistique et en recueillant des données ante mortem, ou en lançant des projets tels que le « livre des objets personnels ». Le CICR prend en compte les besoins des familles des disparus et détermine la meilleure manière d’y répondre, notamment en traitant les problèmes juridiques, en aidant les familles à se constituer en associations et en leur apportant un soutien psychologique ou autre.

Dans le cadre de l’action qu’il mène en faveur des disparus et de leurs familles, le CICR a toujours à l’esprit le rôle et la responsabilité des autorités. Il tient également compte du fait que les efforts entrepris dans ce domaine doivent être durables, car il s’agit là d’un travail de longue haleine. Le CICR recherche aussi la complémentarité avec d’autres acteurs, en établissant des liens étroits avec les ministères compétents, les autorités locales, les institutions internationales et celles des Nations Unies, les ONG et d’autres organisations dans tous les domaines de la recherche des disparus.

Grâce à son vaste réseau de collaborateurs et de volontaires dans le monde entier, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge peut apporter une contribution essentielle à la recherche d’une solution au problème extrêmement complexe des disparus. Dans une grande partie de l’ex-Yougoslavie, les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et le CICR collaborent afin de recueillir des informations et de soutenir les familles des disparus. Ailleurs, dans les pays où ces familles vivent en tant que réfugiés, les Sociétés nationales de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge facilitent les contacts avec le CICR par l’intermédiaire des services de recherches de ces Sociétés nationales et font en sorte que le problème des disparus ne tombe pas dans l’oubli.

Malgré les difficultés de cette tâche, le CICR est résolu à continuer de chercher des réponses. La volonté des autorités de remplir leurs obligations de communiquer les informations dont elles disposent est cruciale si l’on veut faire la lumière sur le sort des disparus. C’est à ce moment-là seulement que les familles pourront commencer à reconstruire leur vie.

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31-08-2002