Toni Pfanner

Ancien rédacteur en chef de la Revue internationale

Dr. Toni Pfanner était rédacteur en chef de la Revue internationale de la Croix-Rouge du début de l'année 2002 jusqu'à la fin de 2010.


  • Éditorial : Femmes

    Au cours des siècles, notre perception des principaux protagonistes des conflits armés s'est formée sur la base de stéréotypes présentant les hommes comme les agresseurs et les femmes comme les témoins passifs et pacifiques. L'opinion publique et les médias reflètent communément cette victimisation des femmes, en les dépeignant généralement comme des victimes soi-disant passives des affrontements. Ces portraits poignants destinés à susciter la compassion se heurtent à une réalité qui est tout autre, car les femmes jouent aussi un rôle actif pendant et après les hostilités, en tant que personnalités politiques, combattantes, responsables d'organisations non gouvernementales, de groupes sociaux ou politiques, ou en faisant campagne pour la paix.

  • Editorial : Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

  • Editorial : Déplacement

  • Mécanismes et méthodes visant à mettre en œuvre le droit international humanitaire et apporter protection et assistance aux victimes de la guerre

    Cet article présente une vue d'ensemble des mécanismes permettant d'améliorer le sort des personnes touchées par les conflits armés. Certains sont fondés sur le droit international humanitaire, mais, de plus en plus, on voit une multiplicité d'acteurs contribuer à la mise en œuvre de ce droit en dehors du cadre prévu à l'origine. Il peut en résulter différentes façons de faire respecter le DIH : le recours aux tribunaux, la pression publique sur les parties à un conflit, voire la recommandation de l'usage de la force. Quoi qu'il en soit, une action humanitaire indépendante de toute visée politique est souvent le seul moyen d'améliorer la situation des victimes de conflits armés. (en français)

  • Éditorial - Victimes de la guerre

    Les guerres génèrent peut-être des vainqueurs et des héros, mais elles provoquent aussi des souffrances et des sacrifices. Une victime, au sens étymologique du terme, est en fait une créature vivante offerte en sacrifice lors de rites religieux. La traduction allemande du terme victime, « Opfer », reflète cette idée de souffrance et de sacrifice, qui garde son importance même dans des conflits armés qui n'ont pas de connotation religieuse. Contrairement à ce qui se passait au Moyen-Âge, où les guerres étaient bien définies, les conflits modernes – où la distinction entre combattants et civils est plus floue ou même délibérément ignorée – imposent souvent sacrifices et souffrances à toute la population. Les victimes de la guerre sont donc omniprésentes, de plus en plus reconnues, et souvent représentées par des organisations qui se font même concurrence pour attirer l’attention sur leur triste sort et dénoncer les injustices qu'elles subissent. Cela va encore plus loin : le sentiment d'appartenir à une communauté de victimes se fait jour dans les sociétés en proie à un conflit insoluble et devient un élément fondamental de la mémoire collective du conflit.

  • Éditorial - Typologie des conflits armés

    Le Human Security Report (Rapport sur la sécurité humaine) et l’Institut international de recherches pour la paix de Stockholm (SIPRI) ont fait part d’une diminution sensible du nombre et de la gravité des conflits armés depuis la fin de la Guerre froide. Cependant, il ressort de l’édition 2008 de l’étude Peace and conflict du Center for International Development and Conflict Management (Centre de développement international et de gestion des conflits) que cette tendance générale des conflits a ralenti. Différentes méthodes permettent d’évaluer et de qualifier les guerres, notamment d’un point de vue historique, comportemental, psychologique, économique, sociologique ou politique.

  • Éditorial - Participation directe aux hostilités

    De tout temps, les civils se sont livrés à des hostilités dans les situations de guerre. Lors du récent conflit à Gaza, une controverse a fait rage sur la question de savoir si Israël avait utilisé la force sans discrimination, car la majorité des victimes auraient été des civils désarmés. Israël s'est défendu en affirmant que la plupart des victimes étaient des combattants du Hamas ou des civils affrontant les forces israéliennes. Pendant la guerre en Irak, des milices et d’autres combattants sans uniforme ont défié la plus forte puissance militaire au monde. En Afghanistan, il est difficile de distinguer un Afghan pacifique d'un combattant taliban, ce qui provoque souvent la mort de civils. À Sri Lanka, un quart de million de personnes – des combattants des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) mêlés à la population civile – ont été piégées dans une zone de 250 kilomètres carrés au milieu d’intenses combats. Dans tout conflit interne, des insurgés travaillent dans leur ferme le jour et combattent la nuit. Les civils combattants qui redeviennent des fermiers pacifiques et demandent protection dans une sorte de chassé-croisé, entravent la capacité des forces armées d’opposition de réagir efficacement et risquent de les amener à porter des attaques mal ciblées ou arbitraires contre des civils.

  • Éditorial - Droits de l'homme

    Il ne fait aucun doute que le droit international humanitaire est étroitement lié au droit international des droits de l’homme. La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 devait à l’origine s’appliquer en temps de paix et n’a que peu influencé l’élaboration des Conventions de Genève adoptées un an plus tard. En revanche, l’article 75 du Protocole I de 1977 additionnel aux Conventions de Genève de 1949 a introduit des garanties fondamentales et même des normes de procédure découlant des traités relatifs aux droits de l’homme dans ce qu’on appelait – et qu’on appelle parfois encore – le «droit de la guerre». En dépit de leurs origines et évolution différentes, le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme «ont convergé, fusionnent relativement vite, et (…), dans de nombreux cas concrets, le régime des droits de l’homme définit l’orientation et les objectifs généraux de la révision du droit de la guerre», comme le souligne Gerald I.A.D. Draper, éminent chercheur et historien militaire.

  • Éditorial - Sanctions

    Les personnes consultées il y a quelques années dans de nombreux pays dans le cadre de l’enquête menée par le CICR ont estimé, dans leur très grande majorité, que certains actes de guerre sont d'une gravité telle qu’ils constituent des crimes de guerre et que leurs auteurs doivent être jugés et punis. L’exposition directe aux conflits armés et à la violence semblait aussi renforcer la conviction de ces personnes que les criminels de guerre doivent être punis. En outre, de l’avis exprimé par la majorité, il y a lieu d’incriminer les chefs militaires de la plupart des atrocités perpétrées car ce sont eux qui soumettent les soldats et les combattants à des pressions incroyables, les incitant à commettre toutes sortes d’exactions dans le but d’obtenir un avantage stratégique. Dans leurs commentaires, civils et porteurs d’armes cherchent à décharger les combattants, jeunes et mal entraînés, de la responsabilité des actes qu’ils commettent. Enfin il ressort clairement de cette consultation que la culture de la guerre – le non-respect chronique des normes éthiques et des traités de droit des conflits armés en particulier – a fait naître une exigence de justice chez les combattants et les non-combattants.

  • Éditorial - Conflit en Irak (I)

    L’Irak actuel correspond à l’ancienne Mésopotamie, berceau des civilisations et foyer de la célèbre culture sumérienne. Il y a un peu plus d’un millénaire, les califes abbassides dominaient l’une des plus grandes civilisations du monde où florissaient les arts, les sciences et les lettres. Il y a 30 ans encore, l’Irak était l’un des pays les plus riches de la région, son économie était prospère, sa population instruite et son système de soins de santé stable. Actuellement, le pays est largement dévasté. Dans les décennies à venir, l’Irak aura à payer le lourd tribut de la violence prolongée et du déclin économique. Même si le nombre de victimes occasionnées par le conflit commencé en 2003 peut être contesté, quelle que soit l’exactitude des chiffres, il ne fait aucun doute que des dizaines de milliers de personnes au moins ont été tuées et un nombre beaucoup plus élevé de personnes ont été blessées. La population a été terrorisée par les attaques perpétrées sans discrimination et par la prolifération de gangs criminels se livrant à des enlèvements, à des extorsions, à des vols et au pillage généralisé des biens publics. Par conséquent – et outre les effets directs de ces actes de terreur – les services de base (par exemple, soins de santé, éducation et services sociaux) ne sont guère fiables et bon nombre d’Irakiens vivent dans une pauvreté extrême. Il n’est donc pas surprenant qu'environ un Irakien sur cinq ait été déplacé à l’intérieur du pays ou ait fui le pays.

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