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Irak : activités du CICR en faveur des citoyens iraniens vivant à Ashraf

17-08-2009 Interview

Fin juillet, la police irakienne est entrée à Ashraf, à quelque 80 kilomètres au nord de Bagdad, où vivent plusieurs milliers de ressortissants iraniens. Il s'en est suivi une confrontation au cours de laquelle plusieurs personnes ont été tuées, blessées ou mises en détention. Explications de Juan-Pedro Schaerer, chef de la délégation du CICR en Irak.

 

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Juan-Pedro Schaerer, chef de la délégation du CICR en Irak 
          Comment décririez-vous la situation à Ashraf ?  

     

Le 28 juillet, le gouvernement irakien a mis en place une présence policière à Ashraf. Il incombe, en toute légitimité, à tout gouvernement de maintenir l'ordre public sur son territoire. Le CICR ne remet pas en cause la légitimité de la présence policière irakienne à Ashraf, et il n'est pas de son ressort de commenter cette présence.

Le CICR a visité Ashraf à plusieurs reprises l'an passé, mais il n'était pas présent pendant ou après les événements récents. Il n'est donc pas en mesure de confirmer le nombre de victimes dont il est fait état, ni de commenter les événements qui se sont produits à Ashraf depuis le 28 juillet.

  Quelle est votre réaction aux événements qui se sont récemment déroulés à Ashraf ?  

L'escalade de la violence et l'usage de la force sont des sources de préoccupation pour le CICR. Nous déplorons que des personnes aient été tuées ou blessées. Nous appelons toutes les parties concernées à faire preuve de modération et à respecter les règles applicables, en vertu desquelles il faut que les blessés aient notamment accès à des soins médicaux adéquats, que les conditions de détention des personnes arrêtées et le traitement qui leur est réservé soient conformes aux normes internationales, et que les corps des victimes soient pris en charge et inhumés dans la dignité.

  Qu'en est-il des habitants d'Ashraf qui auraient été arrêtés ?  

Dans le cadre des activités régulières qu'il mène dans les lieux de détention, le CICR a visité plusieurs personnes détenues en relation avec les événements récents. Tout habitant d'Ashraf qui est suspecté ou accusé d'avoir commis une infraction pénale doit bénéficier des garanties judiciaires prévues par le droit international et la législation irakienne.

  Certains ont reproché au CICR de ne pas en avoir fait assez face aux événements récents à Ashraf. Que leur répondez-vous ?  

Le rôle du CICR est de rappeler à toutes les parties concernées – qu'il s'agisse d'États ou d'autres entités – les obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire. À cet égard, l'institution n'a été ni passive, ni silencieuse sur les événements d'Ashraf ; bien au contraire, elle a maintenu un dialogue confidentiel sur le sort des habitants d'Ashraf avec toutes les autorités concernées et avec les ha bitants eux-mêmes. En particulier, le CICR a régulièrement rappelé aux autorités l'obligation qui leur incombe de respecter le principe de non-refoulement et de veiller à ce que les civils vivant à Ashraf (comme dans le reste du pays) aient accès aux biens essentiels, tels que la nourriture, l'eau et les soins médicaux.

Il est donc clair que même si le CICR ne s'est pas toujours exprimé publiquement, cela ne signifie pas pour autant qu'il est resté inactif.