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Angola : poursuite d'une opération d'envergure

20-06-2003 Point sur les activités

Ce rapport couvre les activités du CICR en Angola de janvier à avril 2003 : protection, assistance, lutte contre les mines, diffusion du droit international humanitaire et coopération avec les partenaires du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

  Protection : rétablissement des liens familiaux  

Le CICR a continué à tirer profit des circonstances opportunes qui ont suivi les accords de paix d’avril 2002. Il a donc eu accès à un nombre croissant de zones ravagées par le conflit et a pu développer considérablement ses activités de rétablissement des liens familiaux en coopération avec la Croix-Rouge angolaise (CVA). Le CICR a ainsi aidé cette dernière à consolider et à amplifier sa présence, si bien qu’à fin avril 2003, la CVA disposait de 145 petits bureaux dans les 18 provinces du pays. Durant les quatre premiers mois de cette année, près de 51 000 messages Croix-Rouge ont été échangés grâce à ce réseau, contre quelque 80 000 pour toute l’année 2002.

Pendant la même période, 1 920 personnes ont déposé des demandes de recherche (afin que le CICR les aide à retrouver leurs proches), et 148 enfants non accompagnés ont été enregistrés (1 223 depuis février 2002). Les nouvelles technologies, comme les appareil photo numériques, facilitent la tâche des délégués du CICR qui recherchent la famille des enfants. Depuis début 2003, 86 enfants ont pu rejoindre leur famille (ce qui fait un total de 371 depuis le début de cette action en 2002). Plus de 700 cas sont encore en cours de traitement.

En mars, le CICR a apporté un solide appui aux activités de rétablissement des liens familiaux en publiant la Gazeta , une liste de personnes dont on est sans nouvelles et d’enfants à la recherche de leurs parents ou de membres de leur famille (un total de plus de 3 200 noms). On espère que la Gazeta aidera les familles et les enfants à rétablir avec leurs proches des liens brisés depuis longtemps. Quelque 1 600 exemplaires ont été distribués en Angola, en Zambie, en République démocratique du Congo et en Namibie. Il est possible également de consulter la liste sur le site Web du CICR . C’est la première fois que le CICR publie une liste de personnes disparues en Afrique.

  Protection : détention  

De janvier à avril, le CICR a réalisé 21 visites de détenus dans 14 lieux de détention.

  Assistance : agriculture et sécurité alimentaire  

Les programmes d’agriculture et de sécurité alimentaire du CICR sont maintenant limités à la province de Huambo. Depuis le début 2003, les activités d’assistance se sont concentrées sur les besoins des personnes rentrant chez elles, souvent après des années de déplacement. Cependant, une aide alimentaire et non alimentaire a également été distribuée à plus de 1 000 familles nécessiteuses qui n’ont pas été déplacées. Quelque 17 000 familles ayant regagné leur foyer (environ 68 000 personnes) ont reçu une assistance non alimentaire et deux rations alimentaires – mesure destinée à éviter qu’ils se trouvent dans l’obligation de consommer leurs réserves de semences.

En avril, un programme d’assistance de trois mois a été lancé dans l’ouest de la province de Huambo (municipalité d’Ukuma), en faveur d’anciens déplacés. Fin avril, plus de 7 300 familles (22 000 bénéficiaires) avaient reçu des rations alimentaires et une assistance non alimentaire.

  Assistance : santé et nutrition  

Le CICR en Angola travaille en étroite collaboration avec le ministère de la Santé, en fournissant de l’assistance à 12 centres de santé primaire dans les provinces de Huambo, Bié et Uige. Près de 215 000 personnes ont accès aux soins médicaux dans ces centres, et durant les quatre premiers mois de 2003, plus de 76 000 consultations ont été données. Mi-mars, le CICR a commencé à fournir des médicaments de base et du matériel médical à cinq centres de santé de Jamba et Kuvango (province de Huila). Plus de 57 000 personnes bénéficient des soins de ces centres et 3 600 consultations ont été données en avril seulement.

Près de 400 séances d’éducation sanitaire ont été organisées par le CICR durant la même période.

Le CICR continue à soutenir le service de pédiatrie de l’hôpital central de Huambo où, depuis janvier, 8 370 patients ont été admis. Un plan a été établi avec les autorité pour faciliter le transfert progressif des responsabilités administratives aux autorités et au personnel locals.

  Assistance : eau et assainissement  

Dans les provinces de Huambo et Bié, cinq stations de captage d’eau de source ont été rénovées et deux nouvelles stations ont été construites, qui devraient bénéficier à quelque 15 000 personnes. La population reçoit des cours de formation pour l’entretien de ces installations. Un point de distribution d’eau a été construit au centre de santé de Chipeta, dans la province de Bié.

Le CICR fournit une assistance technique destinée à améliorer les conditions d’hygiène dans plusieurs camps pour personnes déplacées, dans les provinces de Huambo et Bié. De janvier à mars, 328 latrines ont été construites ou rénovées dans dix camps.

Début mars, le CICR et les autorités ont signé un accord concernant le projet d’approvisionnement en eau de Caala, qui garantira l’accès à l’eau potable à plus d e 30 000 personnes.

  Lutte contre les mines : aide aux victimes  

Le CICR soutient trois centres de réhabilitation du ministère de la Santé, situés à Luanda, Huambo et Kuito, assistant ainsi 3 000 personnes handicapées venant de sept provinces. Depuis le début du programme orthopédique du CICR en Angola, plus de 15 000 amputés ont été appareillés. La production annuelle de prothèses des membres inférieurs dépasse les 2 000 unités.

L’assistance fournie couvre le soutien technique et financier à ces centres orthopédiques, y compris la fabrication et l’appareillage de prothèses, ainsi que la fabrication de béquilles et la distribution de chaises roulantes. Tous ces services, y compris la physiothérapie, le transport et l’hébergement, sont gratuits. Depuis janvier 2003, 538 patients (dont 406 victimes de mines) ont été appareillés, et 982 paires de béquilles ont été distribuées dans ces centres de réhabilitation.

  Lutte contre les mines : prévention  

Le CICR appuie le programme de prévention contre les dangers des mines de la Croix-Rouge angolaise (CVA) dans les provinces de Bié et Benguela. Il s’attache à renforcer les capacités de la CVA, afin qu’elle puisse mener à bien des activités de sensibilisation et garantir que l’information sur les dangers des mines et des munitions non explosées soit partagée par les communautés et les organisations humanitaires. Dix-huit volontaires de Benguela – où un programme de prévention contre les dangers des mines a été lancé – ont participé à un séminaire à Luanda en mars. Une formation similaire est prévue pour vingt volontaires de la province de Bié.

  Coopération : travailler en tant que Mouvement  

Durant les quatre premiers mois de 2003, des mesures ont été prises pour une meilleure coopération institutionnelle entre le CICR, la CVA et la Fédération internationale. Des réunions d’information et de coordination sont organisées mensuellement et l’accent est mis sur le renforcement des capacités de la Société nationale.

Le CICR et la CVA se sont appliqués à accroître l’efficacité des activités de rétablissement des liens familiaux (145 bureaux Croix-Rouge sont soutenus par le CICR), et à élaborer un accord de coopération dans le domaine de la sensibilisation aux dangers des mines.

Le CICR a aussi apporté un soutien logistique à la CVA pour la distribution de 4 500 paquets d’habits usagés donnés par la Croix-Rouge finlandaise. En outre, il a travaillé avec des volontaires de la CVA dans le cadre d’un programme de promotion de la santé et de l’hygiène dans les provinces de Huambo, Bié et Uige.

Les Croix-Rouges françaises et espagnoles développent aussi des projets en Angola.

  Diffusion du droit international humanitaire  

Le CICR s’emploie à la diffusion du droit international humanitaire et des principes du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, auprès des membres des forces armées, de la police, des autorités et de la société civile. Cette activité est réalisée par le biais de séances formelles de diffusion (pour 235 membres des forces de sécurité de janvier à avril 2003), ou de façon plus informelle, par exemple par des pièces de théâtre (pour 8 550 personnes en 2003). Le message de la Croix-Rouge est aussi diffusé régulièrement dans des programmes radio à Luanda, Huambo et Kuito.

  Le CICR en Angola, 2002 : principaux faits et chiffres  

Grâce aux accords de paix de 2002, les organisations humanitaires ont eu accès à de vastes régions du pays qui avaient été isolées pendant de nombreuses années. Cette ouverture a dévoilé de gigantesques besoins au sein de la population. Le CICR s’est efforcé d’y répondre par toute une gamme d’activités :

  •   Rétablissement des liens familiaux : distribution de plus de 80 000 messages Croix-Rouge ; création de 118 nouveaux bureaux ; ouverture de près de 4 000 demandes de recherche ; enregistrement de plus de 1 000 enfants non accompagnés – dont plus d’un quart ont été réunis avec leur famille.

  •   Détention : 48 visites dans 25 lieux de détention.

  •   Assistance : plus de 11 000 familles ont bénéficié d’une assistance alimentaire régulière dans les provinces de Bié et Huambo ; des semences et des outils ont été distribués à 17 000 familles pour faciliter leur retour à la vie normale.

  •   Santé : une assistance considérable a été fournie à l’hôpital central de Huambo (quelque 30 000 personnes en bénéficient) et à 11 centres de santé dans les provinces de Huambo, Bié et Uige ; le programme de prévention contre le sida a touché un public d’environ 300 000 personnes ; des centres de santé ont été rénovés et des latrines ont été construites.

  •   Handicapés de guerre/lutte contre les mines : soutien à trois centres orthopédiques du gouvernement où plus de 1 500 victimes de mines ont été appareillés ; lancement d’un programme de prévention contre les dangers des mines (l’Angola est un des pays du monde les plus infestés par les mines).

  •   Droit de la guerre : diffus ion du droit international humanitaire, surtout aux membres des forces armées et de la police.