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Irak : « Nous avons un engagement vis-à-vis de ce pays »

13-08-2003

Endeuillé par la mort d'un de ses collaborateurs, abattu au sud de Bagdad en juillet – le deuxième à avoir été tué en Irak depuis avril –, le CICR s'est engagé dans un examen approfondi des raisons qui ont pu motiver l'attaque, avec un souci primordial : maintenir, dans toute la mesure du possible, son engagement et ses activités humanitaires dans le pays.

Voir le communiqué de pressehommage du 22 juillet et l'rendu au collaborateur du CICR, Nadisha Yasassri Ranmuthu.

Le CICR maintient une présence constante et active en Irak depuis 1980. Ces derniers mois, il a travaillé sans relâche à mettre en place une opération de grande envergure visant à apporter protection et assistance aux Irakiens épuisés par les années de guerre, les sanctions et les tensions internes.

Il a visité des prisonniers de guerre et d'autres détenus dans plus de 30 lieux de détention de tout le pays, et mis en place des mécanismes visant à gérer le nombre de plus en plus élevé de demandes émanant des familles qui attendent désespérément de recevoir des nouvelles de leurs proches portés disparus.

Dans le même temps, plus de 20 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont apporté leurs compétences et leur soutien matériel et financier à différents projets essentiels, en particulier dans les domaines de la santé et de l'hygiène, domaines dans lesquels le CICR a acquis une vaste expérience tout au long de ses années de présence en Irak (voir le point sur les activités du 22 juillet).

  Se remettre du choc  

Le meurtre de Nadisha Yasassri Ranmuthu a eu pour effet immédiat – comme c'est toujours le cas dans des circonstances aussi tragiques que celles-ci – de suspendre les opérations pendant quelques jours pour que l'équipe du CICR (composée de 700 collaborateurs irakiens et de 130 expatriés) puisse se remettre du choc. Une mission à haut niveau a été envoyée depuis Genève pour lui apporter son soutien et entreprendre cet exercice difficile que constitue l'analyse des raisons possibles de cette attaque et de la façon dont les activités pourraient être poursuivies tout en assurant la sécurité du personnel.

« C'est une expérience extrêmement pénible pour toutes les personnes concernées : elles sont confrontées à la douleur qu'il faut surmonter et leurs pensées sont tournées vers la souffrance des parents de Nadisha, de sa femme et de sa fille, de ses amis et collègues à Sri Lanka et ailleurs », a déclaré Pierre Krähenbühl, directeur des opérations du CICR.

« Nous sommes inquiets pour notre collègue irakien qui a été blessé lors de cette même attaque, pour son rétablissement. En même temps, nous sommes profondément conscients de toutes les privations et de tous les dangers auxquels la population locale doit faire face et de tout ce qui doit être fait pour lui venir en aide. Finalement, ce sont les Irakiens qui, les premiers, souffrent de l'insécurité qui règne dans le pays. »

« Il faut néanmoins procéder à un examen minutieux de ce qui s'est passé, car nous devons comprendre comment, tout en étant réalistes, nous pouvons poursuivre, d'une façon ou d'une autre mais sans relâcher nos efforts, les activités engagées. C'est cela qui est essentiel aujourd'hui pour beaucoup de gens en Irak, a ajouté Pierre Krähenbühl. Il n'y a peut-être pas de catastrophe humanitaire imminente, mais les besoins sont énormes et l'expérience d'autres situations nous a montré combien la contribution du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge peut être importante. »

     

  Les recherches restent prioritaires  

 
ICRC
 

 

Le travail a repris, sur fond de règles de sécurité plus strictes et avec un personnel temporairement réduit. Les visites aux détenus et le travail énorme que représente la gestion des demandes de recherche de proches disparus restent prioritaires. Ces activités seront poursuivies, car le CICR a une responsabilité importante envers les centaines de personnes qui, tous les jours, se présentent dans ses bureaux, dans tout le pays. Les activités eau et habitat ont également été reprises, à un moindre niveau cependant.

Mais avant de pouvoir déterminer les répercussions à long terme, il faudra, dans les prochaines semaines, conclure l'analyse des faits et de leurs causes. Des questions telles que la façon dont le CICR est perçu par les différents acteurs et par la population dans son ensemble sont examinées ; on s'efforcera de mieux comprendre ce qui s'est passé en parlant avec des personnes représentant un large échantillon de la société irakienne.

« Il n'y a pas eu de signes de menaces à l'encontre du CICR ou de nos partenaires au sein du Mouvement, a indiqué Pierre Krähenbühl. Nous devons concentrer nos efforts pour faire en sorte d'être connus et perçus comme une organisation humanitaire tou t à fait neutre, dont l'action est indépendante de tous les acteurs politiques ou militaires présents en Irak. Nous avons un engagement vis-à-vis de ce pays et nous sommes déterminés à y poursuivre notre action. »

Voir également l'hommage rendu à Vatche Arslanian , tué à Bagdad le 8 avril 2003.