Comité international de la Croix-Rouge

Nouvelle flambée d’Ebola en RDC : lutte contre le virus sur fond de conflit armé

Article 14 août 2018

Pour la deuxième fois en l'espace de quelques mois, Ebola frappe à nouveau la République démocratique du Congo. Aujourd'hui, le virus meurtrier menace le Nord-Kivu, une province ravagée par un conflit armé et par la violence, ce qui risque de rendre cette nouvelle flambée encore plus dévastatrice.

« Cela compliquera d'autant plus nos opérations que celles-ci ont pour toile de fond une région en proie aux conflits armés depuis une vingtaine d'année », explique Hanna Leskinen, porte-parole du CICR. « Les gens se déplacent en permanence, au gré des vagues de violences successives qui les obligent à fuir. Cela complique énormément la recherche et le suivi des personnes infectées. »

Les environs de Beni et de Mangina – l'épicentre de cette nouvelle flambée – sont presque totalement encerclés par des groupes armés. Le CICR, en étroite collaboration avec la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, lutte pour stopper la propagation du virus et empêcher qu'il n'atteigne les zones contrôlées par les groupes armés.

L’épidémie d’#Ebola qui frappe le Nord-Kivu, en #RDC pourrait être dévastatrice pour les communautés.

Voici pourquoi : pic.twitter.com/JtmkZaVbWP

— CICR (@CICR_fr) August 11, 2018

Dans l'immédiat, l'équipe Croix-Rouge met tout en œuvre pour que les personnes ayant succombé au virus soient enterrées en toute sécurité et dans la dignité. C'est juste après le décès qu'Ebola est le plus contagieux. D'où l'importance des procédures de sécurité pour la gestion des dépouilles en cas de suspicion d'Ebola, si l'on veut stopper sa propagation. Ces derniers jours, l'équipe d'intervention a formé 48 volontaires locaux originaires de Beni et de Mangina aux procédures de sécurité pour l'enlèvement et l'inhumation des dépouilles de personnes dont on présume qu'elles ont succombé à Ebola.

L'équipe Croix-Rouge fait aussi de la prévention auprès des communautés, tout en s'employant à améliorer les systèmes d'eau et d'assainissement, en particulier dans les prisons, et à apporter son soutien aux hôpitaux et aux structures médicales, notamment grâce à la mise en place de mesures de prévention et de contrôle de l'infection.

« Les habitants de la partie septentrionale de la province du Nord-Kivu subissent déjà les effets des conflits armés depuis des années. Nous sommes très inquiets de l'impact dévastateur qu'une épidémie d'Ebola pourrait avoir sur ces communautés fragilisées », déclare Nicolas Lambert, chef adjoint de la délégation du CICR en RDC et responsable de l'équipe d'intervention déployée pour lutter contre le virus Ebola