En finir avec le discours binaire sur le genre : ouvrir de nouvelles voies pour des actions humanitaires dans le domaine des violences basées sur le genre

09 septembre 2015 Chris Dolan

Bien que dans certains milieux, il soit de plus en plus reconnu que les femmes et les jeunes filles ne sont pas les seules victimes des violences sexuelles, lesquelles ne sont d’ailleurs pas la seule forme de violences basées sur le genre (VBG), cette prise de conscience n'est pas encore suffisamment prise en considération dans les stratégies et pratiques de la communauté humanitaire.
Les approches dominantes relatives aux VBG, telles que générées et exprimées par le discours international, tant sur le plan humanitaire qu’au regard du développement, et telles qu’intégrées dans les stratégies et politiques lors de crises à travers le monde, ont amélioré les réponses humanitaires apportées aux femmes et aux jeunes filles victimes. Elles ont aussi partiellement ouvert les yeux de certains qui refusaient de voir la réalité, générant ainsi un débat politique et des actions visant à prévenir de telles violences. Le Sommet mondial pour mettre fin aux violences sexuelles dans les conflits qui s’est tenu à Londres, en juin 2014, à l’initiative de William Hague, ministre des Affaires étrangères, et d’Angelina Jolie, icône de la culture pop, souligne l’attention sans précédent acquis par ce sujet sur la scène internationale.
Pour que les approches humanitaires classiques améliorent significativement l’efficacité de la prévention, atténuent et répondent aux VBG, la priorité accordée aux violences sexuelles en 2005 ne peut pas être abandonnée. Mais la diversité des victimes désormais reconnues et traitées comme telles, devrait être plus inclusive - de façon la plus urgente pour les hommes, les lesbiennes, les gays, les bisexuels, les transgenres et les intersexes (LGBTI) – et plusieurs formes de VBG non sexuelles doivent aussi retenir l’attention du monde humanitaire.

Au sujet de l'auteur

Chris Dolan
Directeur du projet de loi sur les réfugiés

Chris Dolan a beaucoup travaillé comme universitaire, praticien et militant en faveur des réfugiés, des déplacés internes (PDI) et d'anciens combattants dans des contextes de conflits et de post-conflit en Afrique subsaharienne. En tant que Directeur du projet de loi sur les réfugiés ("the Refugee Law Project"), un projet de diffusion émanant d'une université en Ouganda travaillant avec des réfugiés et des PDI dans la région des Grands Lacs, il a mis en place une programmation nouvelle destiné aux hommes victimes de violences sexuelles liées aux conflits, tout en travaillant, en parallèle, auprès des femmes victimes et en appelant l'attention sur les besoins spécifiques des réfugiés lesbiennes, gays, bisexuels, transgenre et intersexe. Il a conduit de vastes consultations auprès des Nations Unies et d'organisations non gouvernementales sur le même sujet.