Incidents nucléaires, radiologiques, biologiques ou chimiques : le cadre de la réponse humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge

Élaborer une réponse humanitaire internationale efficace à un incident nucléaire, radiologique, biologique ou chimique (NRBC), en particulier si cette réponse est menée sur une base ad hoc, serait extrêmement difficile et exposerait les intervenants à de nombreux risques. Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) a développé une capacité d'intervention fondée sur les compétences afin, au moins, de répondre aux incidents de type NRBC à petite échelle, y compris une capacité de déploiement pour entreprendre des activités opérationnelles. Ceci suppose une évaluation approfondie des risques NRBC, des décisions sensées et en temps opportun sur la façon de réagir, ainsi qu'une mobilisation efficace des ressources appropriées afin de mettre en œuvre ces décisions, par la création d'un répertoire d'urgence. En plus de l'acquisition d'une expertise technique et de ressources matérielles, la création d'une telle capacité requiert des processus centralisés permettant de veiller à la gestion méthodique de la réponse NRBC (incluant une prise de décision fondée sur les risques), des procédures opérationnelles permanentes ainsi que la disponibilité et l'accès aux ressources nécessaires. La mise en œuvre de la stratégie du CICR dans sa réponse au NRBC, telle que décrite dans cet article, devrait être prise en considération par toute organisation ou tout autre acteur se préparant à une assistance internationale humanitaire en cas d'incidents de type NRBC – en particulier lorsque ces événements surgissent lors d'un conflit armé.

Au sujet des auteurs

Dr Gregor Malich
Ancien responsable du Programme de réponse opérationnelle NRBC du CICR

Dr Gregor Malich est l’ancien responsable du Programme de réponse opérationnelle NRBC du CICR. Dans le cadre de ses fonctions, il était en charge de l’élaboration et de la mise en œuvre de la stratégie du CICR face au risque NRBC tout en assurant la gestion de la réponse du CICR lors d’incidents de type NRBC. Il est ingénieur et titulaire t d'un doctorat portant sur les méthodes d’évaluation des sites contaminés. Il dispose d'une large expérience dans la gestion des programmes techniques et de développement tant pour le secteur privé que pour les organisations internationales. Gregor Malich travaille maintenant pour l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

Robin Coupland
Ancien chirurgien de terrain et ancien conseiller médical du CICR

Dr Robin Coupland était auparavant chirurgien de terrain pour le CICR et il fut, pendant plusieurs années, le conseiller médical du CICR sur les questions de politiques générales liées à l’impact des armes et de la violence sur la santé des populations. Il joua un rôle clé dans le développement de la capacité de réponse systématique du CICR face aux incidents de type NRBC.

Steve Donnelly
Conseiller technique NRBC au sein de l’Unité contamination par les armes du CICR

Steve Donnelly travaille actuellement au CICR comme conseiller technique NRBC au sein de l’Unité contamination par les armes. Précédemment, il occupa notamment d'importantes responsabilités au sein d'un établissement NRBC d’un gouvernement national. Son travail a principalement porté sur le développement de procédures et de doctrines afin de répondre aux incidents de type NRBC, tant au niveau national qu’international.

Dr Johnny Nehme
Chef du secteur NRBC au sein de l’Unité contamination par les armes du CICR

Dr Johnny Nehme dirige actuellement le secteur NRBC au siège du CICR, au sein de l’Unité contamination par les armes, en renforçant la réponse opérationnelle NRBC pour le CICR. Il est titulaire d'un doctorat en sciences biomédicales et a travaillé pendant plusieurs années au Commissariat français à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, étudiant les effets des rayonnements ionisants sur les cellules sanguines souches. Après cette expérience académique, Johnny Nehme a travaillé comme délégué du CICR sur le terrain pendant cinq ans.