Les guerres asymétriques vues sous l’angle du droit humanitaire et de l’action humanitaire

Les tragiques événements du 11 septembre 2001 sont le symbole même d'une situation que le CICR rencontre dans de nombreuses zones de conflit sur tous les continents, à savoir la « guerre asymétrique ». Les belligérants sont inégaux, ils ont des buts distincts et ils emploient des méthodes différentes dans l'application de leurs tactiques et stratégies.

Les parties belligérantes disposent de moyens de plus en plus inégaux et le principe de l'égalité des armes ne s'applique pas à elles. La partie militairement la plus faible est tentée de recourir à des méthodes de guerre illicites pour contrer la puissance de l'adversaire. L'espoir de la réciprocité, en tant que motivation fondamentale pour respecter le droit, est souvent trahi et remplacé par un comportement perfide, les opérations occultes prennent le pas sur les batailles ouvertes, des « règles spéciales » sont élaborées pour les « situations spéciales ».

La lutte contre le terrorisme international semble constituer l'épitomé de ce type de méthode de guerre. Les « considérations élémentaires d'humanité », telles que les consacre l'article 3 commun aux Conventions de Genève de 1949, constituent des règles universellement contraignantes pour toutes les parties – même si celles-ci sont inégales et asymétriques – à une situation de violence armée, quelle qu'elle soit.

En outre, des attent ats récents contre des organisations humanitaires ont montré que l'assistance humanitaire peut desservir les intérêts des belligérants ou, pire encore, que les attaques contre le personnel humanitaire sont parfois du nombre des visées des parties en conflit.

Les acteurs humanitaires doivent être conscients de cette réalité et adapter leurs méthodes de travail de façon à pouvoir continuer de fournir une assistance impartiale, fondée uniquement sur les besoins des victimes de la violence armée.

Au sujet de l'auteur

Toni Pfanner
Ancien rédacteur en chef de la Revue internationale

Dr. Toni Pfanner était rédacteur en chef de la Revue internationale de la Croix-Rouge du début de l'année 2002 jusqu'à la fin de 2010.