Soigner les victimes de violences sexuelles, une organisation face à ses limites : le cas de Médecins Sans Frontières

Au cours de la décennie écoulée, Médecins Sans Frontières (MSF) a dispensé des soins médicaux à près de 118 000 victimes de violences sexuelles. Il s’est avéré complexe, en raison de divergences internes d’intégrer les soins à ces victimes dans l’aide médicale générale offerte par MSF aux populations affectées par des crises et des conflits, et ceci demeure encore un enjeu majeur. En effet, des débats demeurent à propos du rôle de MSF dans les soins apportés aux victimes de violences sexuelles, au regard des multiples défis inhérents à de tels actes. Un aperçu de l’expérience de MSF et de ses analyses sur ce sujet vise d’une part à partager avec le lecteur la complexité de ces questions et, d’autre part, à souligner la nécessité de continuer à lutter pour fournir des soins de santé appropriés aux victimes de violences sexuelles, ce qui, en dépit des difficultés, demeure indispensable.

Au sujet des auteurs

Françoise Duroch
Chargée de recherches à la Direction Générale de la section suisse de MSF

Françoise Duroch est titulaire d’un master en histoire, en droit et en droits de l’homme et est docteur en sciences de l’éducation (université de Lyon 2). Elle était directrice de recherche au sein de l’unité de recherches sur les enjeux et pratiques humanitaires de MSF Suisse. Responsable du projet « Les soins de santé dans la ligne de mire » à MSF International au moment de la parution de cet article, elle est actuellement chargée de recherches à la Direction Générale de la section suisse de MSF. Elle travaille sur les questions de violences sexuelles depuis 2001.

Catrin Schulte-Hillen
Coordinatrice à MSF

Catrin Schulte-Hillen est sage-femme et titulaire d’un master en santé publique, d’une licence en épidémiologie appliquée et en statistiques, ainsi que d’un diplôme universitaire d’administration des affaires. Elle travaille pour MSF depuis 1989, où elle a occupé différents postes, à la fois sur le terrain et au siège. Depuis 2011, elle coordonne le groupe de travail de MSF sur la santé reproductive et les soins aux victimes de violences sexuelles.