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Débat sur le droit, la politique et l'action humanitaires : protection des victimes des conflits armés selon le droit islamique et le droit international humanitaire

26-09-2006 Éclairage

Conformément au mandat qui lui est conféré par la communauté internationale, le CICR s'efforce de protéger et d'aider les victimes des conflits armés et d'autres formes de violence, indépendamment de leur nationalité, de leur origine ethnique, de leurs croyances religieuses et de leurs opinions politiques.

     

     
   
Siyar : droit islamique de la guerre
    Siyar est le pluriel de sira, qui signifie biographie, histoire ou conduite. Les spécialistes du droit islamique (fiqh) ont introduit siyar, terme technique qui désigne l’ensemble des règles régissant les relations entre les mondes musulman et non musulman (États et individus inclus).
    L'école Hanafi (un des quatre grands rites de l'islam sunnite) a été la première à codifier les règles de la guerre avec l'œuvre de Mohammad Ibn al-Hassan al-Shaybani (748-804 apr. J.-C), l'auteur des traités al-siyar al-saghir (petit siyar) et and al-siyar al-kabir     (grand siyar).
    Un autre spécialiste célèbre du droit islamique, I’imam al-Awza’i (707-774 apr. J.-C), qui a fondé son propre rite, a lui aussi apporté sa contribution aux traités siyar.
    Malgré leurs divergences, les auteurs des siyar ont élaboré un droit islamique complexe de la guerre qui établit les règles régissant, par exemple, le traitement des personnes et des biens ennemis. En affirmant le principe d'humanité dans la guerre, al-Shaybani et al-Awza’I ont contribué à l’élaboration du droit moderne des conflit armés.       
           
 

Plus de la moitié des opérations actuelles du CICR sont réalisées pour secourir les victimes des conflits armés dans le monde musulman – qu’il s’agisse de prisonniers, de personnes déplacées, de familles de détenus ou d’autres personnes ayant besoin d'aide. Dans les régions concernées, certains conflits durent depuis des décennies, tandis que d'autres ont éclaté plus récemment, en particulier les conflits « asymétriques » entre des groupes armés qui dirigent, sans discrimination, des attaques contre des civils et des États menant une « guerre contre le terrorisme ». Les conflits de ce type présentent de grandes difficultés pour les organisations humanitaires indépendantes et neutres. Dans le cas du CICR, ils ont suscité la méfiance à l'égard de ses activités et de son emblème.

Parallèlement à cela, des discussions en cours sur les origines du droit humanitaire ont mis en lumière le fait que cette branche du droit est un ensemble universellement accepté de règles qui reflètent les valeurs de civilisations, cultures et croyances religieuses différentes, celles de l'islam notamment, à la fois comme religion et comme civilisation se prévalant d'un système juridique complexe et d'une portée étendue.

Afin de relever les défis du XXIe siècle, et en particulier faire face à l'influence croissante de la religion sur la politique, les conflits armés et la vie quotidienne, le CICR a intensifié son dialogue avec les intellectuels, les universitaires et les érudits dans diverses parties du monde musulman, l'objectif étant de jeter les fondements d'une plus grande compréhension mutu elle, de dissiper les idées fausses et de trouver un terrain d'entente pour protéger la dignité humaine dans les conflits armés.

Du 30 septembre au 2 octobre 2004, le CICR a organisé une conférence internationale en coopération avec l'Université islamique internationale d'Islamabad sur les points communs et les différences entre le droit islamique et le droit international humanitaire. Assistaient à cette rencontre étalée sur trois jours des représentants de toutes les grandes écoles coraniques du Pakistan et des spécialistes de l'Afghanistan, de l'Arabie saoudite, du Bangladesh, de l'Égypte, de l'Inde, de l'Indonésie, de la Malaisie, du Soudan et de la Syrie.

  • Du 24 au 25 avril 2005, à Aden, ville portuaire du sud du Yémen, le CICR, le Croissant-Rouge du Yémen et l'Université d'Aden ont organisé un séminaire sur la protection des victimes de la guerre selon le droit islamique et le droit international humanitaire. Une quarantaine de spécialistes, d'universitaires, de députés et de dignitaires religieux yéménites ont participé à ce séminaire.

  • Les 25 et 26 avril 2006, le CICR et l'Université Qarawiyyin de Fès (Maroc) ont tenu un séminaire sur la protection des civils dans les conflits armés selon le droit islamique et le droit international humanitaire.

  • Édition spéciale sur la religion, Revue internationale de la Croix-Rouge vol. 87, n° 858 juin 2005.