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Philippines : communautés à bout de souffle après des mois de déplacement à Zamboanga

03-07-2014 Communiqué de presse 14/115

Genève / Manille (CICR) - Neuf mois après la fin des combats dans la ville de Zamboanga entre une faction du Front moro de libération nationale et les forces gouvernementales, 40 000 personnes déplacées n’ont toujours pas pu regagner leurs foyers, et vivent dans des conditions difficiles, entassées dans des centres d'évacuation ou hébergées par des proches et largement dépendantes de l'assistance humanitaire.

Plus de neuf mois après le conflit, plus de 10 000 personnes vivent encore dans le complexe sportif Joaquin Enriquez - le plus grand centre de déplacés de Zamboanga.

CC BY-NC-ND / CICR / M. R. Hassan

De nombreuses personnes déplacées ont été plongées dans la pauvreté avant même d’avoir été privées de leurs maisons et de leurs maigres biens par les affrontements de septembre 2013.

« Des progrès ont été accomplis pour reloger nombre de personnes déplacées dans des sites transitoires autour de la ville », déclare Pascal Mauchle, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) aux Philippines. « Néanmoins, il faut redoubler d’efforts pour que des services tels que l'approvisionnement en eau et l'assainissement soient mis à disposition avant de transférer les personnes dans ces sites transitoires d’autant plus que le début de la saison des pluies infligera des épreuves supplémentaires à une population déjà vulnérable. »

Les mauvaises pratiques d'hygiène et les installations inadaptées des centres d'évacuation le long du rivage à Cawa-Cawa et dans le complexe sportif Joaquin Enriquez qui abritent encore 17 000 déplacés, favorisent la propagation de la maladie.

En collaboration avec la Croix-Rouge philippine et avec les services des eaux locaux, le CICR améliore le système d’approvisionnement en eau et les installations sanitaires des différents centres d'évacuation et sites transitoires. Ces derniers mois, l'institution a également cherché à renforcer la résilience de la communauté déplacée grâce à des projets « argent contre travail » et une aide en espèces (sans conditions), au profit de quelque 50 000 personnes.

« Ces personnes luttent chaque jour pour arriver à joindre les deux bouts. Elles ne savent pas quand elles pourront reprendre une vie normale, et cette situation pèse lourdement sur une communauté déjà à bout de souffle », précise Gareth Gleed, responsable des activités du CICR à Zamboanga.

Dora Kasim, a bénéficié d’une allocation d’aide en espèces, et raconte l'épreuve endurée par sa famille : « Nous vivions de la culture des algues, mais lorsque les combats ont éclaté nous avons dû fuir et quitter notre maison et nos biens. » Une fois de retour avec ma famille dans le village côtier, il ne restait plus rien. « J'étais dans un état second », dit Dora. « N’ayant pas d’argent, nous dépendions de l’aide pour nourrir nos enfants. Nous avons reçu de l'argent du CICR et l’avons utilisé pour acheter des algues et un nouveau bateau à rame. »

La famille de Dora est parvenue lentement à rétablir ses moyens de subsistance, mais elle ne veut pas être relogée loin de sa ferme et de l'école des enfants car la famille ne peut pas payer le transport. « Il nous faut choisir entre nourrir nos enfants et payer le transport public. Nous ne pouvons pas faire les deux », explique-t-elle.

Dans l’espoir d'améliorer la situation sanitaire générale, le CICR procède à la rénovation des structures de santé touchées par les combats et achemine des médicaments, d'autres secours, et apporte un soutien technique et financier aux autorités sanitaires locales et au centre médical de Zamboanga.

En mai, le CICR a mis en place un programme nutritionnel destiné aux enfants mal nourris âgés de moins de cinq ans, ainsi qu’aux femmes enceintes et qui allaitent, afin de réduire le nombre de décès évitables. À ce jour, 225 enfants et 32 femmes sont suivies au titre de ce programme. De plus, des salles polyvalentes sont construites dans trois centres d'évacuation pour mener à bien les activités en matière de promotion de l'hygiène, de la nutrition et des soins de santé.
 

Informations complémentaires :
Soaade Messoudi, CICR Manille, tél. : +63 918 9072125
Allison Lopez, CICR Manille, tél. : +63 908 868 6884
Ewan Watson, CICR Genève, tél. : +41 22 730 33 45 ou +41 79 244 64 70