Liban : Les familles de disparus n’ont que trop attendu

31 août 2016
Liban : Les familles de disparus n’ont que trop attendu
Une mère montre une photo de sa fille qui a disparu durant la guerre civile, durant la commémoration organisée par le CICR à l'occasion de la Journée des personnes disparues, le 30 août.

Beyrouth (CICR) – Une conférence sur le sort des milliers de personnes qui sont toujours portées disparues depuis la guerre civile libanaise s'est tenue aujourd'hui. Elle était organisée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les autorités libanaises, à l'occasion de la Journée internationale des personnes disparues. Y ont participé des représentants des principaux ministères, des forces armées libanaises et des forces de sécurité intérieure, ainsi que des magistrats, des experts légistes et des parlementaires.

« Cette conférence est une initiative positive, un pas en avant qui illustre la préoccupation du gouvernement libanais quant au sort des disparus », se félicite Marco Succi, chef adjoint de la délégation du CICR à Beyrouth. « Mais il est essentiel, maintenant, que le gouvernement se montre aussi plus déterminé à résoudre ce problème. Pour cela, il faut que le Cabinet autorise les forces de sécurité intérieure à recueillir des échantillons biologiques de référence avec le CICR, et que le gouvernement adopte la loi sur les personnes disparues ».

La conférence a été suivie d'une cérémonie publique en présence des familles de disparus et de représentants de la société civile, venus commémorer les milliers de personnes portées disparues pendant la guerre civile libanaise.

« Nous devons faire en sorte que ce problème ne soit pas oublié, que le "droit de savoir" des familles soit respecté et que leur souffrance soit allégée », a affirmé Marco Succi, s'adressant à l'assistance réunie pour la cérémonie. « Elles n'ont que trop attendu. Le temps presse. »

Artistes, étudiants et représentants de la société civile ont uni leurs talents pour attirer l'attention sur la détresse des familles, leur quête de réponses et ce qu'elles attendent du gouvernement. Un orchestre du Conservatoire national de musique et la chanteuse Oumayma al-Khalil ont pris part à la commémoration, tandis que des élèves de l'Académie libanaise des beaux-arts ont apporté leur concours à l'événement en exposant des œuvres d'art visuel.

« Nous avons le droit de savoir ce qu'il est advenu de nos êtres chers », a déclaré Wadad Halawani, présidente de l'association des familles de disparus. « Nous nous raccrochons à ce droit depuis plus de 30 ans, et nous n'abandonnerons pas. »

Depuis 2012, le CICR collecte auprès des familles de disparus des données antérieures à la disparition de leurs proches. Ses équipes ont procédé jusqu'à présent à près de 2 400 entretiens, et ont commencé récemment à recueillir des échantillons biologiques de référence qui pourront aider à l'identification de restes humains. Le CICR a contribué au renforcement des capacités des experts légistes en dispensant des formations spécialisées au Liban et dans d'autres pays.

Informations complémentaires :
Tarek Wheibi, CICR Beyrouth, tél. : +961 70 153 928

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