5 choses à savoir sur le Burkina Faso

20 mai 2019
5 choses à savoir sur le Burkina Faso


1. Une violence qui se répand

Depuis 2016, la situation sécuritaire et humanitaire se dégrade rapidement, dans le nord et l'est du pays. Les violences armées et la confrontation entre acteurs armés ont causé de nombreuses victimes. Il y a eu autant d'incidents armés dans les trois premiers mois de 2019 que durant toute l'année 2018. Cette insécurité complique l'accès pour les organisations humanitaires.

2. Déplacements et malnutrition

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont déplacées à cause de l'insécurité dans leurs communautés. Ces populations sont dans l'incapacité de subvenir à leurs besoins comme d'habitude. La plupart trouvent refuge dans des familles hôtes, mais un nombre croissant se retrouve dans des sites de déplacés. L'insécurité alimentaire touche plus gravement la région du Sahel, voisine du Mali et du Niger.

3. Changement climatique et raréfaction des ressources

Les populations sont doublement vulnérables car elles subissent les effets du conflit aggravé par le changement climatique : De même que dans toute la bande sahélienne, un climat soudano-sahélien sec sévit dans les provinces du nord du Burkina Faso. La saison sèche va d'octobre à mai, et même en saison pluvieuse les pluies sont irrégulières. L'accès à l'eau est difficile dans les villages d'accueil des milliers de déplacés, ainsi que dans les autres localités touchées par les violences.


4. Réponse et présence CICR

Le CICR maintient au Burkina Faso une présence permanente depuis 2006. L'institution, qui opère à partir de Ouagadougou, est en train de rendre sa présence permanente aussi à Djibo, dans la région du Sahel au nord, et à Fada N'Gourma, dans l'est du pays. Les activités du CICR sont souvent menées en collaboration avec la Croix-Rouge burkinabé. Des centaines de ses volontaires sont formés au rétablissement des liens familiaux, en premiers secours et autres activités humanitaires menées dans les communautés.

Depuis le début de l'année, le CICR a notamment fourni des médicaments à trois structures sanitaires pour la prise en charge chirurgicale des blessés, poursuivi la réhabilitation et l'appui au fonctionnement du Centre de santé de Djibo, où 3'000 personnes ont été prises en charge de janvier à mars 2019, construit des forages et réhabilité des points d'eau dans les communautés touchées par les violences armées. Il effectue aussi des visites aux détenus, notamment à Ouagadougou, en offrant ses services de rétablissement de liens familiaux.

Au vu de l'augmentation des violences et de la grande vulnérabilité des populations, le CICR souhaiterait en faire plus dès que possible, mais doit tenir compte d'importantes contraintes sécuritaires et d'accès. Il met notamment en place une distribution alimentaire à près de 18'000 personnes pour les trois mois de la période de soudure, au bénéficie surtout des déplacés dans la province du Soum (nord du pays).

5. Perspectives

Les perspectives humanitaires sont préoccupantes. Outre l'accès à la nourriture, l'accès aux soins de santé est en danger: départ du personnel, centres de santé fermés ou vides... L'accès à l'eau et aux champs est de plus en plus difficile aussi.

Dans ces conditions, on peut craindre de nouveaux déplacements de personnes fuyant les violences, et tombant dans le besoin d'une aide éventuelle. L'accès des humanitaires aux populations vulnérables risque de demeurer précaire également.