Action contre les mines et la contamination par les armes

04 avril 2017
Action contre les mines et la contamination par les armes

La population subit les conséquences de la contamination par les armes bien après qu'un conflit s'est terminé. Les munitions non explosées continuent de tuer et de mutiler, et les personnes touchées par des agents chimiques continuent de souffrir. La contamination par les armes est une notion qui comprend la présence de mines, de restes explosifs de guerre et d'autres sources de contamination, comme la libération intentionnelle ou accidentelle d'agents nucléaires, radiologiques, biologiques ou chimiques.

La contamination par les armes entrave l'accès de populations entières à des biens et services essentiels tels que l'eau potable, le bois de chauffage, les terres agricoles, les soins de santé ou l'éducation, ainsi qu'aux moyens d'existence et aux infrastructures de base comme les stations de traitement des eaux ou les hôpitaux. Elle empêche les opérations de secours et prive ainsi les gens de l'aide dont ils ont besoin, aggravant leurs problèmes humanitaires.

Que fait le CICR pour atténuer les effets de la contamination par les armes sur les civils ?

La prévention des accidents et l'atténuation des effets de la contamination par les armes vont de pair avec des activités destinées à aider celles et ceux qui ont été victimes de cette contamination, notamment des programmes de décontamination préhospitalière, de réadaptation physique, de chirurgie et de sécurité économique.

Le CICR s'emploie à atténuer les effets de la contamination par les armes sur la population en suivant une approche flexible et multidisciplinaire. Plus particulièrement, il met en œuvre des initiatives visant à réduire l'exposition des civils aux risques liés aux armes classiques et non classiques en les sensibilisant au danger, en encourageant les comportements sûrs et en menant d'autres activités de réduction des risques.
La nature exacte de l'action mise en œuvre par le CICR pour prévenir les accidents et atténuer les effets de la contamination par les armes dépend du contexte, mais il s'agit généralement d'une combinaison des activités suivantes :

  • gestion de l'information ;
  • sensibilisation aux risques et promotion des comportements sûrs ;
  • réduction des risques (par la mobilisation d'autres capacités d'assistance ou de protection de l'institution) ;
  • investigations et décontamination.

Gestion de l'information

La gestion de l'information englobe la collecte, l'évaluation, l'analyse, la cartographie et la diffusion des données relatives à la contamination par les armes et aux matières nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques. Ces données, à savoir le type et l'emplacement de la contamination, la date et l'heure des incidents, le profil des victimes et les types de comportements à risque, aident les parties prenantes à mettre en lumière les zones dangereuses et à planifier les activités prioritaires destinées à réduire autant que possible le risque de survenue de nouveaux incidents.

Dans la mesure du possible, ces activités sont menées en coopération avec les autorités nationales, les ONG compétentes ou les Sociétés nationales de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge. Du fait de leur présence dans la grande majorité des pays et de leurs réseaux locaux étendus, les Sociétés nationales sont souvent les mieux placées pour recueillir les informations utiles.

Le CICR aide les Sociétés nationales ou les autorités nationales chargées de l'action contre les mines à renforcer leurs capacités afin que les activités de gestion de l'information soient mises en œuvre conformément aux normes internationales. À cette fin, l'institution contribue à l'élaboration d'outils de collecte, stockage et analyse des données tels que le système IMSMA de gestion de l'information pour l'action contre les mines et les normes internationales de l'action contre les mines. Elle travaille également en partenariat avec des Sociétés nationales pour collecter des données et fournir des renseignements cruciaux aux acteurs de la communauté de l'action contre les mines, qui pourront ainsi définir leurs priorités et concevoir ou adapter leurs activités en conséquence.

Sensibilisation aux risques et promotion des comportements sûrs

Pour déceler les types de comportements qui exposent la population aux effets de la contamination par les armes et élaborer et promouvoir un ensemble de mesures destinées à réduire cette exposition, il est nécessaire de travailler avec les communautés touchées par des mines/restes explosifs de guerre ou des agents nucléaires, radiologiques, biologiques ou chimiques. Le CICR organise des séances de sensibilisation et de promotion des comportements sûrs, joue un rôle d'intermédiaire entre les communautés exposées et les démineurs et autres opérateurs de décontamination, et s'emploie à promouvoir les dispositions du DIH relatives à l'emploi des armes. Des séances d'information autonomes ne sont menées que dans les situations d'urgence, lorsque les données sont insuffisantes et que les risques sont imminents. Ces séances sont habituellement plus efficaces dans les situations immédiates d'après-conflit, lorsque les personnes déplacées ont tendance à rapidement rentrer chez elles et que le nombre de victimes est le plus élevé.

Dans toutes les autres situations, les activités qui visent à sensibiliser aux risques et à promouvoir les comportements sûrs sont axées sur les différentes communautés et liées aux activités de réduction des risques et de décontamination. La meilleure manière d'accroître la prise de conscience dépend des facteurs culturels et sociaux, de la nature de la menace et des groupes qui ont été recensés comme étant le plus à risque. L'expérience montre qu'une approche interactive et conduite par la communauté est la plus efficace pour diffuser des informations.

Grâce à leurs réseaux locaux et à leur parfaite connaissance des contextes dans lesquelles elles mènent leurs activités, les Sociétés nationales sont en position unique pour aider au mieux et en temps opportun les populations touchées par la contamination par les armes. Autant que possible, le CICR coopère donc étroitement avec les Sociétés nationales des pays touchés.

Réduction des risques

Dans les pays ravagés par un conflit, la population n'a souvent pas d'autre choix que de se déplacer dans les zones contaminées par des mines/restes explosifs de guerre ou des agents nucléaires, radiologiques, biologiques ou chimiques pour exploiter la terre, s'approvisionner en eau et en bois de chauffage et faire paître son bétail. Tant que les dangers n'ont pas été éliminés, les risques d'incidents peuvent être atténués en fournissant aux habitants d'autres possibilités plus sûres, souvent mises en œuvre en coordination avec les programmes de sécurité économique et les programmes Eau et habitat, ou dans le cadre de ceux-ci. Par exemple, pour que les personnes touchées aient besoin le moins possible de se rendre dans les zones contaminées pour s'adonner à leurs activités quotidiennes ou gagner leur vie, le CICR balise les zones sûres, met en place d'autres sources d'approvisionnement en combustible et en eau ou met ces biens à disposition, et octroie des microcrédits ou des aides en espèces en vue de la création de petits commerces.

Investigations et décontamination

Le CICR dispose des capacités nécessaires pour mener directement des investigations sur le terrain et décontaminer les zones polluées par des armes classiques et des armes nucléaires, radiologiques, biologiques ou chimiques. Il mène de telles activités pour autant que certaines conditions soient remplies, et que ces activités apportent une valeur ajoutée spécifique, par exemple lorsque l'institution est la seule à avoir accès à une zone où la contamination par les armes a des conséquences humanitaires sur les communautés locales. Par exemple, dans les situations où des mines/restes explosifs de guerre empêchent un accès sûr à des infrastructures essentielles ou l'empêchent lui et ses partenaires de mener leurs activités humanitaires, le CICR peut déployer des spécialistes de l'enlèvement des engins explosifs avec ses équipes d'intervention. Dans d'autres situations, l'institution mobilisera d'autres acteurs capables de mener à bien cette tâche conformément aux normes internationales de l'action contre les mines.

Le CICR ne s'engage pas dans des projets de décontamination à long terme, mais peut fournir une assistance technique ou autre aux États dans ce domaine. Dans le cadre de ces efforts, le CICR s'est également employé depuis 2015 à renforcer son savoir-faire en matière de soutien médical ; il met notamment au point des assortiments d'équipement spécialisé et des formations à l'intention des intervenants médicaux qui accompagnent les opérations de décontamination.

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