Aider les mères pour améliorer la nutrition des enfants en Somalie

05 août 2015
Aider les mères pour améliorer la nutrition des enfants en Somalie
Somalie. Maryan* et son bébé au centre de stabilisation de Baidoa. CC BY-NC-ND / CICR / Pedram Yazdi

La Somalie a été ravagée par des décennies de conflit armé qui ont mis à mal les moyens de subsistance et détruit le tissu social. Les sécheresses et les inondations saisonnières aggravent encore la crise en provoquant une grave pénurie alimentaire dans certaines régions du pays. Les enfants, en particulier ceux qui sont âgés de moins de cinq ans, souffrent par conséquent d'une alimentation inadaptée et sont vulnérables aux maladies que cela engendre. Si rien n'est fait, une telle malnutrition peut leur être fatale.

*Maryan, 23 ans, a amené son bébé de 9 mois à l'hôpital régional de Baidoa. Le bébé semble faible et est à moitié endormi dans ses bras.

« Il est malade depuis longtemps. Je me suis rendue dans plusieurs dispensaires, mais rien ne marche. Il est maintenant hospitalisé ici, je prie pour qu'il s'en remette. »

Au centre de stabilisation nutritionnelle de l'hôpital régional de Baidoa, le bébé de Maryan recevra des rations alimentaires complémentaires tous les jours et sera soigné pour toute maladie liée à la malnutrition. Il bénéficiera du programme alimentaire jusqu'à ce qu'il ait atteint son poids idéal.

Le CICR s'est engagé à soutenir le programme d'alimentation thérapeutique (centre de stabilisation) en milieu hospitalier de l'hôpital de Kismayo après que Médecins Sans Frontières (MSF) a quitté prématurément la Somalie en août 2013. Il a mis en place un programme semblable à l'hôpital régional de Baidoa en mai 2015.

La malnutrition est un problème très répandu parmi les enfants en Somalie. Elle est principalement due à un manque de nourriture et à des idées reçues courantes concernant les pratiques alimentaires.

Maryan a arrêté d'allaiter son bébé et ne souhaite pas recommencer. Il est possible qu'elle soit enceinte, et elle craint que le fait d'allaiter ne soit dangereux pour son enfant à naître.

« Les gens manquent de connaissances concernant les besoins nutritionnels des enfants. Il est important que le programme travaille avec les mères et les personnes qui s'occupent des enfants pour leur enseigner les bonnes pratiques alimentaires », déclare Kristy Manners, déléguée du CICR chargée du programme de nutrition.

Maryan et son bébé au centre de stabilisation de Baidoa. CC BY-NC-ND / CICR / Pedram Yazdi

Au centre, Maryan recevra des conseils sur les bonnes habitudes alimentaires et sur l'importance de l'allaitement pour la santé de son bébé. Son cas démontre combien un programme en milieu hospitalier, permettant à la mère d'interagir régulièrement avec le personnel spécialisé dans le domaine de la nutrition pendant que son bébé se remet, est nécessaire.

Le centre de stabilisation de l'hôpital de Baidoa fournit trois repas par jour aux mères et aux personnes qui s'occupent des enfants pendant toute la période de rétablissement des enfants.

Le nombre de patients du centre a triplé depuis que celui-ci est devenu pleinement opérationnel. Cela s'explique par l'approche holistique adoptée par le programme, qui consiste à soutenir à la fois l'enfant et sa mère ou la personne qui s'occupe de lui.

Selon les organisations internationales, près de 200 000 enfants souffrent de malnutrition en Somalie, dont près de 38 000 sont atteints de malnutrition aiguë et nécessitent d'urgence une alimentation thérapeutique et des soins médicaux. Bien qu'ils ne suffisent pas en tant que tels, les deux centres mentionnés sont des lieux essentiels pour ces soins vitaux dans le sud et le centre de la Somalie.

*Prénom d'emprunt

À l'heure du repas, la cuisine du centre de stabilisation de Baidoa est en pleine effervescence alors qu'elle sert les repas aux mères et aux personnes qui s'occupent des enfants. CC BY-NC-ND / CICR / Pedram Yazdi