Ces enfants forcés à faire la guerre

Personne ne sait précisément combien d'enfants se battent ou sont mêlés à une lutte armée à travers le monde. Une chose est sûre : ils sont dépossédés de leur enfance et de leur droit à recevoir une éducation. Le recrutement des enfants, est contraire à la loi.
Article 30 novembre 2018

Des enfants sont encore recrutés par des forces armées nationales, ainsi que par des groupes armés. Le recrutement et l'utilisation des enfants particulièrement en Afrique, est un grave problème humanitaire.

Dans de nombreux contextes, les enfants portent des armes et participent activement aux combats. Mais un enfant peut aussi remplir d'autres tâches, comme monter la garde, espionner, ou faire office d'esclave sexuel. Recrutés de force ou non, ces enfants peuvent être blessés ou tués, séparés de leur famille, emprisonnés ou privés d'éducation.

Voici quelques raisons qui poussent groupes armés et forces régulières à recruter garçons et filles :

- Ils sont plus influençables et obéissants.

- Ils ont tendance à moins s'enfuir que les adultes.

- Ils coutent moins chers.

- Ils font de bon espions et des messagers discrets.

Séance de sensibilisation pour des enfants sortis des forces et groupes armés en attente de retrouver leurs familles. Nord-Kivu, RDC. CC BY-NC-ND / CICR / Christian Katsuva Kamate

Ces enfants subissent aussi une violence psychologique intense. Ils peuvent revivre constamment des événements traumatiques, se rappelant ce qu'ils ont vu ou les atrocités qu'on les a forcés à commettre. Comme faire du mal à des amis ou à des parents proches.

A la fin des hostilités ou lors de leur retour chez eux, ces enfants peuvent être rejetés par leur propre famille ou leur communauté d'origine car ces dernières ont peur de ce qu'ils sont devenus. Peu importe leur passé, les enfants doivent être considérés comme des victimes et être traités comme telles.

Le message est clair : Les enfants doivent aller à l'école, pas à la guerre

Les Protocoles additionnels de 1977 aux Conventions de Genève furent les premiers traités internationaux ayant tenté de résoudre ces problèmes. Ils interdisent le recrutement des enfants de moins de quinze ans ainsi que leur participation aux hostilités. Dans les conflits armés internationaux, le Protocole additionnel I exige également que lors du recrutement militaire de jeunes gens âgés de 15 à 18 ans, priorité soit donnée aux plus âgés.

La Convention de 1989 relative aux droits de l'enfant (qui bénéficie d'une ratification quasiment universelle) a également retenu l'âge de 15 ans en tant qu'âge minimum. Un Protocole facultatif annexé à cette Convention en mai 2000 a relevé de 15 à 18 ans l'âge limite pour le recrutement obligatoire ; il a par ailleurs demandé aux États de fixer à 15 ans l'âge minimum pour l'engagement volontaire ; de plus, il souligne que les groupes armés ne devraient en aucune circonstance utiliser des enfants de moins de 18 ans, et que les États devraient criminaliser de telles pratiques.

Sur le terrain, le CICR apporte son assistance aux enfants ayant été associés à des forces armées ou des groupes armés, les aide à retrouver leur famille et à réintégrer leur communauté afin qu'ils puissent retrouver une vie d'enfant.