De la réadaptation à l’inclusion

De la réadaptation à l’inclusion

Il y a 40 ans, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) lançait son Programme de réadaptation physique visant à prodiguer des soins spécialisés aux personnes souffrant d’un handicap physique survenu à la suite d’un conflit armé ou d’une autre situation de violence. Le CICR menait déjà des activités dans ce domaine avant le lancement officiel du programme en 1979, mais ce dernier lui a permis de réaffirmer son engagement consistant à venir en aide aux personnes en situation de handicap et à leur permettre de profiter d’une meilleure qualité de vie.
Article 18 septembre 2019

A son lancement, le Programme de réadaptation physique consistait principalement à équiper les personnes handicapées d'aides à la mobilité, telles que des prothèses (membres artificiels), des orthèses (soutien pour des membres existants qui ne fonctionnent pas correctement) et des fauteuils roulants.

1979 – Un centre de réadaptation physique en Somali. Photo : Rémi Russbach

Au cours des 40 dernières années, le champ d'action du programme a été élargi pour inclure l'éducation des patients et le renforcement des capacités des professionnels. Nous recevons désormais les patients en consultation avant de leur fournir leur appareillage et nous les revoyons après. Nous les aidons ainsi à tirer pleinement parti de leur matériel et à gagner en indépendance. Nous nous employons également à améliorer les compétences des professionnels afin de garantir l'efficacité du programme sur le long terme.

On peut affirmer que le CICR est aujourd'hui une référence dans le domaine de la réadaptation physique, grâce à son expertise, aux activités qu'il mène à travers le monde, à la technologie qu'il a mise au point pour fabriquer des prothèses et des orthèses de qualité à un coût raisonnable, et à son engagement de longue durée en faveur des centres qu'il soutient.

De la réadaptation à l'inclusion

Les activités que nous menons dans le domaine de la réadaptation physique consistent notamment à renforcer les services proposés au niveau local, en les rendant plus accessibles, plus efficaces et durables.

Juba (Soudan du Sud). Un ancien patient du centre de réadaptation physique du CICR s’occupe du jardin autour du centre. Photographie : Florian Seriex
Juba (Soudan du Sud). Un ancien patient du centre de réadaptation physique du CICR s’occupe du jardin autour du centre. Photographie : Florian Seriex

 Des services plus accessibles

• Nous nous assurons que les personnes qui ont besoin de services de réadaptation physique savent qu'ils existent et comment y recourir.
• Nous garantissons les mêmes possibilités d'accès à toutes les personnes, sans discrimination, tout en veillant à ce que le coût des services reste raisonnable, sans faire de concessions sur leur qualité.
• Nous faisons en sorte que les centres soient accessibles et situés au plus près de la population et que les patients puissent être orientés vers d'autres spécialistes de la réadaptation physique si besoin.

Nous améliorons l'accès à la réadaptation physique grâce à une approche à deux volets : d'une part, nous soutenons le système de santé pour permettre l'établissement de services adéquats, et d'autre part, nous soutenons les patients en veillant à ce qu'ils reçoivent toute l'aide dont ils ont besoin.

Des services plus efficaces

Nous nous employons à améliorer la qualité des services par différents moyens : la formation des professionnels locaux, la collaboration avec des spécialistes venant leur prêter main forte, l'amélioration de notre technique de fabrication des prothèses et des orthèses, l'établissement et l'application de protocoles de traitement des patients, et la promotion d'une approche pluridisciplinaire de la prise en charge des patients.

À l'origine, le CICR importait les matériaux et les machines nécessaires à la fabrication des appareils et des composants dans les pays en développement. Au fil du temps, nous avons mis au point une technologie unique à base de polypropylène, qui nous permet de fabriquer des appareils et des composants à moindre coût. Celle-ci est aujourd'hui utilisée à grande échelle.

En 2019, nous avons lancé, en collaboration avec l'École polytechnique fédérale de Lausanne, le projet Agilis, qui vise à développer un pied prothétique novateur à faible coût. Les prothèses issues des technologies de pointe sont généralement inaccessibles pour les habitants des pays en développement en raison de leur prix élevé et, souvent, elles ne sont pas adaptées à la marche sur terrain accidenté. Ce nouvel appareil est conçu spécifiquement pour les régions dans lesquelles nous menons des activités.

 

Erbil (Irak). Au centre orthopédique du CICR, un physiothérapeute prend en charge un homme qui vient de recevoir des prothèses après avoir perdu ses jambes dans l’explosion de sa voiture sur une mine terrestre à Mossoul, en 2014. Photographie : Saara Mansikkamäki
Erbil (Irak). Au centre orthopédique du CICR, un physiothérapeute prend en charge un homme qui vient de recevoir des prothèses après avoir perdu ses jambes dans l’explosion de sa voiture sur une mine terrestre à Mossoul, en 2014. Photographie : Saara Mansikkamäki

Des services durables

Pour favoriser la durabilité de nos services, nous nous employons à former des professionnels de la santé aux dernières techniques de pointe. Nous travaillons également en étroite collaboration avec des partenaires locaux, et nous élaborons des outils de prise en charge des patients. En outre, nous soutenons les activités des groupes locaux qui coordonnent les services de réadaptation physique, et nous encourageons l'élaboration de politiques nationales sur la fourniture de ces services.

Nos projets sont conçus pour renforcer les services de réadaptation physique existants. Nous soutenons donc généralement les autorités et les organisations locales qui les fournissent, mais il nous arrive aussi de prodiguer des soins qu'elles ne sont pas en mesure de dispenser. L'idée est toujours que ces services soient maintenus à terme après le retrait du CICR.

 

Réintégrer la société

Afin de faciliter la réinsertion des personnes handicapées dans la société, nous organisons, en collaboration avec nos partenaires nationaux, des initiatives visant à encourager le développement professionnel, éducatif et social – activités sportives, bourses d'études, formations à distance, programmes de microcrédits, possibilités de travail et autres actions similaires.

Dhaka (Bangladesh). Des personnes handicapées participent à un tournoi de cricket organisé par le CICR. Photographie : Sourav Lasker
Dhaka (Bangladesh). Des personnes handicapées participent à un tournoi de cricket organisé par le CICR. Photographie : Sourav Lasker

Ce que l'avenir nous réserve

Plus d'un milliard de personnes souffrent d'une forme de handicap, soit environ 15 % de la population mondiale (source : OMS, 2011). L'augmentation du nombre de conflits armés et des autres situations de violence y est pour beaucoup.

Aider des personnes à réapprendre à marcher ou à bouger constitue un premier pas crucial pour leur permettre de subvenir à leurs besoins, de recevoir une éducation, de participer à la vie de leur communauté et d'exploiter leur potentiel. Étant donné que les handicaps physiques persistent généralement à vie, il est important de rappeler que la plupart des personnes qui en sont atteintes nécessiteront une aide à la réadaptation, sous une forme ou sous une autre, tout au long de leur existence.

Fournir ces services à des personnes qui en ont besoin constitue un engagement sur le long terme. Par ailleurs, de par leur nature même, ces services sont très complexes et techniques. C'est donc grâce à notre collaboration avec des partenaires et avec les autorités locales et grâce au soutien de nos donateurs que nous pouvons aider ces personnes à retrouver une vie normale et à se réinsérer dans la communauté.