Djibouti : soutien à l’opération humanitaire au Yémen

24 août 2015
Djibouti : soutien à l’opération humanitaire au Yémen
Djibouti. L'équipe CICR à bord le bateau qui partira pour Aden, au Yémen. CC BY-NC-ND / CICR

Le CICR mène des activités à Djibouti depuis 24 ans, à partir de sa délégation régionale de Nairobi, dans le domaine du rétablissement des liens familiaux, en particulier. Cette année, Djibouti a aussi servi de point stratégique pour les activités déployées par le CICR au Yémen, en réponse au conflit dont le pays est le théâtre. À partir de Djibouti, Olivier Chassot, chef de l'équipe de soutien à l'opération au Yémen (Yemen Support – YES), fait le point sur l'action d'assistance qu'il conduit avec ses collaborateurs.

Pourquoi et depuis quand l'équipe du YES est-elle postée à Djibouti ?

Dès le début de la crise qui frappe le Yémen depuis la fin du mois de mars, engendrant la fermeture des aéroports yéménites et la suspension des vols commerciaux, le CICR a dû faire appel dans une plus large mesure à son bureau de Djibouti. Afin d'assurer la continuité de ses opérations au Yémen alors qu'il semblait improbable que la situation se stabilise, une structure de soutien officielle, le Yemen Support, a été mise en place au sein du bureau de Djibouti. Ce pays est en effet relativement proche du Yémen et accessible par bateau via le golfe d'Aden.

Un autre avantage du bureau du CICR à Djibouti est qu'il permet d'effectuer des démarches administratives qui exigent une action coordonnée avec les autorités, avec lesquelles il entretient de bons rapports.

Quel soutien l'équipe du YES apporte-t-elle au Yémen ?

L'équipe du YES apporte un soutien logistique à l'opération déployée au Yémen. Cela a commencé avec un bateau affrété pour amener des collaborateurs du CICR, dont une équipe chirurgicale et du matériel médical, à Aden. Ces transports ont toutefois été rapidement complétés grâce à un avion du CICR stationné à Djibouti. Actuellement, l'appareil assure trois vols hebdomadaires vers Sanaa, où il achemine principalement des médicaments et du matériel médical de première nécessité, notamment pour soigner les blessés de guerre, ainsi que du matériel informatique de base.

Le bureau de Djibouti sert aussi de point de transit pour les collaborateurs de l'institution qui sont affectés au Yémen ou qui en reviennent. Le CICR dispose actuellement d'un spécialiste en santé mentale en poste à Djibouti. Il est chargé d'apporter un soutien psychosocial aux membres du personnel, ce qui est particulièrement utile pour les personnes qui s'apprêtent à être déployées dans une zone de conflit pour la première fois ; ou encore pour les employés expérimentés ayant enduré des conditions de vie difficiles au Yémen, en raison notamment des frappes aériennes, des combats, de la privation de sommeil, du stress lié à leur mission, etc. La présence d'un tel spécialiste leur donne à tous la possibilité de rendre compte des expériences qu'ils ont vécues sur place.

Comment faites-vous pour gérer les commandes de matériel tout en vous assurant que les articles seront livrés dans les temps ?

Requests are sent by the Yemen delegation in Sana'a and addressed to ICRC logistics facilities in Amman, Geneva or Nairobi. Depending on the items, their urgency and weight, they are sent by boat, usually via Oman, or by plane to Djibouti. Once the items arrive in Djibouti, the YES team ensures that they are cleared and promptly delivered to Yemen.

Quelles sont les difficultés que rencontre l'équipe dans le cadre de cette mission de soutien ?

Nous avons rencontré quelques difficultés, principalement des problèmes de transport et de logistique. Le plus difficile est de régler dans les meilleurs délais les formalités de dédouanement de façon à pouvoir charger les marchandises sur le bateau qui fait la traversée une fois par semaine. Il y a aussi les conditions climatiques en mer, en particulier pendant la mousson, qui compliquent parfois nos mouvements. Quand on sait que les équipes chirurgicales du CICR ne restent à Aden que deux ou trois semaines, il est essentiel de réduire au minimum le retard qu'elles pourraient prendre à Djibouti.