Erythrée : un puits solaire apporte eau et secours

12 février 2016
Erythrée : un puits solaire apporte eau et secours
Les enfants du village d’Aytera en Érythrée devant un système d'approvisionnement en eau par énergie solaire installé par le CICR. Grâce à ce nouveau système de distribution d'eau, les femmes et les filles, qui principalement collectent l'eau du ménage, ne doivent plus marcher des kilomètres avant de trouver une source d'eau pour boire, cuisiner, laver et se baigner. CC BY-NC-ND / CICR / Tesfai Zecarias.

Les Erythréens qui vivent dans le village frontalier d'Aytera savent à quel point la vie peut être dure. Durant la guerre entre l'Éthiopie et l'Erythrée (1998-2000), la majorité d'entre eux ont fui vers des camps de fortune. Depuis la fin du conflit, ils reconstruisent leur vie sur les cendres de la guerre.

Les 600 habitants d'Aytera sont largement tributaires de leurs récoltes et de leur bétail pour survivre. C'est difficile, mais le plus grand défi que connaît cette région, située dans le sud-ouest du pays – connue sous le nom de Gash Barka, – c'est l'eau.

Durant deux années, alors que la pompe à eau d'Aytera s'était cassée, les habitants devaient parcourir quatre kilomètres avant d'atteindre un puits creusé à la main pour chercher de l'eau.

Les enfants des autres villages qui fréquentent l'école d'Aytera ont toujours dû se démener pour trouver de l'eau à boire. « C'était très triste de voir des enfants aller de maison en maison pour quémander de l'eau », explique Nebiat Gebreweld, une mère de six enfants.

Une fois arrivées devant le puits – après deux à trois heures de marche – les personnes devaient faire la queue avant de puiser l'eau à 12 mètres de profondeur, puis reprendre la route pour rentrer péniblement chez elles lourdement chargées.

Accès facile à l'eau potable

Aujourd'hui, le système d'approvisionnement en eau solaire qui a été installé par le CICR en juin 2015, améliore considérablement l'alimentation en eau. Une fontaine construite au milieu du village permet aux habitants d'accéder facilement à l'eau potable.

« C'était un véritable cauchemar ! », dit Tesfasilase Qualdet, un ancien du village, tout en décrivant à quel point il était difficile de collecter l'eau dans l'ancien puits. Tous ses enfants, aujourd'hui grands, vivent dans de grands centres urbains, c'était difficile pour lui de se rendre au puits. « « Ce projet a changé nos vies et nous sommes très reconnaissants », s'exclame-t-il.

Le village a mis en place un comité, constitué de trois membres, chargé de l'approvisionnement en eau, qui supervise l'entretien du puits fonctionnant à l'énergie solaire. Les habitants paient chacun une petite taxe pour remplir un bidon d'eau après avoir attendu juste quelques minutes pour accéder à l'un des dix robinets du puits.

Davantage de temps pour les corvées

La collecte de l'eau nécessaire à la vie quotidienne est souvent une corvée qui incombe aux femmes et aux filles. Selon Fiyori Maekele, une écolière de cinquième, « Le projet d'eau solaire est très important pour les filles et les mères, cela nous prend à peine quelques minutes pour aller chercher de l'eau, j'ai donc maintenant plus de temps pour d'autres corvées et pour le travail scolaire. »

Le CICR est présent en Erythrée depuis le déclenchement du conflit frontalier, il vient en aide aux personnes vulnérables et aux victimes de violence. Ses projets les plus récents comprennent l'installation de quelque 80 systèmes d'approvisionnement en eau par énergie solaire, la construction d'étangs pour le bétail, la distribution de pompes à pied pour de petits projets d'irrigation, des services de vaccination du bétail, et une assistance aux Éthiopiens qui souhaitent être rapatriés.