Éthiopie : vacciner le bétail pour soutenir les communautés pastorales

20 mars 2019
Éthiopie : vacciner le bétail pour soutenir les communautés pastorales
A pastoralist holds one of his goats as the animal receives a vaccination injection in Meyu Muluke, East Hararghe, Oromia Region. CC BY-NC-ND / ICRC / Alemayehu Takele

Selon les estimations, le district de Meyu Muluke compte quelque 19 000 familles agropastorales. Situé dans l'est de l'Éthiopie, dans la région de l'Oromia, son climat chaud et ses étendues de brousse le rendent propice à l'élevage d'animaux domestiques, surtout les chèvres et les chameaux.

Le manque de pluie force cependant les communautés à se déplacer sans cesse pour trouver de l'eau et des pâturages afin de nourrir leurs troupeaux. Les habitants vivant dans 8 des 19 qebelés (quartiers) qui composent le district sont souvent confrontés à des violences interethniques qui font de nombreuses victimes et entraînent d’innombrables déplacements de personnes.

Trois grandes maladies (maladie du charbon, gangrène emphysémateuse et pasteurellose) déciment chaque année leurs cheptels. Cela affecte les populations dont la survie dépend de ces animaux.

Le CICR, en collaboration avec le service vétérinaire du district de Meyu, a lancé une campagne de vaccination pour protéger le bétail contre ces trois maladies courantes.

La campagne a été bien accueillie par la plupart des membres des communautés.

Yusuf Kesa, âgé de 55 ans et père de cinq enfants, possède 10 chameaux.

« Mes chameaux sont ce que j’ai de plus précieux. Je les traite comme mes enfants car notre existence dépend entièrement d'eux », dit-il en caressant affectueusement une de ses bêtes. « Rien ne me fait plus plaisir que de voir mes chameaux protégés contre les maladies qui peuvent les frapper », ajoute-t-il.

 

Yusuf Kesa conduit un de ses chameaux vers le site de vaccination. L'éleveur de 55 ans possède 10 bêtes qu'il traite comme ses enfants. CC BY-NC-ND / ICRC

Selon le vétérinaire Zelalem Yaecob qui travaille pour le CICR, la campagne permettra de vacciner 100 000 bêtes environ. Plus de 8 000 ménages, soit quelque 48 000 personnes, devraient en bénéficier.

À 50 ans, Fatuma Mohammed est une mère célibataire de quatre enfants. Elle élève aussi des chèvres.

« Mes chèvres sont tout pour moi et pour mes pauvres enfants. Elles sont une source vitale de nourriture et de vêtements », explique-t-elle avec un grand sourire tout en menant ses bêtes vers l’un des sites de vaccination. « Je suis heureuse que mes chèvres ne soient plus emportées comme avant par ces terribles maladies. »

 

Un collaborateur du CICR aide les éleveurs locaux à faire vacciner leurs bêtes.  CC BY-NC-ND / ICRC / Alemayehu Takele

La campagne de vaccination a débuté le 2 février 2019 et devrait durer six semaines. Elle est menée sur plus de 30 sites choisis pour leur proximité avec les communautés touchées dans huit quartiers ciblés, en partenariat avec la Commission pour le développement des zones pastorales de la région de l’Oromia. Neuf agents de santé animale y participent, dont certains ont reçu une formation intensive de trois semaines en matière de fourniture de services vétérinaires, avec le soutien financier du CICR.

À ce jour, plus de 60 000 bêtes – bovins, moutons, chèvres, chameaux et ânes – ont été vaccinées, selon le Dr. Zelalem.

La vaccination fait partie du programme de soutien à l’élevage mené dans le district en vue de rétablir les moyens de subsistance des communautés souvent exposées aux violences interethniques.