Kenya : un projet de recyclage peut-il améliorer la vie des réfugiés ?

06 mars 2018
Kenya : un projet de recyclage peut-il améliorer la vie des réfugiés ?
Le CICR et la Croix-Rouge du Kenya cherchent à transformer la gestion des déchets plastiques en une occasion de répondre à des besoins sociaux, environnementaux et économiques pressants.

Pour les réfugiés du camp de Dadaab au Kenya, les conséquences d'une gestion inadéquate des déchets viennent s'ajouter aux nombreuses difficultés auxquelles ils sont confrontés. Le CICR et la Croix-Rouge du Kenya cherchent à transformer la gestion des déchets plastiques en une occasion de répondre à des besoins sociaux, environnementaux et économiques pressants. 

En 2016, un projet pilote innovant en matière de recyclage a été lancé en vue de réduire la pollution par les déchets dans le camp, tout en offrant des moyens de subsistance aux réfugiés et aux membres des communautés d'accueil.

Le camp de réfugiés de Dadaab au Kenya

 

La pollution est l'un des problèmes majeurs recensés dans le camp de réfugiés de Dadaab, qui accueille quelque 240 000 réfugiés et demandeurs d'asile venant majoritairement de la Somalie. CC BY-NC-ND / ICRC

Le camp densément peuplé génère d'importantes quantités de déchets. Les ordures sont jetées n'importe où, brûlées ou enterrées, ce qui concourt à l'insalubrité des conditions de vie et à la dégradation de l'environnement. En l'absence d'un système efficace d'élimination et de collecte, les détritus s'accumulent au fil du temps dans l'environnement, en particulier les déchets non biodégradables comme les sacs en plastique et les jerrycans vides. Par chance, il existe une solution ingénieuse à ce problème.

Projet communautaire de recyclage des déchets plastiques

Pour résoudre ce problème, le CICR et la Croix-Rouge du Kenya ont lancé, en novembre 2016, un projet pilote de recyclage des déchets plastiques à l'échelon communautaire. Ce projet repose sur les principes du développement durable et vise à préserver l'environnement et la santé des communautés.

CC BY-NC-ND / ICRC

La campagne poursuit deux buts : encourager les réfugiés et les membres de la communauté d'accueil à récupérer le plastique, et sensibiliser la population du camp. Les déchets prétraités, réduits en granules ou compactés, sont transformés en matière première avant d'être réutilisés, ce qui permet de réduire la pollution ainsi que les besoins d'extraction de ressources primaires.

Le plastique est collecté auprès des résidents du camp, trié, prétraité, puis vendu à des sociétés de recyclage à Nairobi. CC BY-NC-ND / ICRC

De meilleures conditions de vie dans un environnement plus sain

L'initiative a contribué de manière significative à la réduction des déchets plastiques à Dadaab. Depuis le lancement du projet, plus de six tonnes de plastique ont été recyclées, améliorant les conditions de vie dans la zone et procurant un revenu et une motivation aux employés et aux résidents du camp participants. Le projet offre une solution écologiquement viable au problème des déchets, que les communautés pourront continuer à mettre en œuvre elles-mêmes à l'avenir. De nouveaux points de collecte seront ouverts prochainement et une formation professionnelle dispensée aux employés pour leur apprendre à gérer le projet de façon à accroître la quantité de plastique collectée et les revenus générés.