Les cultivateurs de Gaza peuvent enfin exploiter leurs terres

10 juillet 2015
Les cultivateurs de Gaza peuvent enfin exploiter leurs terres

Soigner la terre, cultiver l'espoir


Al Qarara, Khan Younis, Gaza / CC BY-NC-ND/ICRC/ D. Von Burgsdorff

Des centaines d'hectares de terres agricoles le long de la frontière de Gaza avec Israël ont été détruits lors du conflit en 2014. Des maisons et des systèmes d'irrigation ont également été détruits ou gravement endommagés. L'impact sur l'économie locale a été immense, laissant de nombreux cultivateurs sans aucune source de revenu pour subvenir aux besoins de leurs familles.

 

CC BY-NC-ND/ICRC/N. Alwaheidi

Pour aider les cultivateurs locaux à reprendre pied, le CICR a contribué à enlever les restes explosifs de guerre dans leurs champs, et travaillé sans relâche pour remettre à niveau les terres agricoles dévastées, afin de les rendre à nouveau arables.

 

Abassan, Gaza, Octobre 2014 / CC BY-NC-ND/ICRC/D.von Burgsdorff

Le nivellement de la terre a été une vraie course contre la montre. Afin de terminer ce travail avant le début de la saison des pluies, 24 bulldozers ont travaillé du lever au coucher du soleil tous les jours pendant deux mois.

Un tiers des terres agricoles de la bande de Gaza se situe le long de la frontière avec Israël. La terre est considérée comme le « grenier alimentaire » de la population de Gaza.

 

Beit Hanoun, Gaza Décembre 2014 / CC BY-NC-ND/ICRC/D. von Burgsdorff

Les restes explosifs de guerre ont été enlevés et la terre a été nivelée par le CICR. Les cultivateurs peuvent désormais de nouveau ensemencer à Beit Hanoun. En juin, a eu lieu la première récolte de blé, de pastèque, de courge et de gombo. D'autres récoltes ont pu être menées à bien avec d'autres cultures, comme les pois et les pommes de terre, en début d'année.

 

CC BY-NC-ND/ICRC

Al-Astal, père de dix enfants, a été cultivateur pendant 15 ans à al-Qarara. Sa terre, le système d'irrigation et tous les arbres ont été dévastés durant le conflit.

Le CICR a aidé à niveler la terre de Mosa afin de la rendre de nouveau cultivable. Mosa a aussi reçu de l'argent pour planter de nouvelles cultures et a choisi de cultiver le gombo.

« Le projet du CICR m'a encouragé à cultiver de nouveau ma terre. J'ai décidé de planter du gombo qui a besoin de moins d'eau et produit des cultures qui durent plus longtemps. J'espère que d'autres cultivateurs peuvent eux aussi de nouveau cultiver leurs terres. »

 

CC BY-NC-ND/ICRC/N. Alwaheidi

 Ibrahim al-Astal, 23 ans, travaille à la ferme de Mosa al-Astal.

Les maisons et les terres d'Al-Qarara ont été sérieusement dévastées par les combats, bon nombre ont été détruites ou fortement endommagées.

250 ménages agricoles (1 500 personnes) de la région ont reçu des subventions en espèces (mille dollars US par an) pour les aider à acheter de nouvelles cultures et recommencer à exploiter leurs terres.

 

 

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Ziyad Abu Khashan, 45 ans, originaire de la région d'al-Qarara, est marié, avec une famille de six personnes.

« J'ai l'habitude des champs d'oliviers, mais après la destruction de mes terres, j'ai décidé de planter du gombo et des haricots parce qu'ils poussent plus vite et produisent plus. »

Pour Ziyad ce qu'il y a de bien dans le projet du CICR, c'est l'argent qui profite directement au cultivateur.

Sa femme et ses enfants l'aident à récolter la terre. Sa femme, Um Ahmed, explique : « Nous vendons les cultures et nous vivons avec l'argent que nous en recueillons. Le plus important pour nous, c'est que nous n'avons pas de dette. »

 

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Saber Al Breim, 37 ans, est marié et père de six enfants ; il vit dans la région d'al-Qarara à Gaza. Sa maison, comme de nombreuses autres, a été endommagée lors du conflit, et sa terre a été complètement dévastée.

1 400 cultivateurs de la région ont reçu du blé et des pois du CICR, ainsi que de l'engrais. Leurs terres ont également été nivelées.

La femme, le fils et d'autres membres de la famille de Saber l'ont aidé lors de la dernière récolte de blé.

 

 CC BY-NC-ND/ICRC/N. Alwaheidi

Après le conflit, le CICR a relié les conduites d'eau principales aux puits d'eau pour permettre aux cultivateurs d'étendre les embranchements de leurs conduites et d'irriguer leurs terres.

Il y a huit conduites d'eau, à Khuzaa, al-Qarara, Abassan, al-Mosaddar, et al-Shoka.

La conduite figurant sur la photo mesure 1 800 m et dessert quelque 70 cultivateurs.

 

CC BY-NC-ND/ICRC/N. Alwaheidi

Quelque 160 cultivateurs de six régions ont bénéficié de serres locales rétablies par le CICR.

« Quand ils ont fixé les toitures des serres, nous avons commencé à revivre, et à espérer. Merci. » Um Sulaiman Daher, 65 ans, mère de deux enfants, qui a bénéficié du projet de serres du CICR à Gaza.

 

CC BY-NC-ND/ICRC/N. Alwaheidi

Atwa ElMani, 45 ans, est père de cinq enfants. Il vit dans l'est de Deir el-Balah.

« Le filet et les bâches en plastique au-dessus de mes cultures doivent être changés tous les deux ans, mais en raison de mes ressources financières limitées, je ne puis les changer que tous les cinq ans - ce qui a affecté la productivité et la qualité de mes cultures. »

 

 CC BY-NC-ND/ICRC/N. Alwaheidi

Les bâches en plastique et les filets qui recouvrent les serres ont été endommagés lors du conflit en 2014. Aujourd'hui ils sont fixés, et Atwa se réjouit à l'idée que la prochaine saison sera plus productive.

 

CC BY-NC-ND/ICRC/N. Alwaheidi

 « La terre ici était très inégale, avec des monticules et des creux, mais les bulldozers du CICR ont nivelé la terre qui est de nouveau comme avant. » Abu Ahmed al-Najjar, 87 ans, est l'un des cultivateurs les plus âgés de la région d'al-Qarara.

250 cultivateurs ont reçu des versements en espèces pour planter de nouvelles cultures dans la région. Le CICR a veillé au réensemencement et guidé les cultivateurs dans leur travail.

180 cultivateurs bénéficieront de ce projet plus tard dans l'année.