Les soins de santé en danger: actualité

08 janvier 2015

Le projet "Soins de santé en danger" était le thème central du 12e séminaire conjoint CICR-Union africaine, à Addis-Abeba. D'autres événements et ateliers ont également eu lieu au cours des derniers mois.

Les États ont un rôle clé à jouer dans la prévention des violences contre les personnels et les structures de santé. Dans cette perspective, un débat de haut niveau s'est tenu à New York en septembre en marge de la 69e session de l'Assemblée générale des Nations Unies. Le groupe de haut niveau était composé de Peter Maurer, président du CICR, Margaret Chan, directrice générale de l'OMS, Jan Eliasson, secrétaire général adjoint de l'ONU, Valerie Amos, secrétaire générale adjointe à l'OCHA, ainsi que de l'ancienne ministre de la Santé de la Côte d'Ivoire et de représentants des gouvernements de la Norvège et de la Suède. Tous les membres du groupe et les personnes du public qui ont pris la parole ont appelé l'ensemble des acteurs concernés, en particulier les États, à participer plus activement à la mise en œuvre de mesures concrètes pour garantir l'accès aux soins et leur fourniture dans de bonnes conditions de sécurité. Les participants ont expressément mentionné les mesures qui se sont dégagées des consultations d'experts et des ateliers sur les soins de santé en danger, telles que l'adoption de législations nationales strictes protégeant les personnels de santé, les patients et les structures et véhicules médicaux, l'échange de bonnes pratiques et l'adoption d'une résolution des Nations Unies sur la prévention des violences contre les soins de santé. Le CICR a présenté un document d'orientation contenant des recommandations clés destinées à aider les États à protéger leurs systèmes de santé et à les rendre plus résilients.

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En juillet, le ministère colombien de la Santé a organisé un atelier régional à Bogota avec le soutien de la Croix-Rouge colombienne et du CICR. Des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et des représentants gouvernementaux ont ainsi eu l'occasion d'échanger de bonnes pratiques en provenance de toute l'Amérique latine et de chercher des solutions au problème du non-respect des services de santé. Les participants ont décrit les différents risques auxquels ces services sont exposés sur le continent, puis des groupes de travail ont examiné les mesures déjà prises pour réduire leur vulnérabilité et les actions complémentaires qu'il conviendrait d'engager.

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En septembre, le projet « Les soins de santé en danger » a été présenté à la conférence annuelle de la Fédération internationale pharmaceutique (FIP) à Bangkok. Les participants ont été informés sur les risques encourus par les pharmaciens dans les situations d'urgence et sur les stratégies permettant de réduire ces risques. Les recommandations découlant des consultations d'experts et de la plate-forme des soins de santé en danger ont suscité un vif intérêt. La FIP a fait part de sa volonté de poursuivre sa coopération en la matière avec le Mouvement.

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En septembre, la Croix-Rouge de Norvège a organisé un atelier sur les services ambulanciers et préhospitaliers dans les situations de risque à Carthagène (Colombie). Des représentants des Sociétés nationales de la Colombie, d'El Salvador, du Guatemala, du Honduras, du Mexique et d'Israël ont participé à cet atelier accueilli par la Croix-Rouge colombienne. Le groupe a formulé des recommandations à l'intention du personnel ambulancier et débattu des meilleures pratiques dans les domaines suivants : comportement des personnels, coordination sur le terrain, formation et prévention de l'utilisation abusive des ambulances et du matériel Croix-Rouge/Croissant-Rouge.

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La 65e Assemblée générale de l'Association médicale mondiale, qui s'est tenue en octobre à Durban (Afrique du Sud), a fourni une excellente occasion de discuter des liens entre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et le projet « Les soins de santé en danger ». Lors d'une séance intitulée « Un accès universel aux soins de santé après les OMD », les participants ont clairement indiqué qu'il serait impossible de progresser vers la réalisation des OMD relatifs à la santé sans garantir la sécurité des patients et des fournisseurs de soins. L'argument a été avancé qu'il serait crucial, pour la réalisation des OMD, que les gouvernements apportent un soutien à long terme à la promotion du respect des agents de santé.

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En octobre, une manifestation sur les soins de santé en danger – intitulée « Réponse du Mouvement, des États et de la communauté des soins » – s'est tenue à Beijing en marge de la 9e Conférence régionale Asie-Pacifique de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. La réunion était accueillie par le Croissant-Rouge afghan et la Croix-Rouge du Népal et a été modérée par la Croix-Rouge australienne. Elle a mis en avant la contribution que les Sociétés nationales peuvent apporter à la protection des soins, non seulement dans le cadre de leurs propres activités, mais aussi en plaidant cette cause auprès de parties prenantes influentes.

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En coopération avec la Croix-Rouge suédoise, l'Institut international de recherches pour la paix de Stockholm a organisé en novembre un événement d'une journée intitulé « Violence contre les personnels de santé : mettre en pratique les résultats de la recherche ». À cette occasion, des experts de formations diverses se sont réunis pour réfléchir aux moyens d'optimiser l'apport de la recherche à l'action humanitaire. Les participants ont aussi débattu des différents obstacles à la collecte de données sur l'ampleur, la nature et l'impact des violences contre les soins de santé, et se sont demandé comment utiliser ces données plus efficacement afin de fournir des services humanitaires adaptés dans les meilleurs délais.

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Le 12e séminaire conjoint CICR-Union africaine (UA) sur la protection des services de santé dans les conflits armés et d'autres situations d'urgence s'est tenu à Addis-Abeba en octobre. Les participants ont examiné le rôle de l'UA et de ses États membres dans les efforts déployés pour régler le problème de la violence contre les soins. Le Comité des représentants permanents de l'UA a émis vingt recommandations à cet effet, aux niveaux tant national que continental, prévoyant entre autres de renforcer les législations nationales et de dispenser une formation aux forces armées, aux fonctionnaires et aux personnels de santé. Le séminaire prenait appui sur l'expérience de l'OMS, de l'Association médicale sud-africaine, de la Société du Croissant-Rouge égyptien ainsi que de certains États membres de l'UA dont les services de santé nationaux subissent les effets négatifs de conflits armés et d'autres crises.


Commissaires de l'Union africaine lors du 12e séminaire conjoint CICR-Union africaine. ©CICR/Irene Raciti