Mauritanie : l’accès à l’eau, un défi de tous les jours

En Mauritanie, dans le département de Bassikounou, l’accès à l’eau potable est une préoccupation quotidienne pour les populations et leur bétail. Pour assister les communautés hôtes et les réfugiés dans la localité d’Ehel Lekweiti, affectés par le conflit au Mali, le CICR a lancé un projet de construction d’un poste d’eau actionné grâce à l’énergie solaire.
Article 02 novembre 2018 Mauritanie

Ehel Lekweiti, petit village de près de 250 habitants, est une des localités du département de Bassikounou ; au sud-est du pays à la frontière avec le Mali. Ce département, qui compte plus de 430 000 habitants dont quelque 57 000 réfugiés maliens, est réputé pour être un couloir de transhumance aussi bien pour le bétail malien que mauritanien. Cependant, les besoins en eau de la population locale sont encore très importants comme le rappellent régulièrement la population, leurs autorités et les différentes évaluations menées par le CICR notamment.
Lors de ces enquêtes dans les communautés pour déterminer les besoins prioritaires, les populations ont été unanimes : d'abord, le besoin d'eau, pour elles et leurs animaux.

« Pour l'éleveur, le sort de son troupeau lui importe autant que le sien », constate Doudou Fofana, responsable du projet pour le CICR.

Le solaire au service de l'humanitaire

Soucieux de l'impact de ses activités sur la préservation de l'environnement, le CICR s'efforce de recourir aux énergies renouvelables et utilise les ressources d'énergie solaire autant que les projets le permettent techniquement. Le point d'eau d'Ehel Lekweiti s'inscrit dans cette démarche. En Mauritanie où le potentiel solaire est non négligeable, cette énergie est une aubaine pour répondre à une question prioritaire dans la région du Sahel : l'accès à l'eau.
À Ehel Lekweiti, ce forage solaire en zone rurale alimentera un château d'eau qui desservira une borne fontaine et deux abreuvoirs pour les animaux. Le pompage sera assuré par énergie solaire à l'aide des panneaux photovoltaïques.
Ce projet a pour but d'améliorer l'accès à l'eau potable en qualité et en quantité suffisante à travers la réhabilitation d'infrastructures et, dans certaines situations, la construction de nouvelles installations adaptées au contexte. Il s'agira également d'exploiter les opportunités liées à l'utilisation d'une énergie renouvelable pour améliorer les conditions de vie des populations locales.

L'eau, le bien le plus précieux de la région

Après une série de missions sur le terrain, le CICR a lancé ce premier projet à Ehel Lekweiti. Dans cette zone pastorale, assez importante, l'élevage est difficile à cause, entre autres, du manque d'infrastructures d'eau. Cette année, le manque de pluies dans l'ensemble du Sahel a durement affecté ces communautés qui jusqu'ici n'avaient que deux points d'eau : un puits traditionnel non-potable et une mare tarissable.


« L'accès à l'eau est un défi de tous les jours pour couvrir les besoins humains et pastoraux. D'autant plus qu'avec la crise malienne, de nombreux réfugiés viennent partager avec les autochtones les maigres ressources en eau disponibles», observe Aw Yero Demba, ingénieur CICR basé à Bassikounou.

Aujourd'hui, l'utilisation du solaire comme source d'énergie s'impose comme une solution contribuant à la réduction des gaz à effet de serre et à la baisse des coûts liés à l'accès à l'eau potable de façon à la rendre accessible. Dans la région du Sahel, il représente une possibilité de meilleures conditions de vie pour les populations locales. Sur la base de cette première expérience, le CICR planifie de poursuivre des interventions similaires pour les communautés résidentes et réfugiées vivant dans la région de Bassikounou.

 

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