Point sur les opérations du CICR Gaza : personnel médical débordé et épuisé, infrastructures sanitaires au bord de la rupture

16 mai 2018
Point sur les opérations du CICR Gaza : personnel médical débordé et épuisé, infrastructures sanitaires au bord de la rupture
L'hôpital de Shifa essaie de gérer quelque 400 blessés. ©ICRC/Alyona Synenko

Le CICR est particulièrement inquiet du sort des victimes des violences actuelles. Le nombre de morts et de blessés graves est alarmant et montre l'importance pour toutes les parties de prendre toutes les précautions nécessaires pour minimiser l'exposition de la population civile à la violence. Aujourd'hui, le défi pour le personnel médical, bien que épuisé et débordé, est de poursuivre le tri des blessés et définir l’ordre de prise en charge afin de traiter au plus vite les cas les plus urgents. Si un autre épisode de violence devait survenir, le personnel médical craint de ne pas avoir les moyens et l’endurance pour gérer l’afflux massif des blessés. Le CICR est très préoccupé par la capacité logistique des infrastructures médicales de Gaza pour faire face à une telle situation.

« Le bilan humain de la violence dans les zones frontalières est accablant. Les hôpitaux et le personnel médical peuvent à peine faire face à l'afflux massif des blessés, dans un état souvent grave », explique Guislain Defurne, chef du bureau du CICR à Gaza. Cette semaine, le CICR à livré plusieurs tonnes de moyens médicaux et paramédicaux dont des civières, des fauteuils roulants, des béquilles, des sacs mortuaires ainsi que des kits médico-chirurgicaux pour le traitement des personnes les plus gravement touchées. Au total, le CICR a fourni de quoi traiter 600 cas chirurgicaux lourds et quelque 6 000 blessés. A cela s’ajoute le réapprovisionnement des entrepôts CICR grâce à deux camions parvenus dimanche dernier qui ont pu pré positionner de quoi traiter 500 cas chirurgicaux lourds en plus de la prise en charge de 15 000 blessés. Ces matériels seront très bientôt livrés aux établissements médicaux.

Malgré cela, pour le docteur Srihari Cattamanchi, médecin du CICR opérant à Gaza : « Si l’afflux des blessés continue, comment allons-nous nous en occuper? Les médecins, tout comme les infirmières, sont épuisés et débordés et nous manquons de moyens ». Le CICR rappelle que les autorités mais également toute personne doivent veiller à ce que les véhicules sanitaires bénéficient d’un accès sûr, immédiat et sans entrave pour dispenser des secours, évacuer les blessés ou assurer le ramassage des personnes tuées. Tout le personnel médical doit respecter les principes humanitaires fondamentaux de neutralité et d'indépendance. Pour ce faire, le CICR entretient un dialogue permanent et confidentiel avec toutes les parties, afin de les encourager à agir conformément aux principes du droit international humanitaire et à préserver un espace humanitaire.

Informations complémentaires :

Alyona Synenko CICR Jerusalem, tél: +972 52 601 9150
Frédéric Joli CICR Paris, tél: +33 6 2049 4630
Iolanda Jaquemet CICR Genève, tél. : +41 79 447 37 26