Philippines : un nouveau départ pour les victimes des conflits armés et des catastrophes naturelles

27 février 2015
Philippines : un nouveau départ pour les victimes des conflits armés et des catastrophes naturelles
Le soutien apporté par le CICR et la Croix-Rouge philippine vise à aider les populations des communautés de San José de Buan (province de Samar) touchées par le conflit à améliorer leur niveau de vie et leur productivité agricole. CC BY-NC-ND / CICR / J. Edep

Un grand nombre d'habitants de la province de Samar se démènent pour faire face aux conséquences de conflits armés prolongés, aggravées par les ravages occasionnés par les violents typhons qui ont touché cette région peu développée du centre du pays au cours des dernières années.

La famille de Merita Dacutanan vit de la culture du riz et du maïs, mais pour cette agricultrice de 55 ans qui habite le village de Cataydongan, dans la commune de San Jose de Buan, la vie est tout sauf facile. « Il est parfois dangereux d'aller travailler aux champs à cause des combats sporadiques, dit-elle. Et la vie est encore plus dure lorsque tout a été dévasté par un typhon. »

En décembre 2014, les vents violents et les pluies torrentielles engendrés par le typhon Hagupit (connu aux Philippines sous le nom de Ruby) ont balayé la province de Samar et d'autres provinces du centre du pays, provoquant de graves dommages aux cultures et aux autres moyens de subsistance.

À Samar, l'immense majorité de la population – pas moins de 90 %, selon certains – vit de l'agriculture. Riz, légumes et noix de coco sont les principales cultures de la région.

La pauvreté et l'insécurité alimentaire poussent les habitants vers l'exclusion sociale. Face à ces besoins, le CICR et la Croix Rouge philippine sont venus en aide, en janvier de cette année, à 388 familles de Can-aponte, Cataydongan, Hagbay et San Nicolas, quatre villages de la commune de San Jose de Buan. Ces ménages ont reçu des semences, des engrais, des outils agricoles tels que des pulvérisateurs à dos et des machettes, ainsi qu'une aide financière.

Comme l'explique Sabine Gralla, responsable du bureau du CICR à Tacloban, « le programme d'assistance a pour objectif de renforcer les moyens de subsistance des membres de ces communautés et d'améliorer la productivité de leurs exploitations agricoles ».

Merita Dacutanan, agricultrice, s'enregistre pour recevoir des semences et du petit matériel agricole. © CICR / J. Edep

Davantage de revenus

Dacutanan, a recipient of vegetable seed and agricultural hand tools, said the assistance will help her family get their feet back on the ground: "Our lives will improve and become normal again because we can generate more income." Meanwhile, Dacutanan receives financial support from the ICRC so she can regularly visit her brother detained in Catbalogan Provincial Jail in connection with the armed conflict.

Merita Dacutanan, qui a reçu des semences et du petit matériel agricole, affirme que ce soutien va permettre à sa famille de se remettre à flot. « Notre situation va s'améliorer et nous allons retrouver une vie normale grâce aux revenus supplémentaires que nous pourrons générer. » En attendant, elle doit compter sur l'aide financière du CICR pour pouvoir rendre régulièrement visite à son frère détenu à la prison provinciale de Catbalogan pour des motifs en relation avec le conflit armé.

Marciano Babatyo a 70 ans et habite à Can-aponte. Il a obtenu une aide en espèces qui lui permettra d'acheter des cochons. Il explique que cet élevage signifie pour lui davantage de revenus et donc la possibilité pour son plus jeune fils de terminer sa scolarité. « C'est une aide inestimable », déclare-t-il.

Les projets du CICR en faveur des communautés de cette région sont fondés sur une approche participative et visent à améliorer les conditions de vie de la population. Les bénéficiaires sont au cœur du processus de prise de décision et participent à la définition et à la conception de l'aide qui leur sera apportée.

« Les agriculteurs doivent décider des activités qu'ils veulent entreprendre – par exemple l'élevage de cochons ou la culture de légumes – et des moyens dont ils ont besoin. Ils doivent également avancer des idées qui leur permettront d'assurer une utilisation durable de leurs ressources et leurs outils », explique l'agronome du CICR, Marco Bollido.

Signes de résilience

Même si leurs biens et leurs moyens de subsistance ont été en grande partie détruits en décembre dernier, les habitants ont fait preuve de résilience et ont démontré leur volonté de retrouver leur auto-suffisance.

Merlina Pacimos, 47 ans, habite elle aussi à Can-aponte. Elle explique que les semences de qualité et les outils agricoles qu'elle a reçus avec son mari leur permettront de prendre un nouveau départ après les dégâts infligés par le typhon Hagupit aux récoltes et aux habitations.

« Les revenus tirés des cultures vivrières seront utilisés pour reconstruire la maison qui a été en partie détruite », explique-t-elle. « Nous allons travailler dur pour relever ce défi et survivre. »

388 familles de la commune de San José de Buan, dans la province de Samar, ont reçu des semences de qualité, des engrais et des outils agricoles, tels que des pulvérisateurs à dos et des machettes, ainsi que des aides en espèces de la part du CICR et de la Croix -Rouge philippine. © CICR / J. Edep

En plus du soutien apporté aux populations de différentes régions des Philippines pour améliorer leur quotidien, le CICR – organisation humanitaire neutre et indépendante dont le mandat consiste à porter protection et assistance aux victimes de conflits armés et d'autres situations de violence – rend aussi visite aux détenus et s'efforce de faire respecter le droit international humanitaire.

Le CICR travaille depuis plus de 60 ans aux Philippines, où il assure une présence permanente depuis 1982. Il possède des bureaux à Manille, dans les Visayas (Bacolod, Catarman, Marabut et Tacloban) et à Mindanao (Bislig, Cotabato, Davao et Zamboanga).

Les semences et les outils agricoles fournis par le CICR et la Croix-Rouge philippine aideront Merita Dacutanan et sa famille à gagner plus d'argent et à améliorer leur niveau de vie. © CICR / J. Edep

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