Promouvoir le respect des services ambulanciers au Népal

08 janvier 2015
Promouvoir le respect des services ambulanciers au Népal
©Croix-Rouge népalaise

La Croix-Rouge du Népal participe, aux côtés de l'Association népalaise des médecins et du CICR, à plusieurs initiatives conjointes visant à améliorer la fourniture des soins de santé dans le pays. Elle organise notamment des séances sur « Les soins de santé en danger » axées sur les droits et responsabilités des personnels de santé à l'intention de ces derniers, des autorités et d'autres acteurs concernés. Elle met aussi en œuvre un programme qui vise plus particulièrement à promouvoir le respect dû aux ambulances.

Dans les situations d'urgence, c'est essentiellement grâce aux services d'ambulance que les gens ont accès aux soins et que des vies sont sauvées. Si ces services sont défaillants ou que le passage des ambulances est entravé, les conséquences peuvent être extrêmement graves pour les blessés ou les malades. Il est souvent arrivé, à l'époque du conflit armé mais aussi après, que des ambulances soient vandalisées, empêchées de circuler librement ou utilisées à mauvais escient. Aussi, dès 2008, la Croix-Rouge népalaise et le CICR ont entrepris d'organiser des tables rondes pour remédier à ces problèmes et, plus généralement, améliorer les services ambulanciers.

Ces tables rondes réunissent toutes les parties concernées – agents de santé publique, membres des forces armées et de police, membres de la société civile et représentants de la Croix-Rouge – pour discuter des problèmes auxquels sont confrontés les services ambulanciers et réfléchir à des solutions. À ce jour, de telles rencontres ont déjà eu lieu dans une trentaine de districts.

« Avant, nous savions que des ambulances étaient utilisées abusivement ou vandalisées, mais nous ignorions l'étendue du problème », explique Pushpa Raj Paudel, directeur exécutif de la Croix-Rouge népalaise. « Aujourd'hui, on est davantage au courant de la manière dont les services ambulanciers fonctionnent et, surtout, des problèmes auxquels ils font face. » Il s'agit avant tout d'améliorer les services, en veillant par exemple à ce qu'ils soient disponibles 24 heures sur 24 et à ce que les véhicules aient à leur bord du personnel qualifié et du matériel de premier secours. D'autres objectifs ont été fixés : remédier à l'usage abusif des ambulances, comme le transport rémunéré de passagers ou de marchandises illicites et l'imposition par certains ambulanciers de tarifs arbitraires ; faire en sorte que les ambulances soient davantage respectées – qu'on ne leur refuse plus la priorité en cas de pénurie de carburant, que leur passage ne soit plus entravé et qu'elles ne soient plus endommagées par la foule lorsqu'il y a des émeutes – ; enfin, mettre un terme à l'incurie du gouvernement et le mobiliser pour que les services ambulanciers fassent l'objet d'un suivi adéquat et que des fonds suffisants soient alloués à l'entretien des véhicules.

Une fois les problèmes identifiés, les participants aux tables rondes envisagent des solutions et recommandent des mesures concrètes destinées à changer les mentalités et les comportements vis-à-vis des services ambulanciers. « Dans le cadre de nos rencontres, des partis politiques se sont par exemple engagés à ordonner à leurs chefs de file de cesser d'entraver le passage des ambulances, et des représentants d'autorités sanitaires locales ont pour la première fois révélé des informations sur le fonctionnement des services ambulanciers dans leur district », indique Shashi Kuma Lal Karna, assistant médical pour le CICR. « En outre, des opérateurs de services d'ambulance ont promis des améliorations, notamment en harmonisant leurs tarifs et en offrant des prestations 24 heures sur 24. »

La mise en œuvre des recommandations émises lors de ces réunions font ensuite l'objet d'un suivi. Les conclusions, données d'expérience et bonnes pratiques qui en ressortent sont plus tard communiquées aux parties concernées lors des tables rondes organisées dans d'autres régions.

 

©CICR/Jon Björgvinson

Quelques données factuelles sur les soins de santé au Népal

  • Bien que le conflit armé au Népal (1996-2006) soit maintenant terminé, le pays connaît encore des flambées de violence sporadiques qui ont des répercussions sur le système de santé et la fourniture des soins. Les partis politiques, les organisations qui leur sont affiliées et divers mouvements ont souvent recours à la grève pour se faire entendre. Dans ce contexte, il arrive fréquemment que les secouristes chargés d'évacuer les blessés soient agressés et les ambulances empêchées de circuler, voire détruites. Il n'est pas rare non plus que des prestataires de services ambulanciers contreviennent au code de déontologie de la profession ou utilisent abusivement leurs véhicules.
  • Les médecins sont souvent accusés de négligence et pris à partie par des proches de patients. La population a tendance à chercher à se faire justice elle-même, d'où un sentiment permanent d'insécurité et de menace dans les rangs des personnels de santé. Parfois, ce sont les médecins eux-mêmes qui se mettent en grève pour dénoncer leurs conditions de travail.
  • La Croix-Rouge népalaise possède 203 ambulances dans 67 districts. Si certains de ces véhicules ont été vandalisés lors de troubles consécutifs à des grèves, aucun cas d'usage abusif n'a en revanche été signalé.
  • Tous les conducteurs d'ambulances de la Croix-Rouge népalaise reçoivent une formation en premiers secours. L'accès à ce genre de formation étant désormais réservé en priorité aux ambulanciers, les chauffeurs employés par d'autres prestataires de services ambulanciers sont de plus en plus nombreux à en bénéficier.
  • Certains opérateurs de services d'ambulance ont désormais du personnel qualifié et du matériel de premier secours à bord de leurs véhicules.

La Croix-Rouge népalaise et le CICR ont produit une série de jingles en népalais et dans quatre autres langues locales demandant à tous les acteurs concernés de ne pas utiliser les ambulances à mauvais escient et de leur permettre de circuler librement en toutes circonstances. Ces jingles sont diffusés par des stations de radio locales juste avant ou pendant les mouvements de grève. Les prestataires de services ambulanciers les trouvent très utiles. « Quand nous entendons les jingles à la radio lors de nos interventions, cela nous encourage. Nous nous disons que si les gens essaient de nous empêcher de passer, nous leur rappellerons le message transmis », déclare Ajay Kumar Yadav, collaborateur local du CICR.