République centrafricaine : Ousman retrouve sa maman

24 juin 2016
République centrafricaine : Ousman retrouve sa maman
Après 2 ans de séparation, Ousman et sa maman se retrouvent enfin. CC-BY-NC-ND / ICRC / R. Kradjeyo

Abdoussalam Ousman a 16 ans. En 2014, il a dû fuir le conflit armé et les violences en République centrafricaine (RCA), son pays natal. Réfugié au camp de Dosseye au Tchad, il retrouve enfin les siens, après 2 ans de séparation.

Je n'ai jamais perdu l'espoir de revoir un jour ma mère.

La veille du départ, Ousman a pris le temps d'aller chez le coiffeur. Ce matin, il a parcouru le camp pour saluer une dernière fois ceux avec qui il a partagé deux ans de vie dans la précarité.

Derniers entretiens pour Ousman avant de quitter le camp de Dosseye au Tchad. CC-BY-NC-ND / ICRC

Les accolades, les pleurs et les prières n'en finissent pas. Au poste de la Commission Nationale pour l'Accueil et la Réinsertion des Réfugiés et des Rapatriés (CNARR) du camp, une foule de femmes et d'enfants viennent lui dire au revoir. L'émotion se lit sur tous les visages. « Je n'ai jamais perdu l'espoir de revoir un jour ma mère. Aujourd'hui, je veux simplement repartir en RCA et poursuivre mes études», sourit Ousman.

Lorsque les violences ont commencé à Bangui, Ousman et sa maman, Feiza Adam, habitaient le quartier Miskine. Quand leur quartier a été touché en juillet 2014, le jeune garçon a trouvé refuge chez ses tantes dans un autre quartier et n'a plus pu retourner chez lui par la suite. Après un mois d'une vie difficile, sur un site pour personnes déplacées, il quitte le pays lors d'une des dernières évacuations et se retrouve au Tchad en août 2014. En octobre, le CICR enregistre Ousman comme enfant séparé de ses parents. Suivent plusieurs mois de recherches effectuées par les équipes de rétablissement des liens familiaux, et la bonne nouvelle tombe : la maman d'Ousman est bel et bien vivante, elle vit en RCA.

Le 7 mars 2016, vers midi, Ousman débarque à l'aéroport de Bangui accompagné de dix autres enfants. Immédiatement, le groupe quitte l'aéroport pour le siège de la Croix-Rouge Centrafricaine (CRCA) où les familles s'impatientent.

Ousman, au centre, en route pour retrouver sa maman. CC-BY-NC-ND / ICRC / R. Kradjeyo

 Sur le visage d'Ousman se dessine la joie de revenir à la maison et de revoir ses proches. A travers les fenêtres de la voiture, il cherche sa maman parmi les parents venus accueillir leurs enfants revenus du Tchad. Il la repère et court vers elle à l'ouverture de la portière. « Je suis si contente de revoir mon fils ! Ma joie est tellement grande que je n'arrive pas à retenir les larmes », s'exclame-t-elle. « Je ne l'avais plus revu depuis son départ. Je n'avais pas les moyens de le suivre, et lui non plus ne pouvait pas revenir en RCA. J'espérais profiter des évacuations pour le rejoindre au Tchad, mais elles ont été stoppées après un moment », explique Feïza.

Ousman et sa mère se tiennent par la main. Ce retour est un nouveau départ pour Ousman qui se réjouit de reprendre l'école dès que possible. CC-BY-NC-ND / ICRC / R. Kradjeyo

Chaque année, des milliers de personnes se retrouvent séparées de leur famille en raison de conflits armés, de violences ou de catastrophes naturelles. « D'innombrables victimes attendent des nouvelles de leurs proches. En rétablissant les liens familiaux, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge apporte soutien et réconfort à de nombreuses familles chaque année », se réjouit Fidel Dikere, qui travaille à dans l'équipe de rétablissement des liens familiaux de la délégation du CICR au Tchad.

 >>En savoir plus sur le travail de rétablissement des liens familiaux de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge