République centrafricaine : une simple injection change la vie

11 août 2015
République centrafricaine : une simple injection change la vie
Village de Balessio, région de Bambari, République centrafricaine. Campagne de vaccination du CICR. Les bœufs sont parqués, vaccinés et marqués à la peinture rouge. CC BY-NC-ND / CICR / Adam Beaumont / cf-e-01007

Un programme de vaccination soutenu par le CICR contribue à sauver les moyens de subsistance des communautés agropastoralistes en République centrafricaine.

« Sans ce programme de vaccination, jusqu'à 70 pour cent du cheptel aurait péri, et dévasté les moyens de subsistance agropastoralistes », dit Guido Govoni, spécialiste régional CICR de l'élevage, après avoir visité un site de vaccination de bœufs dans le village de Balessio, près de la ville de Bambari en République centrafricaine (RCA).

C'est l'un des sites identifiés dans le cadre d'une campagne de six semaines visant à vacciner quelque 40 000 boeufs contre la pleuropneumonie contagieuse bovine (PPCB), une bactérie en suspension dans l'air et potentiellement mortelle. Le programme de vaccination est le résultat d'une initiative conjointe entre le CICR et l'Agence nationale pour le développement de l'élevage (ANDE).

Depuis le début des violences qui ont touché le pays en 2012, les services vétérinaires ont cessé de fonctionner, laissant les éleveurs de la région sans accès aux soins vétérinaires et leurs bœufs exposés à diverses maladies. Ainsi au début de 2014, une équipe du CICR a effectué une série de visites dans des villes et villages de la région pour évaluer les besoins des éleveurs.

Village de Chimbolo, région de Bambari. Une équipe du CICR rencontre des éleveurs pour discuter de la santé de leurs animaux. CC BY-NC-ND / CICR / Adam Beaumont / cf-e-01024

Le problème le plus grave est la PPCB, qui, selon eux, a tué un grand nombre d'animaux parce qu'il n'y avait ni vaccins ni traitement disponibles », explique un délégué du CICR basé à Bambari. « Un homme qui possédait un troupeau de 400 bêtes n'a plus que trois bœufs, tous les autres animaux ayant péri à cause de la maladie. »

Taux élevé de mortalité

Guido Govoni croit que nombre de facteurs peuvent expliquer le taux de mortalité élevé et l'extrême vulnérabilité de la population animale à la PPCB, dont l'interruption des mesures de contrôle des maladies durant un certain nombre d'années et le contact avec des animaux infectés lors de la migration saisonnière du bétail en altitude.

Le lancement du programme a dû venir à bout de défis logistiques majeurs. Les longues distances et la nécessité de stocker le vaccin à des températures très basses dans un climat chaud et humide, et dans des endroits sans électricité.

« La vaccination de tous les animaux d'un site peut souvent prendre jusqu'à trois jours, il faut placer le vaccin emballé dans des boîtes réfrigérées, entourées de packs de glace, avant de le transporter de Bambari », explique Jean-Max-Dury Ndomale, délégué du CICR.

Neuf sites de vaccination ont été identifiés dans la région, le site de Bangui Banda est le plus éloigné, il est situé à 165 kilomètres du bureau du CICR. Sur chaque site, les éleveurs construisent un parc d'attente et un « couloir de contention » dans lequel les bœufs sont conduits pour recevoir une injection du vaccin contre la PPCB. Le CICR apporte un soutien financier et technique, l'expertise et du matériel pour aider la construction du parc d'attente.

Campagne de vaccination

Les troupeaux de bœufs, avec quelquefois une centaine de bêtes, offrent un spectacle impressionnant lorsqu'ils arrivent sur un site de vaccination. Certains éleveurs accompagnent leurs animaux sur 30 kilomètres jusqu'au site.

Les animaux attendent leur tour dans la brousse environnante avant d'être conduits au parc d'attente. Ils sont ensuite parqués par 20 ou 30 dans un sas où les vétérinaires de l'ANDE leur injectent le vaccin, fourni par le CICR. Une fois vaccinés, les bœufs reçoivent une marque de peinture rouge sur le dos avant d'être libérés. Une injection de vaccin contre la PPCB protège un animal pendant une année.

Nous sommes très heureux parce que cette campagne sauve la vie de notre bétail et de nos familles. Les troupeaux sont notre richesse et notre protection.

Richard Mandadou, de l'ANDE, explique que la reprise de la vaccination contre la PPCB a été un grand succès.

« Ces communautés sont tributaires de leurs troupeaux pour vivre. Lorsque les troupeaux sont dévastés par la maladie, les éleveurs ne peuvent plus subvenir aux besoins de leurs familles », dit-il. « Une simple injection change leur vie. »

Le programme de vaccination a également connu un succès parce qu'il est gratuit. Par le passé, les éleveurs devaient payer pour que leurs bovins puissent être vaccinés contre la PPCB, tout le monde ne pouvait donc pas participer à la campagne de vaccination.

Aladji Abdou Ousmane, chef du village de Balessio, supervise une communauté de quelque 300 personnes. Environ une centaine d'entre elles sont des éleveurs, propriétaires de plusieurs milliers de bœufs.

« Nous sommes très heureux parce que cette campagne sauve la vie de notre bétail et de nos familles. Les troupeaux sont notre richesse et notre protection », dit-il.

Village de Balessio, région de Bambari. Un éleveur éloigne ses animaux de l'enclos une fois qu'ils ont été vaccinés. CC BY-NC-ND / CICR / Adam Beaumont / cf-e-01009