17ème Épidemie d’Ebola en RD Congo : questions fréquemment posées
Le 15 mai 2026, les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont déclaré une nouvelle épidémie de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri. Quatre mois plus tard, soit le 15 septembre 2026, il y avait 7 404 cas confirmés, 3 577 décès et 1 776 guérisons enregistrées dans sept provinces du pays (Ituri – épicentre-, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uele, Bas-Uele, Tshopo et Sud Ubangi).
Cette épidémie touche notamment des régions déjà fragilisées par les conflits armés et d’autres situations de violence, à l’instar de l’Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu, et où l’accès aux services essentiels reste limité. Face à cette situation, les autorités sanitaires et les organisations humanitaires ont intensifié leurs efforts de riposte.
Parmi eux, la Croix-Rouge de la RDC (CRRDC), soutenue par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et le CICR, joue un rôle clé à travers ses activités de sensibilisation communautaire, de veille, de prévention des infections et d’organisation d’enterrements dignes et sécurisés.
Voici les questions les plus fréquentes reçues par nos équipes.
À propos d’Ebola
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La MVE-B est une maladie grave causée par le virus Ebola de l’espèce Bundibugyo, l'une des espèces de virus Ebola. Elle tire son nom du district de Bundibugyo, en Ouganda, où elle a été identifiée pour la première fois lors d'une épidémie survenue en 2007-2008. Bien que son réservoir exact n’ait pas été formellement confirmée, les chauves-souris frugivores sont considérées comme les hôtes naturels du virus. Elles peuvent le transmettre à d'autres animaux (singes, antilopes) et aux humains. Le virus se transmet ensuite d’une personne à une autre.
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La MVE-B se transmet par contact direct avec :
- Les liquides biologiques (sang, sueur, salive, vomissures, urine, selles, lait maternel, sperme) d'une personne malade ou décédée de la MVE-B. Le virus peut persister dans le sperme jusqu’à 12 mois après la guérison ; c’est pourquoi il est recommandé aux survivants d’avoir des rapports sexuels protégés pendant cette période.
- Des objets contaminés par ces liquides biologiques (vêtements, literie ou aiguilles).
- Des animaux infectés, vivant ou retrouvés morts dans la forêt (chauves-souris frugivores, primates ou antilopes).
Une personne infectée ne peut transmettre la maladie qu’à partir de l’apparition des symptômes.
- Les liquides biologiques (sang, sueur, salive, vomissures, urine, selles, lait maternel, sperme) d'une personne malade ou décédée de la MVE-B. Le virus peut persister dans le sperme jusqu’à 12 mois après la guérison ; c’est pourquoi il est recommandé aux survivants d’avoir des rapports sexuels protégés pendant cette période.
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La maladie se manifeste par une fièvre d’apparition brutale accompagnée de symptômes non spécifiques : douleurs abdominales, fatigue intense, douleurs musculaires, maux de gorge, maux de tête, suivis de nausées, vomissements et diarrhées.
Les symptômes de la MVE-B peuvent ressembler à d’autres maladies comme le paludisme ou la typhoïde. Seul un test de laboratoire, fait dans une structure sanitaire, peut confirmer la maladie.
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Le taux de létalité de la MVE-B est historiquement plus bas que celui de la souche Zaïre, se situant entre 25 % et 50 %. Lors de l'épidémie de 2007 en Ouganda, il était de 25 %, et il a atteint 47 % lors de l'épidémie de 2012 à Isiro, en RDC. La variation du taux de létalité entre 25 % et 50 % est probablement due aux délais de prise en charge médicale. Les patients qui accèdent à des soins médicaux rapidement après l'apparition des symptômes ont des chances de survie beaucoup plus élevées.
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Oui, on guérit de cette maladie, mais cela dépend de la rapidité et de la précocité de la prise en charge médicale. Quatre mois après la déclaration officielle de l’épidémie, 1 776 personnes ont été déclarées guéries sur 7 404 cas.
Contrairement à l'espèce Zaïre qui est la plus connue durant les dernières épidémies, il n'existe actuellement aucun traitement thérapeutique ni vaccin homologué spécifiquement pour la MVE-B. Cependant, des traitements thérapeutiques et soins de soutien précoces (réhydratation, gestion de la fièvre et des symptômes) dans un centre spécialisé augmentent considérablement les chances de survie.
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À ce jour, l’OMS préconise l’utilisation d’Ervebo contre la MVE-B uniquement dans le cadre de protocoles de recherche permettant de mesurer son efficacité et d’éclairer les décisions futures. Ce vaccin homologué a été utilisé lors d’épidémies provoquées par le virus Ebola Zaïre, mais n’a jamais été testé contre la maladie à virus Bundibugyo (MVE-B). Des recherches sont également en cours pour évaluer d’autres candidats vaccins.
Fin août 2026, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait indiqué que la vaccination avec Ervebo avait commencé chez des agents de santé dans certaines zones de la RDC.
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Non. Contrairement à d'autres formes d'Ebola, il n'y a aucun médicament prouvé et homologué spécifiquement pour la MVE-B à ce jour. Cependant, les soins de soutien précoces (réhydratation, gestion de la fièvre et des douleurs) prodigués dans des centres de traitements spécialisés permettent d'augmenter significativement les chances de survie.
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Le corps d'une personne décédée de la MVE-B est extrêmement contagieux. Tout contact direct (lavage, toucher, embrassement de la personne décédée) lors des funérailles traditionnelles présente un risque majeur d'infection. Les équipes spécialisées veillent à ce que l'enterrement respecte la dignité de la personne décédée, les souhaits de la famille, et de manière globale les considérations culturelles et religieuses, tout en utilisant des sacs mortuaires et des protections pour empêcher la transmission du virus.
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Oui, mais pas comme lors des funérailles habituelles. Avec une maladie comme Ebola, les rites funéraires sont fortement encadrés parce que le corps de la personne décédée reste très contagieux après la mort. Il est donc interdit de toucher ou laver le corps, de le préparer (habillage, maquillage funéraire traditionnel) ou d’organiser des regroupements importants autour du corps sans protection. Mais en suivant les protocoles sanitaires, il est autorisé aux familles d’assister à une cérémonie d’adieu sécurisée, de voir le corps sans contact direct (parfois dans un sac mortuaire fermé), de participer à des rites symboliques (prières, chants, hommages) et être présentes lors de l’inhumation, souvent dans une zone contrôlée.
Action du CICR
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En complémentarité des activités menées par les autres composantes du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le CICR soutient les actions de la Croix-Rouge de la RDC (CRRDC), qui, forte de son ancrage communautaire, assure la formation et le déploiement de ses volontaires pour les opérations d’enterrements dignes et sécurisés, les activités d’engagement communautaire, la prévention et le contrôle des infections (PCI), ainsi que le soutien psychosocial.
En s’appuyant sur son mandat et les domaines dans lesquels sa valeur ajoutée est reconnue, le CICR est prêt à appuyer la riposte contre la MVE-B de plusieurs manières :
- Avec l’accord de toutes les parties, le CICR se tient prêt, dans son rôle d’intermédiaire neutre, à faciliter le transport d’intrants médicaux et de médicaments, de part et d’autre des lignes de front. Cette facilitation devra s’appuyer sur les mécanismes de coordination existants ou sur des dispositifs à créer ainsi que sur le dialogue bilatéral et confidentiel que le CICR entretient avec l’ensemble des parties.
- Particulièrement vulnérables en cas d’introduction du virus, les lieux de détention nécessitent une attention spécifique. Depuis la déclaration de l’épidémie, le CICR continue d’accompagner les autorités détentrices dans la mise en œuvre des mesures urgentes de prévention, en apportant un appui technique et structurel.
- Avec l’accord de toutes les parties, le CICR se tient prêt, dans son rôle d’intermédiaire neutre, à faciliter le transport d’intrants médicaux et de médicaments, de part et d’autre des lignes de front. Cette facilitation devra s’appuyer sur les mécanismes de coordination existants ou sur des dispositifs à créer ainsi que sur le dialogue bilatéral et confidentiel que le CICR entretient avec l’ensemble des parties.
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Dans un contexte où les communautés ont vécu plusieurs crises, une méfiance accrue envers les acteurs extérieurs peut davantage se développer face à une crise sanitaire. Mais Ebola n'est pas une maladie créée par les humanitaires.
Le virus a été identifié pour la première fois en 1976, bien avant les réponses humanitaires actuelles et les financements récents. Depuis lors, des épidémies ont été documentées dans plusieurs pays africains et plusieurs fois en RDC.
Le CICR invite les communautés à observer les faits : des personnes tombent malades, des familles perdent des proches, des agents de santé locaux sont eux-mêmes touchés, et les analyses réalisées dans différents laboratoires confirment la présence du virus.
Face aux actuelles coupes budgétaires, cette épidémie représente un défi pour de nombreuses organisations humanitaires engagées dans la riposte. Pour ce qui est du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, l’objectif est de soutenir les efforts des autorités sanitaires afin de protéger des vies des membres des communautés et mettre fin à la transmission de la maladie le plus rapidement possible.
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Dans le contexte actuel de l’est de la RDC, marqué par les conflits et d’autres situations de violence, la désinformation constitue un risque majeur pour l’efficacité de la riposte contre Ebola, car elle peut affaiblir la confiance du public, retarder le recours aux soins et réduire l’acceptation de mesures essentielles telles que l’isolement et les enterrements dignes et sécurisés.
Ainsi, le CICR, lors de ses interactions avec les autorités, les médias et les communautés rappelle l’importance de respecter et protéger le personnel humanitaire, y compris les volontaires de la Croix-Rouge. Toutes les mesures possibles doivent être prises pour garantir sa sécurité. Les menaces et les actes de violence à son encontre sont strictement interdits.
Ce message est d’ailleurs renforcé dans le cadre de son dialogue bilatéral et confidentiel avec les porteurs d’armes avec un accent particulier sur les obligations des parties aux conflits au regard du droit international humanitaire.
En outre, le CICR collabore avec d'autres partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, comme la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, pour coordonner les efforts visant à protéger les volontaires. Cette coordination permet de partager les bonnes pratiques et de renforcer la réponse globale face aux actes de violence.
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Dans un contexte où les ressources humaines, financières et logistiques sont déjà fortement sollicitées ce risque existe.
La maladie à virus Ebola soumet la région à une crise supplémentaire. Elle frappe des populations déjà fragilisées par les conflits, d’autres situations de violence et un accès limité aux services essentiels, notamment à l’eau, à l’assainissement, aux soins de santé et à l’électricité. Parallèlement, des maladies comme le choléra, le paludisme, la tuberculose ou le VIH continuent d’affecter profondément les communautés, tandis que les structures de santé continuent de recevoir des blessés par armes.
Les conflits armés associés aux épidémies constituent une combinaison potentiellement dévastatrice. Dans ce contexte critique, il est essentiel que les parties aux conflits agissent avec responsabilité afin d’assurer une coopération sanitaire et une coordination optimale ainsi que toute mesure pouvant faciliter l’action des organisations humanitaires et le passage rapide et sans encombre de l’assistance humanitaire. Cela est essentiel pour garantir que les malades et les blessés puissent recevoir des soins médicaux appropriés dans les meilleurs délais.
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Le CICR soutient les actions de la Croix-Rouge de la RDC, qui intervient en première ligne dans la riposte contre la maladie à virus Ebola dans le déploiement de ses volontaires pour les opérations d’enterrements dignes et sécurisés, les activités d’engagement communautaire, la prévention et le contrôle des infections (PCI), ainsi que le soutien psychosocial.
De manière plus générale, dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu touchées par des décennies des conflits et d’autres situations de violence, le CICR poursuit ses activités d’assistance en matière de santé, d’eau et habitat, de sécurité économique et maintient son dialogue bilatéral et confidentiel avec les porteurs d’armes afin de renforcer la protection des personnes touchées par les conflits.
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Du fait de son mandat, le CICR vient en aide aux personnes affectées par les conflits armés et d’autres situations de violence. En période d’épidémie, ce sont principalement les autres composantes du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge : les sociétés nationales - en l’occurrence actuellement la Croix-Rouge de la RDC (CRRDC) - et la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) qui interviennent en première ligne. Le CICR apporte son appui en complémentarité de leurs actions, particulièrement dans les domaines où sa valeur ajoutée est reconnue.
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Le CICR poursuit son soutien aux structures de santé situées dans les zones affectées par les conflits armés afin de renforcer leur capacité à faire face à l’épidémie. Il appuie la mise en œuvre des mesures de prévention et de contrôle des infections (PCI) ainsi que la formation du personnel de santé, afin que ces structures puissent continuer à fournir des soins de qualité aux populations affectées par les conflits armés et d’autres situations de violence.
Par ailleurs, dans le cadre de son dialogue régulier avec les porteurs d’armes, le CICR continue de mettre l’accent sur la nécessité de respecter et protéger la mission médicale en toutes circonstances. Les parties doivent notamment prendre toutes les mesures possibles pour assurer la sécurité du personnel médical et des structures sanitaires, et veiller à ce que ces dernières ne soient pas privées de ressources essentielles telles que l’électricité, l’eau ou les médicaments. Ces obligations revêtent une importance encore plus cruciale dans le contexte de l’épidémie de la maladie à virus Ebola.
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Grâce au dialogue bilatéral et confidentiel qu’il entretient avec les porteurs d’armes, le CICR œuvre à faciliter un accès sûr et sans encombre aux équipes de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et de la Croix-Rouge de la RDC (CRRDC) dans le cadre de la riposte et dans la mesure où l’épidémie touche des zones affectées par des conflits et d’autres situations de violence.
Par ailleurs, avec l’accord de toutes les parties, le CICR se tient prêt, dans son rôle d’intermédiaire neutre, à faciliter le transport d’intrants médicaux et de médicaments nécessaires à la riposte contre la maladie à virus Ebola, de part et d’autre des lignes de front.
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En période d’épidémie, ce sont principalement les sociétés nationales - en l’occurrence actuellement la Croix-Rouge de la RDC (CRRDC) - et la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) qui interviennent en première ligne. Le CICR apporte son appui en complémentarité de leurs actions notamment dans les zones affectées par les conflits armés et d’autres situations de violence où il adapte ses programmes en fonction de la maladie.
Dans ces zones, le CICR soutient les structures de santé afin qu'elles puissent continuer à fournir des soins, malgré la pression exercée par l'épidémie. Il fournit des médicaments, renforce les mesures de prévention et de contrôle des infections et appuie la formation du personnel de santé.
Pour limiter la propagation du virus, le CICR améliore l'accès à l'eau, à l'hygiène et à l'assainissement dans les centres de santé, les lieux de détention et au sein des communautés dans les zones touchées par des conflits. Il soutient la Croix-Rouge de la RDC dans la sensibilisation des populations aux bonnes pratiques de prévention et dans l'organisation d'enterrements dignes et sécurisés.